Le rêve d’Adam

Dieu modela l’homme. Qui dit cela? L’époque moderne se signale par l’intérêt qu’elle porte à cette question. Alors que le récit est comme une réalité objective, projetée sur un écran lisse, l’homme d’aujourd’hui veut voir la cabine de projection, il veut même voir le tournage du film, savoir qui l’a tourné. Qui raconte? Nous passons … Lire la suite Le rêve d’Adam

Du péché originel

La guerre intestine qui menace l’homme au cœur même de sa volonté ne saurait être présentée comme celle de la raison et du désir. Les inclinations naturelles, considérées en elles-mêmes, sont bonnes, c’est-à-dire qu’elles ne sont pas à proscrire; il ne serait pas seulement vain, mais encore pernicieux et blâmable de vouloir les extirper; on … Lire la suite Du péché originel

La conscience, c’est maintenant et à nouveau l’âme, et l’Être, qui est autour d’elle plutôt que devant elle, c’est un Être onirique, par définition caché, un être sauvage

Il faut reconnaître sans équivoque la réalité psychique, l'essence intra-subjective des formations morbides, l'opération fantastique qui reconstruit un monde en marge et à l'encontre du monde vrai, une histoire vécue sous l'histoire effective, et qui s'appelle la maladie. D'un autre côté le freudisme confirme la philosophie moderne dans sa description d'une conscience qui n'est pas … Lire la suite La conscience, c’est maintenant et à nouveau l’âme, et l’Être, qui est autour d’elle plutôt que devant elle, c’est un Être onirique, par définition caché, un être sauvage

Rosie Keenan

Tes chansons, quand tu les chantes les deux yeux fermés Comme toujours, sont une route de campagne Dont nous aurions un jour connu chaque virage L’allée bordée d’une haie noircie de moucherons Où tu attendais aux aguets qu’une voiture Approche et passe et te laisse plus seul Que tu ne l’étais avant son passage. Chante … Lire la suite Rosie Keenan

Les noces de l’Esprit et de la Marchandise, une affaire de professionnels

La philosophie est assurément à la mode. Ce fut il y a quelques années le succès des cafés-philo où, avec l'aide d'un Animateur, n'importe qui pouvait venir le dimanche matin débattre des grandes questions de l'existence humaine. Puis vinrent les consultations de philosophie, la philosophie au service de l'entreprise, les semaines philosophiques organisées par diverses … Lire la suite Les noces de l’Esprit et de la Marchandise, une affaire de professionnels

La dénonciation des illusions est le retour, à travers des abstractions nécessaires, à un rapport originaire …

En mettant la Terre en mouvement, Copernic nous a transmis le secret de la fabrication du miroir. Je sais que je suis l’effet de mes propres productions, que l’en-soi dans lequel je me voyais était en fait celui que je parvenais à construire … Le premier paradoxe qui saisit celui qui veut faire ne serait-ce … Lire la suite La dénonciation des illusions est le retour, à travers des abstractions nécessaires, à un rapport originaire …

La Marne

Quand je ne couchais pas chez Marthe, c’est-à-dire presque tous les jours, nous nous promenions après dîner, le long de la Marne, jusqu’à onze heures. Je détachais le canot de mon père. Marthe ramait; moi, étendu, j’appuyais ma tête sur ses genoux. Je la gênais. Soudain, un coup de rame me cognant, me rappelait que … Lire la suite La Marne

Le temps sans passé, sans promesse, des hommes de Babel

Lorsque le petit Yniol, dans Pelléas et Mélisande, s'angoisse et chante: Il fait trop noir. Je vais dire quelque chose à quelqu'un, il ne sait pas clairement ce qu'est la conscience, transcendantale ou non, mais il s'ordonne immédiatement à l'origine: la parole, avec lui, sort de l'ombre, du rien -non qu'il y ait un rien … Lire la suite Le temps sans passé, sans promesse, des hommes de Babel

Une grosse bêtise

Le penser réduit à un appareil mathématique implique la consécration du monde comme sa propre mesure. Horckeimer-Adorno, La dialectique de la raison Claudine avait élaboré au Collège de France une machine empirico-transcendantale. Enfin du sérieux en philosophie! Foin des délires gauchistes! Un petit modèle, qui n’opère que sur des objets de moins d’un kilogramme, sur … Lire la suite Une grosse bêtise

Les accommodements déraisonnables de Charles Taylor

Le cosmopolitisme est, sur le plan politique, un nouvel âge des relations internationales; il est, sur le plan culturel, un nouvel âge des mœurs. Dans le kantisme, ces deux dimensions sont réunies dans une même philosophie de l'histoire: l'histoire de tous les peuples est portée par une même destination, commune à tous les membres de … Lire la suite Les accommodements déraisonnables de Charles Taylor

Ordre médical, ordre social, ordre moral

La médecine, une science? Cette vue est absolument moderne: elle est le résultat d’un véritable séisme épistémologique qui a décidé de son paysage actuel, au terme de deux siècles de secousses multiples. La Praxis medica publiée par G. Baglivi en 1696 se réfère au Chancelier Bacon pour prôner la démarche inductive en médecine: tel est … Lire la suite Ordre médical, ordre social, ordre moral

As-tu jamais peint la couleur des ténèbres à la lueur d’une chandelle ?

