Il gèle à fendre les pierres, cette petite phrase était installée dans l’esprit de Pascal Bénin depuis qu’il avait quitté les dernières maisons du faubourg -et quand, pour s’en délivrer, il se forçait à penser au poêle de sa chambre ou au tableau noir de l’école, à des enfants rétifs, au bruit de la craie … Lire la suite Il s’est dépris du positivisme appris à l’École Normale. Mais d’un seul coup et sans précaution ! Il en est mort.
Catégorie : Poésie
Le ciel est une source
Dans le désert d’Atacama les étoiles visibles à l'œil nu étaient si parfaitement indénombrables que nos ancêtres hominidés ne les ont pas nommées, préférant grouper en constellations d’absence les surfaces sombres tendues entre elles. On raconte qu’au terme de ses errances, Enée, prince d’une ville détruite par la guerre, fonda Rome, qui à son tour … Lire la suite Le ciel est une source
L’avenir ne vient pas et le passé se reproduit. Il faut donc faire entrer de la lumière dans le présent
Jacques Rancière J’ai voulu donner de Mallarmé l’image qui m’a sauté aux yeux, à savoir de quelqu’un d'infiniment attentif à son temps, aux phénomènes les plus microscopiques qui se donnent à voir. Mallarmé ne cesse de méditer sur tous les déplacements qui caractérisent son époque, aussi bien la structure générale du sensible que toutes les … Lire la suite L’avenir ne vient pas et le passé se reproduit. Il faut donc faire entrer de la lumière dans le présent
Un cerf qui tombe, c’est toi qu’il prend à témoin, toi qui as des yeux et ne vois pas que notre monde va finir
Les saisons, la montée des sèves, les couvées et les chants, la vibration des millions d’ailes dans la torpeur des étés, le crépitement des gousses mûres qui éclatent par la genêtière, la houle des vents d’équinoxe où criaillent dans la nuit, loin au-dessus des cimes grondantes, les grands vols de migrateurs, la lente chute balancée, … Lire la suite Un cerf qui tombe, c’est toi qu’il prend à témoin, toi qui as des yeux et ne vois pas que notre monde va finir
Nostra Dona dels Autocarris
Sul front de mar a la CiutatTe pregam de totes los barrisL’amor es fol, lo vin es fatPer cada toat montan los garrisDins cada bar caçam lo cat Te saludam de gracia plenaLo betum d’ais sus ton estugUn bastiment a la cadenaDins la clamor mena son bruchSarra ton cor coma l’englenaQue lo senhor sera ton … Lire la suite Nostra Dona dels Autocarris
Harout ou Marout ?
Les deux, ils sont indissociables. Sont-ils deux seulement? Harout se distingue de Marout, mais Marout ne se distingue pas d'Harout. Et inversement. Un mauvais infini à partir d'une dyade tremblée. Le démon n'est pas une Personne, le néant grondeur n'a pas de visage. Il ne peut rien créer, sa plus grande ruse est de nous … Lire la suite Harout ou Marout ?
Où sont les prés où les vierges de Lacédémone faisaient leurs bacchanales?
Mais d’abord, avant toute chose, que les douces Muses, dont je porte les signes sacrés et que j’aime éperdument, m’accueillent et m’indiquent les routes et les astres du ciel, les éclipses du soleil, les travaux de la lune Ce qui fait trembler la terre Quelle force anime les profondeurs de la mer, qui brise ses … Lire la suite Où sont les prés où les vierges de Lacédémone faisaient leurs bacchanales?
