Le temps ne me fait pas peur M'a dit le boucher Coupant, hachant, accrochant. Pas question de rester au ciel, C'est ici-bas que j'habiterai toujours. Il me regardait, frottant Ses mains sanglantes Contre le blanc du tablier. Ma maison est près de l'étang Je pêche toute la nuit Des anguilles et des lunes Son coup … Lire la suite La nuit je mens je cours à travers la plaine
Catégorie : Poésie
Au delà des murailles de flamme qui entourent le monde
Alors qu'aux yeux de tous, l'humanité traînait sur terre une vie abjecte, écrasée sous le poids d'une religion dont le visage, se montrant du haut des régions célestes, menaçait les mortels de son aspect horrible, le premier, un Grec, un homme!, osa lever ses yeux mortels contre elle, et contre elle se dresser. Loin de … Lire la suite Au delà des murailles de flamme qui entourent le monde
Par une nuit de soleil éclatant. Je suis dans la forêt et regarde ma maison aux murs couleurs de brume …
... Son bois est imprégné de quatre couches de joie et de trois couches de douleur. Quand celui qui l'a habitée meurt, on repeint la maison. Le mort la peint lui-même, sans pinceau, du dedans. De l'autre côté, il y a un terrain découvert. Un ancien jardin, aujourd'hui à l'abandon. Des brisants immobiles d'herbes folles, … Lire la suite Par une nuit de soleil éclatant. Je suis dans la forêt et regarde ma maison aux murs couleurs de brume …
Ce n’est pas moi qui ai tracé toutes ces lignes …
Détrompez-vous: Ce n’est pas moi qui ai tracé toutes ces lignes Mais, tel jour, une aigrette ou une pluie, Tel autre, un tremble, Pour peu qu’une ombre aimée les éclairât. Philippe Jacottet Gérard de Palézieux
Honoré parmi les renards et les faisans de la maison de la jeunesse
Sous les larges branches des pommiers Autour de la maison mélodieuse Heureux de voir l’herbe si verte, la nuit par-dessus Le Temps me donna de grimper couvert d‘or Fêté honoré parmi les chariots j’étais devenu le prince des villes des pommes Majestueusement, je possédais et les arbres et les feuilles Les chemins avec les marguerites … Lire la suite Honoré parmi les renards et les faisans de la maison de la jeunesse
Dans ces monts où le bois est dur comme les marbres
J’ai trouvé quelquefois, parmi les plus beaux arbres De ces monts, où le bois est dur comme les marbres, De grands chênes blessés, mais où les bûcherons, Vaincus, avaient laissé leur hache dans les troncs. Le chêne, dans son nœud la retenant de force, Et recouvrant le fer d’un bourrelet d’écorce, Grandissait, élevant vers le … Lire la suite Dans ces monts où le bois est dur comme les marbres
Et tu roules à nouveau vers la frontière de l’écriture
Un cercle de vide Quand la voiture marque l’arrêt La troupe contrôle Le numéro de la plaque Un soldat se penche à la portière Tu en vois d’autres sur la colline Qui t’observent derrière leurs mitrailleuses Tout n’est que pure interrogation Un fusil bouge et tu avances Avec prudence, détaché Plus vide, plus fatigué Par … Lire la suite Et tu roules à nouveau vers la frontière de l’écriture
Déconstruire dit-elle
Abbau: démontage. Abbau einer frestum: démantèlement d’une forteresse. Abbau von Beamten: suppression de personnel. Abbau-halde: exploitation minière, front de mine. En chimie: désintégration moléculaire. Décomposition, séparation, analyse. Derrida traduit Abbau par Déconstruction, attesté par Littré: déconstruire un poème est le transcrire en prose. Chez Luther, Abbauen -plier une tente- veut dire ôter les commentaires stratifiés … Lire la suite Déconstruire dit-elle
La naissance de la parole
