Les nuages ont l’air d’oiseaux prenant la fuite …

Par moments le vent parle, et dit des mots sans suite,Comme un homme endormi.Tout s’en va. La nature est l’urne mal fermée.La tempête est écume et la flamme est fumée.Rien n’est hors du moment. L’homme n’a rien qu’il prenne, et qu’il tienne, et qu’il garde.Il tombe, heure par heure, et, ruine, il regardeLe monde, écroulement … Lire la suite Les nuages ont l’air d’oiseaux prenant la fuite …

J’appelle Ettie, morte en automne à vingt-sept ans

Sur les bois oubliés quand passe l’hiver sombreTu te plains, ô captif solitaire du seuil,Que ce sépulcre à deux qui fera notre orgueilHélas! Du manque seul des lourds bouquets s’encombre.  Sans écouter Minuit qui jeta son vain nombre,Une veille t’exalte à ne pas fermer l’œilAvant que dans les bras de l’ancien fauteuilLe suprême tison n’ait éclairé … Lire la suite J’appelle Ettie, morte en automne à vingt-sept ans

Derrière le buisson infouillable du songe

La jeune fille avec un amant prit la fuiteLe village accusa aussitôt les BohémiensEt la gendarmerie se mit à leur poursuiteDe son côté et moi du mien. Rejoignant la roulotte, par les petits rideauxJe n'aperçus dedans qu'une misère noireMalgré tous les larcins et les biens illégauxQue les gendarmes faux prétendirent y voir. Le forain dut … Lire la suite Derrière le buisson infouillable du songe

Prends garde à la douceur des choses

Dans Arles, où sont les Alyscamps,Quand l’ombre est rouge, sous les roses,Et clair le temps, Prends garde à la douceur des choses.Lorsque tu sens battre sans causeTon cœur trop lourd; Et que se taisent les colombes:Parle tout bas, si c’est d’amour,Au bord des tombes. Paul-Jean Toulet, Romances sans musique, 1915 Kees Scherer

Le vin des siècles, la moisson des étoiles

William Blake n’est pas le seul à écouter l’Histoire aux portes de l’Apocalypse. La période révolutionnaire est vécue dans un véritable délire d’interprétation; dans un temps où l’Histoire semble s’accélérer et où s’intensifie l’angoisse devant le devenir du monde, un chœur de prophètes s’élève pour investir les événements politiques de France de la puissance explosive … Lire la suite Le vin des siècles, la moisson des étoiles

Pandémie

Nous nous consultons. Nous ne savons plus. Nous n’en savons pas plus l’un que l’autre. Celui-ci est affolé. Celui-là confondu. Tous sont désemparés. Le calme n’est plus. La sagesse ne dure pas le temps d’une inspiration. Dites-moi. Qui ayant reçu trois flèches dans la joue se présentera d’un air dégagé? L’union du moi et du … Lire la suite Pandémie

Elle prend feu la cendre ..

Adspice: corripuit tremulis altaria flammis Sponte sua, dum ferre moror, cinis ipse. Bonum sit! Nescio quid certe est, et Hylax in limine latrat. Credimus? aut qui amant ipsi sibi somnia fingunt. Parcite, ab urbe venit jam parcite, carmina, Daphnis. Virgile, Bucolique VIII, vers 106-110 Regarde: saisissant de flammes en transe l’autel, d'elle-même elle prend feu, … Lire la suite Elle prend feu la cendre ..

Cette longue couvée, ce long envol de grues sauvages …

Homère, l'insomnie. Et les voiles tendues. J'ai lu jusqu'au milieu le Catalogue des vaisseaux. Cette longue couvée, ce long envol de grues Sauvages qui jadis franchit le ciel de Grèce. Grues s'enfonçant en coin vers d'étrangers confins, (L'écume divine ceint la tête des rois) Vers quels ports voguez-vous? Ô guerriers achéens, Vous seriez-vous sans Hélène, … Lire la suite Cette longue couvée, ce long envol de grues sauvages …