Comment le symbole nous fait voir l’invisible …

L'opération de pensée qui engendre le symbole n'est pas un procédé particulier et accessoire, mais un mode fondamental de la connaissance humaine. Il y a un mode symbolique de connaissance et celui-ci est un des deux modes de la connaissance intuitive, le second n’étant autre que le mode schématique de connaissance sur lequel a particulièrement … Lire la suite Comment le symbole nous fait voir l’invisible …

Un lac de sang, ombragé par un bois de sapins toujours vert

Si le XIXéme siècle était un tableau, cette toile de grand format serait de couleurs très fortes, de valeurs très contrastées, et ce n'est pas la lumière naturelle, celle qu'ont tant aimée beaucoup de ses peintres, de Constable ou Valenciennes aux impressionnistes et à Cézanne, qu'on y verrait partout resplendir. Plus souvent le rouge des … Lire la suite Un lac de sang, ombragé par un bois de sapins toujours vert

Land Art : la tempête, le ciel et les ténèbres, le mont sablonneux et la faune innombrable

Avouons-le, le paysage est une chose étrangère pour nous, et l’on est terriblement seul sous les arbres qui fleurissent et parmi les ruisseaux qui coulent. Seul avec un homme mort, on est moins abandonné que seul avec des arbres, car quelque mystérieuse que puisse être la mort, plus mystérieuse encore est une vie qui n’est … Lire la suite Land Art : la tempête, le ciel et les ténèbres, le mont sablonneux et la faune innombrable

Au lieu du bosquet, passez-moi le mot, vous aurez les branches vives

J’aimerais parler d’un livre, L’Astrée, très lu sous Louis XIII, je souhaiterais qu’il fût pays, pays avec villages et collines, hameaux et fermes isolées, pays que les pas peuvent atteindre et les troupeaux investir, mais les prés restent à leur place entre Roanne et Saint-Étienne et la lecture n’est pas la marche, à première vue. … Lire la suite Au lieu du bosquet, passez-moi le mot, vous aurez les branches vives

Des avenues aujourd’hui perdues, recouvertes d’herbes, dans cette région de l’esprit qui s’étend entre concept et symbole, entre symbole et réalité

Notre époque est la première sur terre à laisser circuler à nu, sans vêture de sens, sans imprégnation de valeurs, les aspects bruts de la violence, de la cruauté, par exemple. Nous voici entrant à nouveau dans ce champ d'absence qui précéda la parole. Où il n'y avait pas de mémoire, pas d'avenir. Je me … Lire la suite Des avenues aujourd’hui perdues, recouvertes d’herbes, dans cette région de l’esprit qui s’étend entre concept et symbole, entre symbole et réalité

Dans le silence de la nuit, à l’heure où le lion de Juda ressuscita d’entre les morts, moi, Joachim …

... Je vis un ange qui volait par le milieu du ciel, ayant un Évangile éternel pour le proclamer aux habitants de la terre, à toute nation, à toute tribu, à toute langue et à tout peuple, et qui disait d’une voix forte: Craignez Dieu et glorifiez-le, car l’heure de son jugement est venue ! … Lire la suite Dans le silence de la nuit, à l’heure où le lion de Juda ressuscita d’entre les morts, moi, Joachim …

Les textes de Beckett, de vieux habits. Solides. En constant ravaudage …

Molloy, une jambe raide, se déplace en s’appuyant d’abord sur un vélo qu’il pousse à côté de lui, puis sur des béquilles, enfin en rampant à même le sol, sur la terre humide, au milieu des feuilles, d’arbres, d’écriture. Dans la chambre de sa mère morte où il est parvenu -en réalité? En imagination?- il … Lire la suite Les textes de Beckett, de vieux habits. Solides. En constant ravaudage …

Le Jihad, magnifique travail sur soi, a été plongé dans les eaux de l’individualisme capitaliste, et il est devenu criminel

Travaille ceux qui me travaillent, Combats les haineux qui m’assaillent, Éternel mon recours, Charge-moi ta forte rondache, Et du croc tes armes détache, Marchant à mon secours. Fais brandir ta lance guerrière, Et les presse en telle manière Qu’ils n’approchent de moi, Puis mon âme ainsi réconforte, Âme ne doute en nulle sorte, Je suis … Lire la suite Le Jihad, magnifique travail sur soi, a été plongé dans les eaux de l’individualisme capitaliste, et il est devenu criminel