Nous étions entrés dans un ravin dont le fond embroussaillé est jonché de pierres grises, ou rouges, qui semblent porter des marques. Et d'étés en étés nous avons déplacé beaucoup de ces belles plaques de safre, dégageant de la mousse qui les recouvre des lignes, des entailles, dont nous rêvions que c'étaient des signes. Que … Lire la suite La naissance de la parole
Dans cent mille ans
Les anciens animaux jaillissaient fût-ce en course, sur la voûte céleste Qu'une flèche évoquait d'arche en arche sur la lagune verte, pour le regard d'un coq Et le corps de l'Enfant Cloué La Constellation de la Faux Des potences, des roues, des billots écarlates, dans la cour cendreuse A l'heure où les grands archers chassaient … Lire la suite Dans cent mille ans
Danse en rêve, jeune fille
Jeune fille en mal de mariage, si vous vient le désir de voir votre futur époux en songe, voici ce qu'il faut accomplir soigneusement, dans l'ordre exact. Les neuf derniers jours de janvier matin et soir allez prier devant l'autel de votre église. Au premier du mois de février, confessez-vous, communiez, rentrez paisiblement chez vous. … Lire la suite Danse en rêve, jeune fille
Voyez, dis-je à mon ami, ces gens ne sont pas de la même religion que vous, ils voient autrement les couleurs
Mais où avais-je pris qu'il y avait eu un ami? Je ne voyais autour de moi maintenant que des inconnus, hommes et femmes pressés qui poussaient sur le pont leurs grosses valises. Des débris de rubans, vestiges de la joie et de l'espérance, se dissipaient sous leurs pieds dans les flaques jetées par l'embrun nocturne. … Lire la suite Voyez, dis-je à mon ami, ces gens ne sont pas de la même religion que vous, ils voient autrement les couleurs
Ma mémoire, monsieur, est comme un tas d’ordures
Je me le rappelle (je n'ai pas le droit de prononcer ce verbe sacré; un seul homme au monde eut ce droit et cet homme est mort) une passionnaire sombre à la main, voyant cette fleur comme aucun être ne l'a vue, même s'il l'a regardée du crépuscule de l'aube au crépuscule du soir, toute … Lire la suite Ma mémoire, monsieur, est comme un tas d’ordures
Que les loups se vivent de vent
Dans l'œuvre de Villon il n'y a ni jardins, ni printemps. La pluie, le vent, le soleil des misérables frappent avec la même tranquille dureté les murs et les portes des cabarets, les murailles fortes et les barreaux des prisons, où Villon, de force ou de gré, repose son maigre corps, son cœur sans honte. … Lire la suite Que les loups se vivent de vent
Moi je m’argente, je brasille
L'un est fait de pierre, l'autre d'argile Et moi je m'argente, je brasille, Varier est mon affaire, Marina mon nom, Moi périssable écume de la mer. L'un est fait d'argile, l'autre de chair, Pour eux, les cercueils, les dalles funéraires, Au baptistère marin, moi je fus ondoyée. Et dans mon envolée, constamment rompue! À travers … Lire la suite Moi je m’argente, je brasille
Garde à jamais sauve ma parole pour son arrière-goût de malheur et de fumée
Pour la résine de commune endurance, pour le probe goudron du travail L'eau dans les puits de Novgorod sera noire et liquoreuse Pour qu'à Noël s'y reflète l'étoile aux sept nageoires. En retour, père mien, mon ami, mon aide de rudesse, Je -frère méconnu, mis hors la loi du cercle de son peuple- Promets de … Lire la suite Garde à jamais sauve ma parole pour son arrière-goût de malheur et de fumée
Ce que demandent les Muses à Jupiter, leur Père: la connaissance de la marche des astres et la justice dans la Cité
