L’espace et le temps ne se donnent pas sur le mode quantitatif mais s’articulent à travers le franchissement de seuils qualitatifs. C’est pourquoi la pensée est indissociablement une technique de la vie, au sens que lui donne l’anthropologue Maurice Leenhardt à propos de l’appréhension du temps par les Canaques de Mélanésie. Le Canaque ne donne … Lire la suite L’obscurité est favorable à la sortie des dieux
Catégorie : L’Être sauvage
1 Éliminons les Nègres pour augmenter notre puissance et parler avec les fantômes
Les nègres n'ont rien d'analogue [à l'humanité blanche]. Ils continuent, même au milieu des Blancs, à vivre une existence végétative, sans rien produire que de l'acide carbonique et de l'urée ... Lorsqu’il s’agira de la race jaune, et, à plus forte raison, de la race noire, pour conserver, et surtout pour augmenter notre puissance mentale, … Lire la suite 1 Éliminons les Nègres pour augmenter notre puissance et parler avec les fantômes
Aristote : l’âme est en quelque façon toutes choses.
Qu’est-ce qu’un sujet? La question ne peut être posée. Un sujet, précisément, n’est pas quelque chose. Il n’est pas quelque chose et il n’est pas, si du moins on donne à être la valeur d’une forme d’ontologie substantielle. Le sujet n’est pas comme une chose est; il n’est pas non plus comme un être est, … Lire la suite Aristote : l’âme est en quelque façon toutes choses.
Néglige ceux aux yeux de qui l’homme passe pour n’être qu’une étape de la couleur sur le dos tourmenté de la terre
Qu'ils dévident leur longue remontrance.L'encre du tisonnier et la rougeur du nuage ne font qu'un. René Char André Pichot appelle disjonction d’évolution la discontinuité physico-chimique qui surgit entre le vivant actuel et l’environnement actuel, le déphasage causé par deux évolutions disjointes (celle du vivant et celle de l’environnement) qui sont maintenant en relation. Deux histoires … Lire la suite Néglige ceux aux yeux de qui l’homme passe pour n’être qu’une étape de la couleur sur le dos tourmenté de la terre
Ce n’est pas en s’oppoant au dispositif éco-technique qu’on pourra sortir de ses désastres, mais en orientant le possible qu’il déverrouille …
On trouve clairement dans la philosophie de Heidegger l’idée selon laquelle il s’agit désormais de penser la question de l’être à partir de la consommation de l’étant: Les slogans de mai 1968 contre la société de consommation vont-ils jusqu’à reconnaître dans la consommation le visage actuel de l’être? Nouvelle figuration de l’être qui porte précisément … Lire la suite Ce n’est pas en s’oppoant au dispositif éco-technique qu’on pourra sortir de ses désastres, mais en orientant le possible qu’il déverrouille …
1 Un animiste cartésien
Né en 1983, Baptiste Morizot est philosophe et enseigne à l’université d’Aix-Marseille. Il a publié en 2016 Diplomates. Cohabiter avec les loups sur une autre carte du vivant, et, en 2018, Sur la piste animale. Son dernier livre, Manières d’être vivant a été publié chez Actes Sud. L'animisme, qui implique une négociation quotidienne avec d’autres … Lire la suite 1 Un animiste cartésien
Finir chasseur
Imaginez une société qui porterait comme valeur la reconnaissance de notre statut d’êtres errants, d’êtres qui bivouaquent mais n’habitent pas, qui dérivent au lieu de s’installer, qui ont perdu leur statut d’exception pour devenir des êtres extraordinaires en compagnie d’autres êtres extraordinaires. Et maintenant imaginez comment la technologie pourrait être mise au service de cette … Lire la suite Finir chasseur
La culture était latente dans la nature
Le biface est l’une des choses les plus étranges et les plus énigmatiques de la préhistoire. J’ai devant moi, pendant que j’écris ces lignes, une reproduction exécutée sur ma demande par un artisan professionnel de la pierre. C’est un objet magnifique, parfaitement exécuté, mais dont l’utilité est loin d’être évidente. Il tient exactement dans la … Lire la suite La culture était latente dans la nature
1 L’Être est cela qui demande de nous création pour que nous en ayons connaissance …
Rauschenberg demande en 1953 un tableau à Willem De Kooning, afin de le goudronner et d’en faire une de ses œuvres, en l’effaçant. De Kooning le lui accorde, et choisit même un dessin qu’il lui sera difficile d’effacer avec art -c'est-à-dire de produire par effacement une autre œuvre, et non pas seulement de la détruire … Lire la suite 1 L’Être est cela qui demande de nous création pour que nous en ayons connaissance …
2 A l’improbable, c’est-à-dire à ce qui est …
L’Ego qui dit ce qu’il comprend dans une figure mathématique ne se saisit que comme pensant. Mais, si je n’étais pas effectivement existant, comme un individu, comment pourrais-je échapper au doute relativement à ce que je pense, comment même pourrais-je jamais me tromper? Si je doute, si je pense, c’est parce que je suis saisi … Lire la suite 2 A l’improbable, c’est-à-dire à ce qui est …
3 Vers les profondeurs, les insondables profondeurs du souffle primordial …
Être libre n’est pas être sans liens, sans dépendances, sujet absolu désengagé, mais pouvoir créer une expérience qui permette de poursuivre, de sortir des impasses. L’idée d’une individuation de la liberté est contraire à cette conception. Merleau-Ponty et Sartre adoptent à ce propos deux perspectives très différentes. Selon Sartre, la liberté rend possible l'action; selon … Lire la suite 3 Vers les profondeurs, les insondables profondeurs du souffle primordial …
