Au delà des murailles de flamme qui entourent le monde

Alors qu'aux yeux de tous, l'humanité traînait sur terre une vie abjecte, écrasée sous le poids d'une religion dont le visage, se montrant du haut des régions célestes, menaçait les mortels de son aspect horrible, le premier, un Grec, un homme!, osa lever ses yeux mortels contre elle, et contre elle se dresser. Loin de … Lire la suite Au delà des murailles de flamme qui entourent le monde →

Par une nuit de soleil éclatant. Je suis dans la forêt et regarde ma maison aux murs couleurs de brume …

... Son bois est imprégné de quatre couches de joie et de trois couches de douleur. Quand celui qui l'a habitée meurt, on repeint la maison. Le mort la peint lui-même, sans pinceau, du dedans. De l'autre côté, il y a un terrain découvert. Un ancien jardin, aujourd'hui à l'abandon. Des brisants immobiles d'herbes folles, … Lire la suite Par une nuit de soleil éclatant. Je suis dans la forêt et regarde ma maison aux murs couleurs de brume … →

Honoré parmi les renards et les faisans de la maison de la jeunesse

Sous les larges branches des pommiers Autour de la maison mélodieuse Heureux de voir l’herbe si verte, la nuit par-dessus Le Temps me donna de grimper couvert d‘or Fêté honoré parmi les chariots j’étais devenu le prince des villes des pommes Majestueusement, je possédais et les arbres et les feuilles Les chemins avec les marguerites … Lire la suite Honoré parmi les renards et les faisans de la maison de la jeunesse →

Dans ces monts où le bois est dur comme les marbres

J’ai trouvé quelquefois, parmi les plus beaux arbres De ces monts, où le bois est dur comme les marbres, De grands chênes blessés, mais où les bûcherons, Vaincus, avaient laissé leur hache dans les troncs. Le chêne, dans son nœud la retenant de force, Et recouvrant le fer d’un bourrelet d’écorce, Grandissait, élevant vers le … Lire la suite Dans ces monts où le bois est dur comme les marbres →

Et tu roules à nouveau vers la frontière de l’écriture

Un cercle de vide Quand la voiture marque l’arrêt La troupe contrôle Le numéro de la plaque Un soldat se penche à la portière Tu en vois d’autres sur la colline Qui t’observent derrière leurs mitrailleuses Tout n’est que pure interrogation Un fusil bouge et tu avances Avec prudence, détaché Plus vide, plus fatigué Par … Lire la suite Et tu roules à nouveau vers la frontière de l’écriture →

Déconstruire dit-elle

Abbau: démontage. Abbau einer frestum: démantèlement d’une forteresse. Abbau von Beamten: suppression de personnel. Abbau-halde: exploitation minière, front de mine. En chimie: désintégration moléculaire. Décomposition, séparation, analyse. Derrida traduit Abbau par Déconstruction, attesté par Littré: déconstruire un poème est le transcrire en prose. Chez Luther, Abbauen -plier une tente- veut dire ôter les commentaires stratifiés … Lire la suite Déconstruire dit-elle →

Voyez, dis-je à mon ami, ces gens ne sont pas de la même religion que vous, ils voient autrement les couleurs

Mais où avais-je pris qu'il y avait eu un ami? Je ne voyais autour de moi maintenant que des inconnus, hommes et femmes pressés qui poussaient sur le pont leurs grosses valises. Des débris de rubans, vestiges de la joie et de l'espérance, se dissipaient sous leurs pieds dans les flaques jetées par l'embrun nocturne. … Lire la suite Voyez, dis-je à mon ami, ces gens ne sont pas de la même religion que vous, ils voient autrement les couleurs →

Garde à jamais sauve ma parole pour son arrière-goût de malheur et de fumée

Pour la résine de commune endurance, pour le probe goudron du travail L'eau dans les puits de Novgorod sera noire et liquoreuse Pour qu'à Noël s'y reflète l'étoile aux sept nageoires. En retour, père mien, mon ami, mon aide de rudesse, Je -frère méconnu, mis hors la loi du cercle de son peuple- Promets de … Lire la suite Garde à jamais sauve ma parole pour son arrière-goût de malheur et de fumée →

Ce que demandent les Muses à Jupiter, leur Père: la connaissance de la marche des astres et la justice dans la Cité

Donne-nous mon père, dit-elle, Père, dit-elle, donne-nous, Que notre chanson immortelle Passe en douceur le sucre doux! Fais-nous princesses des montagnes, Des antres, des eaux et des bois, Et que les prés et les campagnes S’animent dessous notre voix. Donne-nous cette double grâce De fouler l’enfer odieux Et de savoir la courbe trace Des feux … Lire la suite Ce que demandent les Muses à Jupiter, leur Père: la connaissance de la marche des astres et la justice dans la Cité →

Manants résignés et funèbres

De ce terrain que vous fouillez, Manants résignés et funèbres, De tout l'effort de vos vertèbres, Ou de vos muscles dépouillés, Dites, quelle moisson étrange, Forçats arrachés au charnier, Tirez-vous, et de quel fermier Avez-vous à remplir la grange? Voulez-vous (d'un destin trop dur Épouvantable et clair emblème!) Montrer que dans la fosse même Le … Lire la suite Manants résignés et funèbres →

Le mystère que rien ne dompte, à même le sol dans l’étable

Aujourd'hui et comme toujours je peux les voir Par les yeux de l'esprit, Pâles, insatisfaits dans leurs lourdes étoffes peintes, Paraître, disparaître dans le gouffre du bleu du ciel. Ils ont des faces usées de pierre, mangées de pluies Dans la vague serrée des heaumes d'argent, Et ces yeux qui veulent encore. Qu'espèrent-ils? Insatisfaits de … Lire la suite Le mystère que rien ne dompte, à même le sol dans l’étable →

Une atteinte démoniaque à la réalité humaine en son droit le plus essentiel …

Je pense à ces images qu'a, depuis maintenant bien des années, rendues possibles la photographie optique puis digitale, en ses innombrables activités dérivées. Ces milliards d'images pseudo-exactes, avec toujours plus de manipulations, de distorsions, font éclater l'identité de l'être humain à lui-même. Car ce n'est pas la nature extérieure qui est modifiée cette fois, c'est … Lire la suite Une atteinte démoniaque à la réalité humaine en son droit le plus essentiel … →