Les bêtes vont mourir. L’oracle est muet. Le ciel est malade
Les maladies ne s’emparent pas des corps un par un, mais ce sont brusquement des estives entières, l’espérance du troupeau avec, et la population entière depuis les premiers individus Pour le comprendre aujourd’hui encore il suffit de voir, après si longtemps, dans les Alpes aériennes et la Norique, au pays des Japides, les fermes fortifiées … Lire la suite Les bêtes vont mourir. L’oracle est muet. Le ciel est malade
Ne penses plus. Assieds-toi plus près, sur la pierre à laquelle la meute de loups s’est frottée. Vois ce qui reste de leur faim
Γιώργος Σεφέρης Grotte de Font-de Gaume
Pour une théologie des étangs piscicoles
Il y a plus de trente ans, je travaillais sur ma thèse de doctorat en sciences agronomiques relative à la végétation et aux corrélations floristico-écologiques qui s’observent dans les étangs de pisciculture extensive de Franche-Comté: Typologie des étangs selon des critères géobotaniques et analyse de la végétation et des variations, dans le temps et l’espace, … Lire la suite Pour une théologie des étangs piscicoles
Nos sœurs lointaines, nos cousines inconnues et furtives, enchanteresses …
Elaine Morgan retrace le fil de l’interprétation misogyne des théories de l’Évolution. Elle démonte l’Hypothèse du Grand Mâle Chasseur: par une fiction poétique elle déconstruit un scénario qui servait surtout, encore et encore, à oblitérer l’inventivité féminine. La théorie du primate aquatique Dans presque toute la littérature traitant des différences entre les sexes circule une … Lire la suite Nos sœurs lointaines, nos cousines inconnues et furtives, enchanteresses …
La Résistance, nous n’y étions pas, mais nous en sommes …
-Résistance? Vous n'y étiez pas, moi non plus. -Nous en étions, même si nous n'y étions pas. Nous en sommes. -Tout ne serait-il donc que récit? Lyotard écrit: Le coureur de 10 000 mètres ou le maquisard qui se glisse avec ses charges sous la travée d'un pont, tous ces corps en action ... Jouent … Lire la suite La Résistance, nous n’y étions pas, mais nous en sommes …
Je vous salue Marie 70
Elle en est au huitième mois, deux cœurs s’agitent en elle.Derrière, sur le mur, pend une carte froissée de la Terra Incognita.Les oreilles bourdonnent à force de profondeur ou d’altitude.C’est la pression venue de l’autre côté du murQui amène les réalités à se dissoudreMais affermit le pinceau.Passer les murs est une chose douloureuse, on entombe … Lire la suite Je vous salue Marie 70
Les beaux étés sans toi, c’est la nuit sans flambeau
N’écris pas. Je suis triste, et je voudrais m’éteindre. Les beaux étés sans toi, c’est la nuit sans flambeau. J’ai refermé mes bras qui ne peuvent t’atteindre, Et frapper à mon cœur, c’est frapper au tombeau. Par Julien Clerc ... N'écris pas. N’apprenons qu’à mourir à nous-mêmes, Ne demande qu’à Dieu… qu’à toi, si … Lire la suite Les beaux étés sans toi, c’est la nuit sans flambeau
Je viens des ruines, des églises, des retables d’autel, des villages oubliés …
Je suis une force du Passé Tout mon amour va à la tradition Je viens des ruines, des églises, des retables d'autel, des villages oubliés des Apennins et des Préalpes où mes frères ont vécu J'erre sur la Tuscolana comme un fou et sur l'Appia comme un chien sans maître. Ou je regarde les crépuscules, … Lire la suite Je viens des ruines, des églises, des retables d’autel, des villages oubliés …
1 Elle gardait toutes ces choses dans son cœur
Proposition: que nous sommes tous des marranes; i.e. que nous avons à devenir marranes. Ce nom me plaît; et à cause de Spinoza, et parce que j'y entends l'écho de la Marie des Évangiles qui conservait toutes ces choses dans son cœur. Marie est la première marrane. Il s'agit de conserver ces choses dans le … Lire la suite 1 Elle gardait toutes ces choses dans son cœur
4 La Messagère partie en avant
