La pen­sée qui n’est que pensée, et qui, comme telle, ne connaît que des instances ‑sujets, prédicats, copules, formes du jugement et du raisonnement‑ reste à distance de la vérité du passage. Elle doit devenir pensée qui passe elle‑même. En pénétrant la chose, elle supprime le concept pur seulement pensé, et elle entre dans cette reconnaissance de l’autre que Hegel désigne comme l’amour

Le soi est en soi négativité. S'il est désigné comme le soi, ce n'est par aucun privilège accordé à l'iden­tité ni à la subjectivité. Hegel est le premier à sortir la pensée du règne de l'identité et de la subjectivité. Mais ainsi, il accomplit le programme de toute la philosophie, il l'expose comme tel, dans … Lire la suite La pen­sée qui n’est que pensée, et qui, comme telle, ne connaît que des instances ‑sujets, prédicats, copules, formes du jugement et du raisonnement‑ reste à distance de la vérité du passage. Elle doit devenir pensée qui passe elle‑même. En pénétrant la chose, elle supprime le concept pur seulement pensé, et elle entre dans cette reconnaissance de l’autre que Hegel désigne comme l’amour →

3 Voir l’Étrangère dans la grotte

L'homme a commencé par l’étrangeté de sa propre humanité. Ou par l’humanité de sa propre étrangeté. C’est en elle qu’il s’est présenté: il se l’est présentée, ou figurée. Tel fut le savoir de soi de l’homme, que sa présence était celle d’un étranger, monstrueusement semblable. Le semblable avait le pas sur le soi, et c’était … Lire la suite 3 Voir l’Étrangère dans la grotte →

La vérité est en partance

Jean-Luc Nancy Marie-Madeleine arrive au tombeau où le corps du Christ a été placé. Elle s'adresse à lui, pensant parler à un jardinier. Pour que cette méprise soit possible, il faut que Jésus ne soit pas, ou pas immédiatement, reconnaissable. Or Marie-Madeleine le connaît depuis longtemps ... L'explication de sa méprise doit rester indécise: ou … Lire la suite La vérité est en partance →

Le Monde entier a l’odeur âcre de la bougie qu’on vient d’éteindre

Des extraits de Être soufflé, de Jean-Luc Nancy, Lignes Nous -les médecins, les sociologues, les politiques, les professeurs- nous avons le souffle coupé. Et c’est pourquoi il faut ajouter à tous nos discours un constat, qui n’est pas un discours: nous sommes soufflés. Nous sommes stupéfaits par ce qui arrive mondialement au monde mondia­lisé. Nous … Lire la suite Le Monde entier a l’odeur âcre de la bougie qu’on vient d’éteindre →

Aristote : l’âme est en quelque façon toutes choses.

Qu’est-ce qu’un sujet? La question ne peut être posée. Un sujet, précisément, n’est pas quelque chose. Il n’est pas quelque chose et il n’est pas, si du moins on donne à être la valeur d’une forme d’ontologie substantielle. Le sujet n’est pas comme une chose est; il n’est pas non plus comme un être est, … Lire la suite Aristote : l’âme est en quelque façon toutes choses. →

Dans le bureau d’études des architectes de Babel

Il y a dans le nazisme la volonté de mettre en acte une redéfinition de l'humanité, de soumettre celle-ci à un type souverain. Une volonté de régénérer et de conformer l'homme comme tel. Et, par conséquent, de lui dénier son existence en tant qu'il n'est conforme à rien, que l'homme passe infiniment l'homme, comme dit … Lire la suite Dans le bureau d’études des architectes de Babel →

Dame Jessica Atréide

Qu’est-ce qui s’est arrêté? L’histoire représentée comme émancipation de l’humanité. Le sens de l’histoire a été suspendu, et cette suspension n’est pas provisoire. On était dans une bulle démocratique, humaniste, paradoxalement héritée de la guerre froide et qui n’a pas résisté à sa fin. Foucault l’a dit très tôt: nous sortons de l’âge de l’histoire … Lire la suite Dame Jessica Atréide →

Se faire une raison? Mais non, refaire la raison

Jamais en 1968 ne se fit jour un mot d’ordre proprement révolutionnaire -c’est-à-dire visant une prise du pouvoir. L’enjeu était, non pas de se réjouir dans une sorte d’anarchisme nihiliste et de regarder trembler toutes les assurances et toutes les institutions sans pour autant se soucier ni de les ruiner effectivement, ni de les remplacer, … Lire la suite Se faire une raison? Mais non, refaire la raison →

Du créationnisme comme blasphème

Être fidèle à l’existence du monde: c’est la tâche de la pensée. Les créationnistes ne veulent ni savoir ni penser: ils veulent se sentir conçus -par un dessein intelligent. Le créationnisme est une sottise aussi bien sous l’angle du savoir que sous l’angle de la foi. Au regard de la foi, le créationnisme commet un … Lire la suite Du créationnisme comme blasphème →

Ne pas abandonner le corps des dieux

Un jour les dieux se retirent. D'eux-mêmes ils se retirent de leur divinité, c'est-à-dire de leur présence. Ils ne s'absentent pas simplement: ils ne vont pas ailleurs, ils se retirent de leur propre présence. Ils s'absentent dedans. Ce qui reste de leur présence, c'est ce qui reste de toute présence lorsqu'elle s'est absentée: il reste … Lire la suite Ne pas abandonner le corps des dieux →