Ici est le pays lointain Que l’on nomme Koshi Il y tombe une neige abondante C’est une province frontière Aussi lointaine que les cieux Les montagnes sont hautes Et les rivières, longues, luisent au loin Les landes sont vertes Et l’herbe y croît en abondance Au plein de l’été Quand les truites se faufilent Les … Lire la suite Une province frontière
Catégorie : Poésie
Night flower
Les rêves sont la seule Vie future que nous connaissions; Le lieu où les enfants Que nous avons été Sont bercés dans les bras des enfants Que nous sommes devenus. Ils sont aussi nombreux que des feuilles Dans leurs migrations, Que des oiseaux dont nous apprenons la mort Par une simple plume Laissée derrière eux: … Lire la suite Night flower
Ton premier temple
Tu dors, la lèvre offerte aux ruches de l’été Le monde à tes flancs nus se meut Tes seins soulèvent le ciel, tandis que tu respires un sommeil Plus vaste que la mer où flottent ces lointains futurs Sentant l’orage Le sanctuaire Des noms que Dieu rêve en secret Quand elle ouvre les yeux, midi … Lire la suite Ton premier temple
Une fois l’an, nos frères loups vont à la messe
Un homme la servit. Voici l'histoire. A Mauvezin était un forgeron. A l'âge où les enfants vont à la communale, le soir après l'école il apprit son métier à l'aîné de ses fils. Quand le garçon eut ses vingt ans: - Bon vent, lui dit son père. Prends femme, ouvre ta forge et ne courbe … Lire la suite Une fois l’an, nos frères loups vont à la messe
Le désert croît. Oui, mais un peintre d’icônes, en Amérique …
Des icônes de la Déréliction, de l’Absence. Mais par là-même de la nostalgie, de l’Attente! Cet invincible souci de la Substance, au-delà de notre jeu sans joie sur les signes, on en saura gré à Edward Hopper, bientôt, dans les Temps Nouveaux, après le désastre. Dans Girl at Sewing Machine, c’est une belle journée d’été, … Lire la suite Le désert croît. Oui, mais un peintre d’icônes, en Amérique …
Moi qui avais tant cherché! Dans les villages au crépuscule, derrière la porte entrebaillée des églises dont on a fait des garages, aux carrefours herbeux des campagnes profondes …
C’est en Italie que j’ai appris, non à rêver -cela vient avec le langage- mais à attendre du rêve ce qui va faire la preuve que l’existence a un sens. Cette proposition pourra étonner; et d’abord paraître obscure. Mais remarquons qu’il y a deux niveaux dans les hantises de la parole inconsciente. Un, bien connu, … Lire la suite Moi qui avais tant cherché! Dans les villages au crépuscule, derrière la porte entrebaillée des églises dont on a fait des garages, aux carrefours herbeux des campagnes profondes …
Toi qui frémissais toujours je ne sais de quelle colère
Il n’aurait fallu Qu’un moment de plus Pour que la mort vienne Mais une main nue Alors est venue Qui a pris la mienne Qui donc a rendu Leurs couleurs perdues Aux jours aux semaines Sa réalité A l’immensité Des choses humaines Moi qui frémissais Toujours je ne sais De quelle colère Deux bras ont … Lire la suite Toi qui frémissais toujours je ne sais de quelle colère
Ceux qui rêvent le soir, devant leur porte assis, de s’en aller dans les étoiles !
Tu marches donc sans cesse! Oh! Que n’es-tu de ceux Qui donnent pour limite à leurs pieds paresseux Leur toit de branches ou de toiles! Qui, rêveurs, sans en faire, écoutent les récits, Et souhaitent, le soir, devant leur porte assis, De s’en aller dans les étoiles! Le fer de ton cheval arrache aux durs … Lire la suite Ceux qui rêvent le soir, devant leur porte assis, de s’en aller dans les étoiles !
Un coup de blues
Ma vie s’en va consumée Et tout ainsi qu’une fumée Je vois évanouir mes jours. Mes os, comme sèche broussaille, Sont arides, et sans vigueur Je suis froissé comme la paille, Et mon cœur est sec de langueur. Vrai Pélican, je deviens lâche Cherchant les lieux moins fréquentés Semblable au Hibou qui se cache Dans … Lire la suite Un coup de blues
Quand vous foulerez ce bouquet d’orties qui avait été moi dans un autre siècle …
Extraits ... A l’ombre de nos pas perdus, se pose aujourd’hui encore la question bien humaine de résister. Le parcours commémoratif présenté ici propose une réponse possible entre les temps qui nous bousculent. Il réunit poèmes, témoignages vivants et lieux de mémoire autour de la Résistance. Bien qu’il s’y réfère explicitement, il ne se limite … Lire la suite Quand vous foulerez ce bouquet d’orties qui avait été moi dans un autre siècle …
Pourquoi tu aimes les banlieues de l’aube à l’aurore, les friches au crépuscule et les usines abandonnées …
Ce qui m’anime, obstinément me hante, c’est de tenter d’atteindre le monde sans mon approche couvrante: le monde sans moi. Est-ce possible? Il me semble que non. Mais le monde peut parfois faire un pas vers nous. Et peut-être, mais ce n’est qu’une hypothèse que je risque: de même que le corps s’ouvre en ses profondeurs … Lire la suite Pourquoi tu aimes les banlieues de l’aube à l’aurore, les friches au crépuscule et les usines abandonnées …
Pour éclairer les jours antérieurs à nos jours
