1 Les métamorphoses de la matière …

Il est temps de dépas­ser le faux dilemme du naturalisme selon lequel un seul système musical serait fondé en nature (Vasari, Rameau) et du conventionalisme selon lequel tous les systèmes seraient également arbitraires (Francastel, Boulez). En réalité il n'y a pas d'arrachement de sens à la Nature sans sélection culturelle, et inversement, pas de véritable … Lire la suite 1 Les métamorphoses de la matière …

2 L’art porte à son terme ce que la nature n’a pas le pouvoir d’achever, ou le mime

Le problème soulevé n'est pas de simple vocabu­laire mais de fond: il concerne l'idée de style, si difficile à analyser peut-être en raison de ses multiples racines. Lévi-Strauss note: Le style est l'un des outils opératoires et majeurs dont nous disposions pour essayer de comprendre la corrélation entre la nature et la culture ..... Nous … Lire la suite 2 L’art porte à son terme ce que la nature n’a pas le pouvoir d’achever, ou le mime

La liberté et l’inquiétude de la vie animale …

La naissance fait sortir l’animal d’un milieu où il puisait directement sa subsistance. La satisfaction des besoins n’est plus immédiate. L’individu doit y pourvoir. Le différé entre le besoin et la satisfaction est la condition de possibilité du désir, dont le corrélat est le manque. L’individu est séparé de ce dont il veut s’approcher. L’existence … Lire la suite La liberté et l’inquiétude de la vie animale …

L’homme n’est pas une bête, mais il est celui qui se réfléchit dans les bêtes, pour construire sa propre animalité

Épanouissement, une des traductions possibles du concept néo-darwinien de fitness. Une figure qui a été trop oubliée par la post-modernité est celle de l'oikéiôsis, en son sens stoïcien: l’animal est saisi comme un être qui possède une forme d’intériorité, étant mû par une représentation de la normalité, au sens d'épanouissement de sa constitution. Cette figure … Lire la suite L’homme n’est pas une bête, mais il est celui qui se réfléchit dans les bêtes, pour construire sa propre animalité

La couleur est une fenêtre à travers laquelle l’outre-monde fait irruption …

Les théories sur la coloration du monde foisonnent … Si la couleur des choses n’y est souvent tenue que pour un accident ou pour une dimension partielle du fait perceptif, elle se présente pourtant de plus en plus comme un phénomène complexe, total même, qui exige la coopération de multiples savoirs disciplinaires, afin de décrire … Lire la suite La couleur est une fenêtre à travers laquelle l’outre-monde fait irruption …

Finalement qu’est-ce qu’il a inventé, Cyrano ?

Le lecteur MP3, d'accord. A l'ouverture de la boëste, je trouvé dedans un je ne sçay quoy de metal casi tout semblable à nos horloges, plein d'un nombre infini de petits ressorts et de machines imperceptibles. C'est un livre à la vérité, mais c'est un livre miraculeux qui n'a ny feuillets ny caracteres; enfin c'est … Lire la suite Finalement qu’est-ce qu’il a inventé, Cyrano ?

1 De la religion civile

La liberté de pensée et d’expression est la condition de toutes les autres. Kant a exprimé de manière admirable cette climatique de la liberté sans laquelle il ne saurait y avoir de vie humaine digne de ce nom, morale, politique ou religieuse: On ne peut pas mûrir pour la liberté si l’on n’a pas été … Lire la suite 1 De la religion civile

2 Des bornes du pouvoir souverain

Suite ... Les thèses philosophiques peuvent être entendues comme des récits de rêve. Rousseau le savait: sa Religion Civile est un autre de ses romans, une dystopie froidement sarcastique -qui nous aide à mieux comprendre la confusion indigne entre sacrement et institution (du salafisme à la Manif pour tous...). Donc oui, les textes de Rousseau … Lire la suite 2 Des bornes du pouvoir souverain

3 Le fondement du Droit Naturel est à chercher hors de la nature. Cependant …

Suite ... Cette critique n’est pas isolée. Elle rejoint en particulier, en son inspiration maîtresse, celle de Heidegger dénonçant l’humanisme solidaire de la métaphysique entendue comme impéria­lisme de la subjectivité, mais aussi celle d’Hannah Arendt, en écho direct à la thèse centrale de Burke dans ses Réflexions sur la Révolution de France (1790), contre l’abstraction … Lire la suite 3 Le fondement du Droit Naturel est à chercher hors de la nature. Cependant …