Donne-nous mon père, dit-elle, Père, dit-elle, donne-nous, Que notre chanson immortelle Passe en douceur le sucre doux! Fais-nous princesses des montagnes, Des antres, des eaux et des bois, Et que les prés et les campagnes S’animent dessous notre voix. Donne-nous cette double grâce De fouler l’enfer odieux Et de savoir la courbe trace Des feux … Lire la suite Ce que demandent les Muses à Jupiter, leur Père: la connaissance de la marche des astres et la justice dans la Cité
Manants résignés et funèbres
De ce terrain que vous fouillez, Manants résignés et funèbres, De tout l'effort de vos vertèbres, Ou de vos muscles dépouillés, Dites, quelle moisson étrange, Forçats arrachés au charnier, Tirez-vous, et de quel fermier Avez-vous à remplir la grange? Voulez-vous (d'un destin trop dur Épouvantable et clair emblème!) Montrer que dans la fosse même Le … Lire la suite Manants résignés et funèbres
Prière du Soir
Dans l'épais des ombres funèbres, Parmi l'obscure nuit, image de la mort, Astre de nos esprits, sois l'étoile du Nord, Flambeau de nos ténèbres. Délivre-nous des vains mensonges Et des illusions des faibles en la foi: Que le corps dorme en paix, que l'esprit veille à toi, Pour ne veiller à songes. Le corps repose … Lire la suite Prière du Soir
Le mystère que rien ne dompte, à même le sol dans l’étable
Aujourd'hui et comme toujours je peux les voir Par les yeux de l'esprit, Pâles, insatisfaits dans leurs lourdes étoffes peintes, Paraître, disparaître dans le gouffre du bleu du ciel. Ils ont des faces usées de pierre, mangées de pluies Dans la vague serrée des heaumes d'argent, Et ces yeux qui veulent encore. Qu'espèrent-ils? Insatisfaits de … Lire la suite Le mystère que rien ne dompte, à même le sol dans l’étable
L’humanisme est un existentialisme
J'ai l'esprit tout ennuyé D'avoir trop étudié Les Phénomènes d'Arate Il est temps que je m'ébatte Et que j'aille aux champs jouer. Bons Dieux! Qui voudrait louer Ceux qui, collés sur un livre, N'ont jamais souci de vivre? Que nous sert l'étudier, Sinon de nous ennuyer Et soin dessus soin accroître, À nous qui serons … Lire la suite L’humanisme est un existentialisme
De ses gens Malhoub s’est vidé …
Et Qutâbiyyât et Dhanoub Et Râqis et Thou'Alibât Et Dhât Firqayn et Qalîb Et Arda et Qafâ Hibirr Il n'y a plus âme qui vive! Les gens: remplacés par des bêtes! Leur état: changé par les choses! Terre héritée de tant de maux, Quiconque y séjourne a la guerre. Ou bien est tué ou ruiné … Lire la suite De ses gens Malhoub s’est vidé …
Sirandane? Sampek!
Il y a des milliers d'années, la nuit, autour d'un feu, dans une caverne, hommes, femmes, enfants s'exercent à cet art des devinettes qui les fait rêver, qui chasse toutes les peurs et crée tous les mystères.Beaucoup de peuples ont cultivé cet art des questions et des réponses. Pour eux, cela se mêlait à l'imaginaire … Lire la suite Sirandane? Sampek!
Une atteinte démoniaque à la réalité humaine en son droit le plus essentiel …
Je pense à ces images qu'a, depuis maintenant bien des années, rendues possibles la photographie optique puis digitale, en ses innombrables activités dérivées. Ces milliards d'images pseudo-exactes, avec toujours plus de manipulations, de distorsions, font éclater l'identité de l'être humain à lui-même. Car ce n'est pas la nature extérieure qui est modifiée cette fois, c'est … Lire la suite Une atteinte démoniaque à la réalité humaine en son droit le plus essentiel …
Dans le velours de la nuit soviétique
Qui peut délier la barque à la dérive Entendre l’ombre Vaincre la peur dans cette vie dormante Seuls à présent les baisers nous demeurent, Des abeilles minuscules Mourant hors de leur ruche Et qui murmurent dans les fourrés de la nuit Leur pain: le temps la luzerne et la menthe Prends mon présent sauvage Le … Lire la suite Dans le velours de la nuit soviétique