Le Voyageur J’étais là-bas, le premier homme blanc. Ils n’avaient pas eu connaissance du débarquement. L’endroit est isolé par la nature du terrain. Quant à moi, plutôt que de parler, je les écoutais, c’était tellement singulier et mon voyage me pressait. Ceux qui sont arrivés hier, presque tout un village -et d’autres vont suivre- voudraient … Lire la suite 4 La Messagère partie en avant
Je suis un cheval de course dans une ville sans hippodrome
J’ai subi les atrocités des couchers de soleil, Et mes fibres brûlent, et je lève une main de barbelés rouges. La lune non plus n’a pas de pitié: elle voudrait m’attirer À elle, stérile et cruelle. Sa splendeur me foudroie. Ou peut-être est-ce moi qui l’ai attrapée. Je la laisse partir. Je la laisse partir … Lire la suite Je suis un cheval de course dans une ville sans hippodrome
Seul l’encens se mêle aux brumes du vallon
Sur la neige, au Portail-Rocheux, nulle trace Seul l’encens se mêle aux brumes du vallon Des restes du repas dans la cour: un oiseau descend. Des haillons accrochés au pin: le vieux bonze est mort. Wei Yingwu Prêtre, sanctuaire de Nara, Japon
Coma dos grums de rasims, doas vilas sus una mapa
Quand montèrem l’escalièr te coneissiai pas encara Una cambra sens papièr, la pus freja, la mens cara Nos agachèrem un brieu sens gausar clavar la porta Lo primièr poton crentiu, una braçada pus forta ... Ara tôt èra permés, la tia cotilha leugièira E lo meu mantèl espés sus una sola cadièira Correjons darrièr lo … Lire la suite Coma dos grums de rasims, doas vilas sus una mapa
Toujours avec la liesse la tristesse se mêle secrètement
https://youtu.be/imEIt7BjENI Alors amis! Qu’on n’oublie De l’amie Le nom, qui vos cœurs lia ... Donque, puisque la nuit sombre Pleine d’ombre Vient les montagnes saisir, Retournons nous dans la ville Demi-saoulés de plaisir Jamais l’homme, tant qu’il meure Ne demeure Bienheureux parfaitement Toujours avec la liesse La tristesseSe mêle secrètement Ronsard, La fôlatrissime rencontre d’Arcueil, … Lire la suite Toujours avec la liesse la tristesse se mêle secrètement
Où sont les chasses à l’arc près du Palais des Saules … Et les nuits claires de Lishan … Et où est ma jeunesse !
Nous étions les Gardes de l’Empereur Jeunes sans honte et sûrs de ses faveurs Croyant faire la pluie et le beau temps Enfants gâtés sans foi ni loi Le jour durant jouant aux dés La nuit volant les filles Le Commandant n’osait pas nous toucher Nous nous tenions sur les marches d'albâtre Nuits de Lishan! … Lire la suite Où sont les chasses à l’arc près du Palais des Saules … Et les nuits claires de Lishan … Et où est ma jeunesse !
J’assemble des paroles lointaines
-Tu sens bien l’inconvenance de poser à l’Auteur. Et tu ne vas pas te taire, tout de même! - Comment faire? - Commence par recopier. - Comme à l’école? - Non, justement, on ne recopie plus beaucoup, à l’école. Copie, comme Cézanne au Louvre. Ré-effectue des gestes de pensée. Répète. Des voix, et toujours avec … Lire la suite J’assemble des paroles lointaines
Des avenues aujourd’hui perdues, recouvertes d’herbes, dans cette région de l’esprit qui s’étend entre concept et symbole, entre symbole et réalité
Notre époque est la première sur terre à laisser circuler à nu, sans vêture de sens, sans imprégnation de valeurs, les aspects bruts de la violence, de la cruauté, par exemple. Nous voici entrant à nouveau dans ce champ d'absence qui précéda la parole. Où il n'y avait pas de mémoire, pas d'avenir. Je me … Lire la suite Des avenues aujourd’hui perdues, recouvertes d’herbes, dans cette région de l’esprit qui s’étend entre concept et symbole, entre symbole et réalité
Je vous salue Marie 67
On n’adore plus aujourd’hui les dieux sur les hauteurs. Le temple de Salomon est passé dans les métaphores où il abrite des nids d’hirondelles et de blêmes lézards. L’esprit des cultes en se dispersant dans la poussière a déserté les lieux sacrés. Mais il est d’autres lieux qui fleurissent parmi les êtres humains, d’autres lieux … Lire la suite Je vous salue Marie 67