1 La liberté et l’inquiétude de la vie animale …

La naissance fait sortir l’animal d’un milieu où il puisait directement sa subsistance. La satisfaction des besoins n’est plus immédiate. L’individu doit y pourvoir. Le différé entre le besoin et la satisfaction est la condition de possibilité du désir, dont le corrélat est le manque. L’individu est séparé de ce dont il veut s’approcher. L’existence … Lire la suite 1 La liberté et l’inquiétude de la vie animale …

2 Fitness ? Oikéiôsis !

Descartes est bien loin de partir d’une position de principe anthropocentriste et négative à l’endroit de l’animal. Le rejet des causes finales hors de la science interdit que la question soit même posée de savoir ce qui est plus digne, de l’homme ou de l’animal, pour qui le monde a été fait, et qui a … Lire la suite 2 Fitness ? Oikéiôsis !

4 Le corps articulé de l’homme est sens …

Mais pourquoi alors, objectera-t-on aussitôt, parler encore dans ces conditions de droit naturel et ne pas suivre le Vocabulaire de Lalande quand il suggère de substituer à cette expression celle de droit moral? Il faut pourtant conserver la terminologie traditionnelle sans pour autant céder à l’argumentation des par­tisans du retour au droit des Anciens et … Lire la suite 4 Le corps articulé de l’homme est sens …

De la parenté des vivants

Né en 1983, Baptiste Morizot est philosophe et enseigne à l’université d’Aix-Marseille. Il a publié en 2016 Diplomates. Cohabiter avec les loups sur une autre carte du vivant (Wildproject) et, en 2018, Sur la piste animale (Actes Sud). Son dernier livre, Manières d’être vivant vient d’être publié chez Actes Sud. L'animisme, qui implique une négociation … Lire la suite De la parenté des vivants

1 De te fabula narratur

Quand elle dormait, Purga rêvait. Les primates avaient déjà un cerveau assez gros et développé pour nécessiter un toilettage de l’autoréférentiel. Elle rêvait donc, de chaleur et d’obscurité, de dents et de griffes étincelantes, et de sa propre mère, dont sa mémoire avait gardé l’image: immense. Purga, comme tous les mammifères, était un animal à … Lire la suite 1 De te fabula narratur

2 La Nuit des Temps

Quatre-vingts millions d’années avant la naissance de Purga, un ornitholeste chassait le diplodocus dans la dense forêt du jurassique. Cet ornith était une femelle dinosaure carnivore qui avait la bougeotte. Elle avait à peu près la taille d’un être humain, mais son corps était si svelte qu’elle en pesait à peine la moitié. Elle avait … Lire la suite 2 La Nuit des Temps

Le rêve d’Adam

Dieu modela l’homme. Qui dit cela? L’époque moderne se signale par l’intérêt qu’elle porte à cette question. Alors que le récit est comme une réalité objective, projetée sur un écran lisse, l’homme d’aujourd’hui veut voir la cabine de projection, il veut même voir le tournage du film, savoir qui l’a tourné. Qui raconte? Nous passons … Lire la suite Le rêve d’Adam

2 Les herbes folles

Sur une Terre recombinée, remodelée par la géo-ingénierie du capitalisme, le sauvage, ce qui est wild, et qu’il faudrait nommer, pour éviter toute équivoque, la sauvagèreté, est ramené à quelque terrain vague qui n’aurait pas été intégré au projet de simulation de l’environnement, une herbe folle dans un champ nourri au Roundup. C’est ne pas … Lire la suite 2 Les herbes folles

1 Refermer la parenthèse ouverte au néolithique, et vite

Redevenir pisteur. Cueilleur et jardinier. Chasseur! Autrement qu'avant, mieux qu'avant. La parenthèse nous a beaucoup appris. Paul Shepard suggère une piste: il faut retourner au Pléistocène. La fin du Pléistocène correspond au paléolithique et à l’émer­gence de l’homme moderne. C’est l’époque des chasseurs-cueilleurs qui vivent en petits groupes et dont l’organisation sociale est parfaitement adaptée … Lire la suite 1 Refermer la parenthèse ouverte au néolithique, et vite

1 En ouvrant l’orbe de la terre …

Avouons-le, le paysage est une chose étrangère pour nous, et l’on est terriblement seul sous les arbres qui fleurissent et parmi les ruisseaux qui coulent. Seul avec un homme mort, on est moins abandonné que seul avec des arbres, car quelque mystérieuse que puisse être la mort, plus mystérieuse encore est une vie qui n’est … Lire la suite 1 En ouvrant l’orbe de la terre …

L’homme poursuit son évolution … Il se transforme en quelque chose … D’impossible à décrire …

... Il s'adapte à un environnement purement machinique. Dans une version ténébreuse de l'effet récursif de l'évolution, cher à Patrick Tort, son fitness consiste alors à détruire tous les autres vivants: des parasites ... Qu’avait-il pu arriver aux hommes? Que faire si la race s’était développée dans la malfaisance, la haine et une volonté farouche … Lire la suite L’homme poursuit son évolution … Il se transforme en quelque chose … D’impossible à décrire …

Un animal ne croit pas que le monde existe, qu’il a toujours été là et le restera à jamais, après le bref passage de sa vie sur terre

A voir ... Réaffirmer la différence radicale de l’homme (qu’on la voie dans le langage, la raison, la conscience de soi, la politique, la morale, l’histoire, le travail, la culture, la technique, le rire, le tabou de l’inceste, le sens du beau ou de la mort …) n'est en rien nier que nous sommes issus … Lire la suite Un animal ne croit pas que le monde existe, qu’il a toujours été là et le restera à jamais, après le bref passage de sa vie sur terre

On n’a rien à perdre à repenser la condition du philosophe comme une émergence évolutive improbable …

Jusqu'à une date récente, l'anthropologie philosophique allemande appartenait au passé. Des hypo­thèses fameuses, mais assez aventureuses (la néoténie, la positionalité excentrique, l'être lacunaire), un contexte intellectuel d'entre-deux-guerres inspirant plus souvent le soupçon que l'enthousiasme, semblaient remiser ce mou­vement au rayon certes respectable mais sans grand avenir de ce que l'on appelle, faute de mieux, l'histoire … Lire la suite On n’a rien à perdre à repenser la condition du philosophe comme une émergence évolutive improbable …