4 La nature de l’homme n’est pas une essence fixe …

Il faut pourtant conserver la terminologie traditionnelle sans pour autant céder à l’argumentation des par­tisans du retour au droit des Anciens et en particulier sans accepter l’interprétation essentialiste et hiérarchisée de la nature humaine à la manière d’Aristote. Lorsque Rousseau parle de la nature de l’homme, il pense non pas essence fixée à la manière … Lire la suite 4 La nature de l’homme n’est pas une essence fixe …

Le second niveau de la flamme

Le monde allait finir. Oui, le mal -car c’était donc un mal, en dépit de tant d’espérances- qui avait commencé avec la première idole grossièrement taillée dans la pierre, ou dès même la première entaille furtive sur un tronc d’arbre, allait achever son travail, remontant par les veines de la nature jusqu’aux métaux les plus … Lire la suite Le second niveau de la flamme

Le rêve d’Adam

Dieu modela l’homme. Qui dit cela? L’époque moderne se signale par l’intérêt qu’elle porte à cette question. Alors que le récit est comme une réalité objective, projetée sur un écran lisse, l’homme d’aujourd’hui veut voir la cabine de projection, il veut même voir le tournage du film, savoir qui l’a tourné. Qui raconte? Nous passons … Lire la suite Le rêve d’Adam

Du péché originel

La guerre intestine qui menace l’homme au cœur même de sa volonté ne saurait être présentée comme celle de la raison et du désir. Les inclinations naturelles, considérées en elles-mêmes, sont bonnes, c’est-à-dire qu’elles ne sont pas à proscrire; il ne serait pas seulement vain, mais encore pernicieux et blâmable de vouloir les extirper; on … Lire la suite Du péché originel

La conscience, c’est maintenant et à nouveau l’âme, et l’Être, qui est autour d’elle plutôt que devant elle, c’est un Être onirique, par définition caché, un être sauvage

Il faut reconnaître sans équivoque la réalité psychique, l'essence intra-subjective des formations morbides, l'opération fantastique qui reconstruit un monde en marge et à l'encontre du monde vrai, une histoire vécue sous l'histoire effective, et qui s'appelle la maladie. D'un autre côté le freudisme confirme la philosophie moderne dans sa description d'une conscience qui n'est pas … Lire la suite La conscience, c’est maintenant et à nouveau l’âme, et l’Être, qui est autour d’elle plutôt que devant elle, c’est un Être onirique, par définition caché, un être sauvage

Les noces de l’Esprit et de la Marchandise, une affaire de professionnels

La philosophie est assurément à la mode. Ce fut il y a quelques années le succès des cafés-philo où, avec l'aide d'un Animateur, n'importe qui pouvait venir le dimanche matin débattre des grandes questions de l'existence humaine. Puis vinrent les consultations de philosophie, la philosophie au service de l'entreprise, les semaines philosophiques organisées par diverses … Lire la suite Les noces de l’Esprit et de la Marchandise, une affaire de professionnels

La dénonciation des illusions est le retour, à travers des abstractions nécessaires, à un rapport originaire …

En mettant la Terre en mouvement, Copernic nous a transmis le secret de la fabrication du miroir. Je sais que je suis l’effet de mes propres productions, que l’en-soi dans lequel je me voyais était en fait celui que je parvenais à construire … Le premier paradoxe qui saisit celui qui veut faire ne serait-ce … Lire la suite La dénonciation des illusions est le retour, à travers des abstractions nécessaires, à un rapport originaire …

Le temps sans passé, sans promesse, des hommes de Babel

Lorsque le petit Yniol, dans Pelléas et Mélisande, s'angoisse et chante: Il fait trop noir. Je vais dire quelque chose à quelqu'un, il ne sait pas clairement ce qu'est la conscience, transcendantale ou non, mais il s'ordonne immédiatement à l'origine: la parole, avec lui, sort de l'ombre, du rien -non qu'il y ait un rien … Lire la suite Le temps sans passé, sans promesse, des hommes de Babel