Jun'ichirō Tanizaki, Éloge de l'ombre, 1933, traduit par René Sieffert, 1977 Le plus souvent, des patients viennent [en psychanalyse] en souffrance d’une parole empêchée, impossible, qui n’a jamais été dite ou reconnue. Ils se trouvent dans un silence subi, un silence qui n’est pas heureux. Leur silence est assigné. Quand Freud a commencé la cure par … Lire la suite As-tu jamais peint la couleur des ténèbres à la lueur d’une chandelle ?

Faut-il abandonner le concept de citoyen ?

... Ce serait le minimum nécessaire pour affirmer une politique égalitaire dissociée du champ électoral ... La violence liée à la globalisation du capital est abordée par Jacques Rancière dans La Haine de la démocratie (2005). Le philosophe ouvre son pamphlet en déclarant qu’il n’a rien en commun avec ceux qui haïssent la démo­cratie. Où … Lire la suite Faut-il abandonner le concept de citoyen ?

Les sombres verdures et les hêtres verdoyants : ressources pour réconcilier le rêve de l’imagination et le monde réel de la misère …

Un des dons les plus remarquables de Charles Tomlinson est l’extrospection, le désir insatiable de voir, d'entendre, de saisir par l'esprit, ce grand Réel où nous nous trouvons, en disciplinant le moi pour que la poésie, au lieu de faire sa pâture de ces tours et retours de la vie intérieure qui fascinent l'esprit et … Lire la suite Les sombres verdures et les hêtres verdoyants : ressources pour réconcilier le rêve de l’imagination et le monde réel de la misère …

Les Rameaux, une célébration de la démocratie

Penser la démocratie avec la Bible Qu'est-ce que la pureté? On sait que nul ne peut prétendre s’ap­procher du Sanctuaire sans préparation. Les prêtres sont priés de se laver les mains et les pieds pour ne pas mou­rir (Ex. 30,21), la contamination par l’impureté de ce qu’ils ont pu toucher et par celle des lieux … Lire la suite Les Rameaux, une célébration de la démocratie

Chancelier collecteur d’impôts ! Je leur ai appris à polir les pièces de notre machine pensante ! Ils ont bien une forme d’intelligence !

J’employai à cette recherche toute la connaissance que mon inclination et le travail de mes premières études m’ont fait acquérir dans les mathématiques: et, après une profonde méditation, je reconnus que ce secours n’était pas impossible à trouver. Les lumières de la géométrie, de la physique, et de la mécanique m’en fournirent le dessein, et … Lire la suite Chancelier collecteur d’impôts ! Je leur ai appris à polir les pièces de notre machine pensante ! Ils ont bien une forme d’intelligence !

Le secret que murmure le vent dans les branches des saules …

Dans la ville de Lashnik, non loin de Lublin, vivaient un homme et une femme. Lui, c’était Chaïm Nossen. Elle, c’était Taibelé. Ils n’avaient pas de descendance. Non pas que le couple fût stérile: Taibelé avait donné à son époux un fils et deux filles, mais les trois enfants étaient morts bien jeunes, l’un de … Lire la suite Le secret que murmure le vent dans les branches des saules …

Ces explorateurs de nos ruines, ils retrouvent le privilège des chemins qui se perdent comme s’ils arrivaient près du but …

Que se passe-t-il quand on arrive dans un pays dont on ne connaît que très peu l'idiome, mais dont on voit dans les temples, sur les chemins, des œuvres qui atteignent à des sommets du sentiment ou de la vie spirituelle, et existent ainsi en avant de nous: dans l'absolu, croirait-on, comme le Sphinx des … Lire la suite Ces explorateurs de nos ruines, ils retrouvent le privilège des chemins qui se perdent comme s’ils arrivaient près du but …

Un cerf qui tombe, c’est toi qu’il prend à témoin, toi qui as des yeux et ne vois pas que notre monde va finir

Les saisons, la montée des sèves, les couvées et les chants, la vibration des millions d’ailes dans la torpeur des étés, le crépitement des gousses mûres qui éclatent par la genêtière, la houle des vents d’équinoxe où criaillent dans la nuit, loin au-dessus des cimes grondantes, les grands vols de migrateurs, la lente chute balancée, … Lire la suite Un cerf qui tombe, c’est toi qu’il prend à témoin, toi qui as des yeux et ne vois pas que notre monde va finir

Au fond des bois de Shinoda, là où nait une source …

Dehors, la nuit était exquise, le chemin ameubli par ces légères pluies de mai qui pas­sent et s’en vont. Elle m’a rejoint dans la rue pour me rendre le linge et la savonnette -je sortais du bain public- que j’avais oubliés sur le comptoir. Elle a fait quelques pas à mes côtés, en silence. Vingt-cinq, … Lire la suite Au fond des bois de Shinoda, là où nait une source …