De temps à autre j’alimentais le feu en y posant une racine. La racine craquait; le foyer, assombri d’abord, chauffait le bois. L’écorce fendue s’enflammait et, sur la braise incandescente, une langue vive montait, qui se balançait dans l’air noir, comme l’âme même du feu. Cette créature vivait au ras du sol, sur son vieux … Lire la suite Pour éclairer les jours antérieurs à nos jours
Je lance des flèches dans la nuit Georgia
Je ne dors pas Georgia Je lance des flèches dans la nuit Georgia J’attends Georgia Le feu est comme la neige Georgia La nuit est ma voisine Georgia J’écoute les bruits tous sans exception Georgia Je vois la fumée qui monte et qui fuit Georgia Je marche à pas de loup dans l’ombre Georgia Je … Lire la suite Je lance des flèches dans la nuit Georgia
Χριστός Ανέστη
Hier au soir j’ai rencontré le Christ En haillons qui mendiait dans un coin Il était maigre et blême Dans le froid âpre de cet hiver Pas rasé claquant des dents Une affreuse toux lui déchirant sans pitié la poitrine On s’est assis sur un banc, j’ai sorti de mon manteau du cognac Je me … Lire la suite Χριστός Ανέστη
Tilia cordata vulgaris
Un arbre semble avoir été particulièrement admiré des populations médiévales: le tilleul. Les auteurs ne lui trouve que des qualités; jamais, cas unique à ma connaissance, il n'est pris en mauvaise part. On admire en premier lieu sa majesté, son opulence, sa longévité. En Allemagne, plusieurs documents nous parlent de tilleuls ayant à la base … Lire la suite Tilia cordata vulgaris
L’automne a sauté sur nous comme un renard …
... Il y eut une sorte de bond souple qu'on entendit tomber sur la terre au cours d'une nuit. Le lendemain, l'automne était là. Il commença par se vautrer lentement dans les prés. Il se frottait contre les barrières de peupliers et il laissait de son poil à tous les arbres. En se débattant, il … Lire la suite L’automne a sauté sur nous comme un renard …
Mon pays chat sauvage
Langue rocaille Langue rapace D’une fissure de la montagne Sourd une eau discordante Au goût âcre Et doux Pour vivre vraiment Je me prive mille fois Mille et mille fois Tous les jours De votre faculté à connaitre les fins Ossip Mandestam Hercule Seghers
Peu soucieux des tableaux et de la vieillesse
En classe d’Éthique, il y a bien des années, Notre professeur nous posait cette question chaque automne: S'il y avait le feu dans un musée Qui sauveriez-vous, un tableau de Rembrandt Ou une vieille dame à qui de toute façon Il resterait peu d'années à vivre? Impatients sur nos chaises dures Peu soucieux des tableaux … Lire la suite Peu soucieux des tableaux et de la vieillesse
Buongiorno Notte
Moi je m’en vais, je te laisse dans le soir Qui, triste pourtant, descend avec douceur Pour nous autres vivants, avec la clarté cendrée Que le quartier retient dans sa pénombre Et qui le transfigure. Le fait plus grand, et vide Alentour, et, plus loin, le rallume D’une vie ardente qui du rocailleux Brinquebalement des … Lire la suite Buongiorno Notte
Un fantôme l’été
Le loquet de bois, le fusil à la main, le fenil obscur Un rayon de soleil Où danse doucement la poussière La poussière du temps Un poêle, des faisselles. La literie et une échelle La Femme Grande Sur un barreau Elle monte Lentement A l'envers Dos au lit de planches En me regardant Souriante Ses … Lire la suite Un fantôme l’été
Du pauvre mois de mars il ne faut pas médire …
Du pauvre mois de mars il ne faut pas médire; Bien que le laboureur le craigne justement, L'univers y renaît; il est vrai que le vent, La pluie et le soleil s'y disputent l'empire. Qu'y faire? Au temps des fleurs, le monde est un enfant; C'est sa première larme et son premier sourire. C'est dans … Lire la suite Du pauvre mois de mars il ne faut pas médire …
La charrue qui retourne le tchernoziom du temps
Littérature? C’est ce que le premier chapitre de La nuit des prolétaires met en scène: la douleur purement intérieure de celui qui ne fait rien (René, Werther ou Oberman), donc la douleur par principe refusée à ceux qui travaillent, est la médiation par laquelle la douleur prolétaire peut se contempler. Les héros romantiques ne souffrent … Lire la suite La charrue qui retourne le tchernoziom du temps
Les Camions de la Nuit
Dans le bois une pompe à essence est cachéePas de grandes routes là-basIl y passe des loups Et les Camions de la Nuit Là vivent les Routiers Qui ont gagné leur vie par le dur labeur ou par les cartesLa rosée de la nuit tombe comme la chemise d'une femme seule Ils sont descendus de … Lire la suite Les Camions de la Nuit
Qu’est-ce que tu croyais ? Que la lutte serait facile ?
Si tu es las, si tu t’endors Personne ne viendra t’éveiller et te dire Debout le repas est prêt. Pourquoi le repas serait-il prêt? Si tu ne peux plus te traîner Tu resteras couché. J’ai trop lutté et je ne peux plus me battre. Ecoute: Si tu ne peux plus lutter, tu périras Que ce … Lire la suite Qu’est-ce que tu croyais ? Que la lutte serait facile ?
Marchand de sillages perdus
Marchant Marchant Marchand De visages battus et d’oiseaux inquiets Marchant dans la ville embrasée Marchand de sillages perdus De fantômes De vent d’eau d’odeurs Marchant dans une vie de chien Marchant Marchant Henri Michaud