L’Être sauvage

Il faut reconnaître sans équivoque la réalité psychique, l'essence intrasubjective des formations morbides, l'opération fantastique qui reconstruit un monde en marge et à l'encontre du monde vrai, une histoire vécue sous l'histoire effective, et qui s'appelle la maladie. D'un autre côté le freudisme confirme la philosophie moderne dans sa description d'une conscience qui n'est pas … Lire la suite L’Être sauvage

As-tu jamais peint la couleur des ténèbres à la lueur d’une chandelle ?

Jun'ichirō Tanizaki, Éloge de l'ombre, 1933, traduit par René Sieffert, 1977 Le plus souvent, des patients viennent [en psychanalyse] en souffrance d’une parole empêchée, impossible, qui n’a jamais été dite ou reconnue. Ils se trouvent dans un silence subi, un silence qui n’est pas heureux. Leur silence est assigné. Quand Freud a commencé la cure par … Lire la suite As-tu jamais peint la couleur des ténèbres à la lueur d’une chandelle ?

C’était là ce qu’il y avait de révoltant: que la boue de l’enfer semblât pous­ser des cris et posséder une voix …

Considérons d’abord l’interprétation proposée par Jekyll -ce que Stevenson nomme sa version de l’affaire. Par la place qui lui est accordée dans le récit, c’est cette version qui semble avoir été privilégiée par l’auteur, de sorte qu’elle fut aussi prioritairement rete­nue par ses lecteurs. La dualité dont il est question est celle du Bien et … Lire la suite C’était là ce qu’il y avait de révoltant: que la boue de l’enfer semblât pous­ser des cris et posséder une voix …

1 Des fictions théoriques

Le divorce entre l’histoire et la littérature relève d’un procès très ancien. Patente dès le XVIIéme siècle, légalisée au XVIIIéme siècle comme un effet de la division entre les lettres et les sciences, la rupture a été institutionnalisée au XIXe siècle par l’organisation universitaire. Elle a pour fondement la frontière que les sciences positives ont … Lire la suite 1 Des fictions théoriques

2 Des symptômes, ou une histoire ?

Pour Freud, le roman a pour définition de combiner en un même texte d'une part les symptômes de la maladie (Krankheitssymptome), c’est-à-dire une sémiologie fondée sur l’identifica­tion de structures pathologiques, et d’autre part l’histoire de la souffrance (Leidensgeschichte), c’est-à-dire une série d'événements relationnels qui surprennent et altèrent le modèle structural. Adopter le style du roman, … Lire la suite 2 Des symptômes, ou une histoire ?

3 Des figures qui sont des forces

Bien quelle revienne au genre du roman, l’in­terprétation freudienne n’en reste pas moins histo­rique. Donnons de l'historique une définition qui serve de point de départ: est historique l’ana­lyse qui considère ses matériaux comme les effets de systèmes (économiques, sociaux, politiques, idéologiques, etc.) et qui vise à élucider les opéra­tions temporelles (causalité, croisement, inversion, coalescence, etc.) … Lire la suite 3 Des figures qui sont des forces

4 Le destin des passions

L’affect (Affekt) revient également dans le dis­cours freudien. Il est la forme élémentaire des énergies pulsionnelles. Dès les Studien über Hysterie, il fournit une base à l’analyse économique du psychisme. Le plus souvent autonome par rapport au fonctionnement des représentations, il est soumis à des mécanismes générateurs de figures pathologiques, ses conversions produi­sant l’hystérie; ses … Lire la suite 4 Le destin des passions

5 Une médecine quantique : le discours freudien ne se soustrait pas aux mécanismes qu’il dévoile dans ses objets

Cette méthode exerce et élucide le langage comme pratique inter-subjective. Par là, elle fait du discours de l'analyse une fiction, autrement dit un discours où se marque la particularité de son locuteur, essentiellement son affectivité. Alors, dit-on, ce n’est plus scientifique, c'est de la lit­térature. Du point de vue freudien, cette doxa commune dit vrai, … Lire la suite 5 Une médecine quantique : le discours freudien ne se soustrait pas aux mécanismes qu’il dévoile dans ses objets

6 Il est permis de croire à l’écriture … Autorisée par rien, elle autorise de l’Autre et ne cesse de commencer

On peut éclairer la question en revenant à ce que Freud nomme l’écriture de l’histoire (Geschichtsschreibung), point nodal des relations entre littérature et histoire. Pour lui, l’écriture de l’histoire se produit à partir d’événements dont rien ne subsiste: elle en prend la place. Elle est donc à la fois exclue de ce dont elle traite … Lire la suite 6 Il est permis de croire à l’écriture … Autorisée par rien, elle autorise de l’Autre et ne cesse de commencer

2 Le serpent manque au paysage

David Teniers La pensée contemporaine a bien mis en lumière la continuité entre le projet humaniste renaissant et l’œuvre cartésienne, et c’est un acquis magnifique. Mais peut-on penser la liberté sans le mal radical? Freud l'expliquait: si nous sommes coupables de nos pulsions, c’est que nous en sommes responsables -imputables, donc libres … Où est … Lire la suite 2 Le serpent manque au paysage

La direction spirituelle et la psychanalyse

Deux thèmes ordonnent la réflexion de Freud dans sa Correspondance avec le pasteur Pfister: deux thèmes tantôt conjugués et liés, tantôt se développant à part l’un de l’autre, comme les moments d’une fugue. Ils se rejoignent et se lient pour toujours dans cette note haut tenue et se prolongeant indéfiniment dans le silence de la … Lire la suite La direction spirituelle et la psychanalyse

1 Carl Jung, ô prairie à l’oubli livrée, grandie et fleurie d’encens et d’ivraie …

À partir de 1906, Freud entretient une correspondance régulière avec Carl Gustav Jung, plus jeune que lui, descendant d'un illustre alchimiste de Mayence et petit-fils d'un médecin, Grand Maître de l'ordre des maçons suisses. En 1907, les deux hommes se rencontrent, mutuellement séduits. Freud fonde de grands espoirs sur celui qu'il appelle, par courrier, mon … Lire la suite 1 Carl Jung, ô prairie à l’oubli livrée, grandie et fleurie d’encens et d’ivraie …