Crains dans le mur aveugle un regard qui t’épie …

Homme! libre penseur -te crois-tu seul pensantDans ce monde où la vie éclate en toute chose:Des forces que tu tiens ta liberté dispose,Mais de tous tes conseils l'univers est absent. Respecte dans la bête un esprit agissant:Chaque fleur est une âme à la Nature éclose;Un mystère d'amour dans le métal repose:Tout est sensible! Et tout … Lire la suite Crains dans le mur aveugle un regard qui t’épie …

Tra la perduta gente

Ce sera tout à fait comme dans cette vie! Le même jardin,Profond, profond, touffu, obscur. Et vers midiDes gens s'étonneront d'être réunis làQui ne se sont jamais connus et qui ne savent Les uns des autres que ceci: qu'il faudra s'habillerComme pour une fête et aller dans la nuitDes disparus, tout seul, sans amour et … Lire la suite Tra la perduta gente

L’inconscient est le nom du grand lieu d’herbe qui est derrière la grange 

La légende de Saint Christophe: Christo-phoros, le porte-Christ, a été popularisée par La Légende dorée de Jacques de Voragine. Les Planches Courbes, d’Yves Bonnefoy réécrit la légende. Ici, le Passeur est un géant. Le saint n’est pas nommé ni présenté comme un saint; l’enfant est un enfant simplement, pas Jésus. Rappelons quelques éléments de la … Lire la suite L’inconscient est le nom du grand lieu d’herbe qui est derrière la grange 

Qui es-tu, Edward Hyde ? De la boue de l’enfer, de la poussière amorphe …

Considérons d’abord l’interprétation proposée par Jekyll -ce que Stevenson nomme sa version de l’affaire. Par la place qui lui est accordée dans le récit, c’est cette version qui semble avoir été privilégiée par l’auteur, de sorte qu’elle fut aussi prioritairement rete­nue par ses lecteurs. La dualité dont il est question est celle du Bien et … Lire la suite Qui es-tu, Edward Hyde ? De la boue de l’enfer, de la poussière amorphe …

La langue n’a pas trouvé de mots, mais elle a continué …

Accessible, proche et sauvegardée, au milieu de tant de pertes, ne demeura que ceci: la langue. Elle, la langue, fut sauvegardée, oui, malgré tout. Mais elle dut alors traverser son propre manque de réponses, dut traverser un mutisme effroyable, traverser les mille ténèbres des discours porteurs de mort. Elle traversa et ne trouva pas de … Lire la suite La langue n’a pas trouvé de mots, mais elle a continué …

Les nuages ont l’air d’oiseaux prenant la fuite …

Par moments le vent parle, et dit des mots sans suite,Comme un homme endormi.Tout s’en va. La nature est l’urne mal fermée.La tempête est écume et la flamme est fumée.Rien n’est hors du moment. L’homme n’a rien qu’il prenne, et qu’il tienne, et qu’il garde.Il tombe, heure par heure, et, ruine, il regardeLe monde, écroulement … Lire la suite Les nuages ont l’air d’oiseaux prenant la fuite …

J’appelle Ettie, morte en automne à vingt-sept ans

Sur les bois oubliés quand passe l’hiver sombreTu te plains, ô captif solitaire du seuil,Que ce sépulcre à deux qui fera notre orgueilHélas! Du manque seul des lourds bouquets s’encombre.  Sans écouter Minuit qui jeta son vain nombre,Une veille t’exalte à ne pas fermer l’œilAvant que dans les bras de l’ancien fauteuilLe suprême tison n’ait éclairé … Lire la suite J’appelle Ettie, morte en automne à vingt-sept ans

Derrière le buisson infouillable du songe

La jeune fille avec un amant prit la fuiteLe village accusa aussitôt les BohémiensEt la gendarmerie se mit à leur poursuiteDe son côté et moi du mien. Rejoignant la roulotte, par les petits rideauxJe n'aperçus dedans qu'une misère noireMalgré tous les larcins et les biens illégauxQue les gendarmes faux prétendirent y voir. Le forain dut … Lire la suite Derrière le buisson infouillable du songe

Prends garde à la douceur des choses

Dans Arles, où sont les Alyscamps,Quand l’ombre est rouge, sous les roses,Et clair le temps, Prends garde à la douceur des choses.Lorsque tu sens battre sans causeTon cœur trop lourd; Et que se taisent les colombes:Parle tout bas, si c’est d’amour,Au bord des tombes. Paul-Jean Toulet, Romances sans musique, 1915 Kees Scherer