Une grosse bêtise

Le penser réduit à un appareil mathématique implique la consécration du monde comme sa propre mesure. Horckeimer-Adorno, La dialectique de la raison Claudine avait élaboré au Collège de France une machine empirico-transcendantale. Enfin du sérieux en philosophie! Foin des délires gauchistes! Un petit modèle, qui n’opère que sur des objets de moins d’un kilogramme, sur … Lire la suite Une grosse bêtise

Les accommodements déraisonnables de Charles Taylor

Le cosmopolitisme est, sur le plan politique, un nouvel âge des relations internationales; il est, sur le plan culturel, un nouvel âge des mœurs. Dans le kantisme, ces deux dimensions sont réunies dans une même philosophie de l'histoire: l'histoire de tous les peuples est portée par une même destination, commune à tous les membres de … Lire la suite Les accommodements déraisonnables de Charles Taylor

Ordre médical, ordre social, ordre moral

La médecine, une science? Cette vue est absolument moderne: elle est le résultat d’un véritable séisme épistémologique qui a décidé de son paysage actuel, au terme de deux siècles de secousses multiples. La Praxis medica publiée par G. Baglivi en 1696 se réfère au Chancelier Bacon pour prôner la démarche inductive en médecine: tel est … Lire la suite Ordre médical, ordre social, ordre moral

As-tu jamais peint la couleur des ténèbres à la lueur d’une chandelle ?

Jun'ichirō Tanizaki, Éloge de l'ombre, 1933, traduit par René Sieffert, 1977 Le plus souvent, des patients viennent [en psychanalyse] en souffrance d’une parole empêchée, impossible, qui n’a jamais été dite ou reconnue. Ils se trouvent dans un silence subi, un silence qui n’est pas heureux. Leur silence est assigné. Quand Freud a commencé la cure par … Lire la suite As-tu jamais peint la couleur des ténèbres à la lueur d’une chandelle ?

Faut-il abandonner le concept de citoyen ?

... Ce serait le minimum nécessaire pour affirmer une politique égalitaire dissociée du champ électoral ... La violence liée à la globalisation du capital est abordée par Jacques Rancière dans La Haine de la démocratie (2005). Le philosophe ouvre son pamphlet en déclarant qu’il n’a rien en commun avec ceux qui haïssent la démo­cratie. Où … Lire la suite Faut-il abandonner le concept de citoyen ?

Les Rameaux, une célébration de la démocratie

Penser la démocratie avec la Bible Qu'est-ce que la pureté? On sait que nul ne peut prétendre s’ap­procher du Sanctuaire sans préparation. Les prêtres sont priés de se laver les mains et les pieds pour ne pas mou­rir (Ex. 30,21), la contamination par l’impureté de ce qu’ils ont pu toucher et par celle des lieux … Lire la suite Les Rameaux, une célébration de la démocratie

Chancelier collecteur d’impôts ! Je leur ai appris à polir les pièces de notre machine pensante ! Ils ont bien une forme d’intelligence !

J’employai à cette recherche toute la connaissance que mon inclination et le travail de mes premières études m’ont fait acquérir dans les mathématiques: et, après une profonde méditation, je reconnus que ce secours n’était pas impossible à trouver. Les lumières de la géométrie, de la physique, et de la mécanique m’en fournirent le dessein, et … Lire la suite Chancelier collecteur d’impôts ! Je leur ai appris à polir les pièces de notre machine pensante ! Ils ont bien une forme d’intelligence !

Ces explorateurs de nos ruines, ils retrouvent le privilège des chemins qui se perdent comme s’ils arrivaient près du but …

Que se passe-t-il quand on arrive dans un pays dont on ne connaît que très peu l'idiome, mais dont on voit dans les temples, sur les chemins, des œuvres qui atteignent à des sommets du sentiment ou de la vie spirituelle, et existent ainsi en avant de nous: dans l'absolu, croirait-on, comme le Sphinx des … Lire la suite Ces explorateurs de nos ruines, ils retrouvent le privilège des chemins qui se perdent comme s’ils arrivaient près du but …