1 Qu’est-ce que Clara ? Les marronniers en fleurs
De Platon à Heidegger, la philosophie a beaucoup parlé en dialogues, comme si ce type d’échange où chacun engage son manque et sa (vraie ou fausse) plénitude constituait pour elle un langage de référence dont tout système monologué doit, un jour ou l’autre, faire l’épreuve. Clara -un dialogue, précise le titre- illustre cette tradition de … Lire la suite 1 Qu’est-ce que Clara ? Les marronniers en fleurs
2 Si au sein même de la nuit une lumière se levait, si un jour nocturne et une nuit transfigurée nous entouraient tous, ce serait là le comble de tous nos vœux …
Le philosopher s'éveille avec le sentiment de la rude écorce du fini, sous laquelle l'infini se trouve enchainé, et en quelque sorte enseveli ... Le dialogue semble concerner un unique objet -le problème éternellement pressant de l’immortalité de l’âme. On peut certes justifier ce choix par la situation personnelle de Schelling, au lendemain de la … Lire la suite 2 Si au sein même de la nuit une lumière se levait, si un jour nocturne et une nuit transfigurée nous entouraient tous, ce serait là le comble de tous nos vœux …
3 La terre est une ruine, où les animaux séjournent comme des fantômes …
A la nature nous opposons bien le monde des esprits? Elle acquiesça. Et nous pouvons voir en l’homme la charnière entre les deux mondes? Elle tomba d’accord sur ce point aussi. Ainsi, ne devrions-nous pas considérer comme un arrêt divin que cette nature s’élève jusqu’à l’homme pour trouver précisément en lui le point de réunion … Lire la suite 3 La terre est une ruine, où les animaux séjournent comme des fantômes …
Loin que le sensible s’oppose à l’intelligible, ils sont enchevêtrés l’un à l’autre, dans le même tissu …
Le monde qui est le noyau du temps ne subsiste et n'existe que par un mouvement qui disjoint l'apprésenté du présent et les compose à la fois; le réel se retire dans sa donation et se donne dans son retrait, et le monde est l'un des noms de ce lien insécable de la donation et … Lire la suite Loin que le sensible s’oppose à l’intelligible, ils sont enchevêtrés l’un à l’autre, dans le même tissu …
2 Le Verbe ne fait qu’un avec le temps originaire …
Reconnaissons d’abord qu’une telle lecture -l'imagination comme pouvoir originaire antérieur à la dualité de l’entendement et de la sensibilité- contredit sans aucun doute à la lettre du kantisme; ce qui scandalisa grandement Jean Lacroix, dans son beau Que-Sais-Je? sur Kant! Ainsi, dans l’analyse de la troisième synthèse, celle qui a pour objet la recognition dans … Lire la suite 2 Le Verbe ne fait qu’un avec le temps originaire …
La conscience, c’est maintenant et à nouveau l’âme, et l’Être, qui est autour d’elle plutôt que devant elle, c’est un Être onirique, par définition caché, un être sauvage
Il faut reconnaître sans équivoque la réalité psychique, l'essence intra-subjective des formations morbides, l'opération fantastique qui reconstruit un monde en marge et à l'encontre du monde vrai, une histoire vécue sous l'histoire effective, et qui s'appelle la maladie. D'un autre côté le freudisme confirme la philosophie moderne dans sa description d'une conscience qui n'est pas … Lire la suite La conscience, c’est maintenant et à nouveau l’âme, et l’Être, qui est autour d’elle plutôt que devant elle, c’est un Être onirique, par définition caché, un être sauvage
La nature est au premier jour
Aucune pensée ne peut se détacher du contexte historique et intime, des structures multiples, linguistiques et sociales dans lesquelles elle s’inscrit, principalement à son insu. Est-il encore possible de parler de vérité? Les sciences exactes sont confrontées à une difficulté analogue. Elles aussi, doivent renoncer à l’idéal du spectateur absolu et désintéressé. Le théorème de … Lire la suite La nature est au premier jour
Natura naturans
La culture est encore le seul remède à la crise de la culture: si l'homme est bien seul, entre ces deux absolus que sont l'animal et Dieu, à devenir imbécile, il est aussi le seul à être perfectible. L'imbécillité est la rançon de la perfectibilité, c'en est même peut-être la condition: il y a du … Lire la suite Natura naturans
Humanisme : l’homme est transcendant par rapport à l’animal enclos dans sa différence, parce qu’il traverse toutes les espèces, les assume et les fait communiquer …
Montaigne ne songe au départ qu'à prémunir l'homme contre la cruauté à l'endroit de ses semblables. N'est-ce pas un meurtre symbolique que d'offrir en sacrifice des bêtes, ce qui revient à payer Dieu en peinture et en ombrage? N'est-ce point faire preuve d'une propension naturelle à la cruauté que de courir le cerf? Quand on … Lire la suite Humanisme : l’homme est transcendant par rapport à l’animal enclos dans sa différence, parce qu’il traverse toutes les espèces, les assume et les fait communiquer …
Descartes: prétendre que Dieu est assujetti à la nécessité, c’est le voir comme un Saturne soumis à quelque Styx
Tout au long de son œuvre prolifique, Stephen Jay Gould insiste sur l'importance cruciale des détails, de faits à première vue mineurs dont le rôle décisif n'apparaît qu'après coup. La longue histoire qui conduit de l'origine de la vie à l'homme est jalonnée d'événements qui ne prennent leur relief que considérés de notre point de … Lire la suite Descartes: prétendre que Dieu est assujetti à la nécessité, c’est le voir comme un Saturne soumis à quelque Styx