Mon pays embaumé : 100 millions de dollars

J’appartiens à un pays que j’ai quitté. Tu ne peux empêcher qu’à cette heure s’y épanouisse au soleil toute une chevelure embaumée de forêts. Rien ne peut empêcher qu’à cette heure l’herbe profonde y noie le pied des arbres, d’un vert délicieux et apaisant dont mon âme a soif … Viens, toi qui l’ignores, viens … Lire la suite Mon pays embaumé : 100 millions de dollars →

Pour un orphisme quantique

Les constellations n'existent pas. Seules existent les étoiles qui les composent. C'est un lemme de la science moderne. C'est aussi l'un des traits différentiels qui séparent la phusis des Anciens et la Nature post-galiléenne.Que les constellations existent, cela suivait de la relation privilégiée qu'entretient la phusis au regard. Car elles se donnent à voir; en … Lire la suite Pour un orphisme quantique →

Quand je quittai Circé, qui me cacha, plus d’une année là-bas près de Gaète …

La plus haute branche de la flamme antique Se mit à tressaillir en murmurant, Pareille à celle que le vent tourmente. Puis agitant sa pointe ça et là Comme si c’était la langue qui parlait, Elle jeta au-dehors une voix, et dit: Quand je quittai Circé, qui me cacha Plus d’une année là-bas près de … Lire la suite Quand je quittai Circé, qui me cacha, plus d’une année là-bas près de Gaète … →

Un tombeau, un passant, et des eaux souterraines

Ci-gît, qui le croira?, une morte fontaine,Une fontaine, non, mais une belle fée,Artuze, qui laissa sa belle robe humaineSous terre, pour revoir dans le ciel son Alphée. Artuze, non, je faux!, c'est toi, nymphe Aréthuse, Qui de tes claires eaux la source fait tarir,Et tarissant n'y eut ni Charité, ni Muse,Qui ne pleurât voyant ta … Lire la suite Un tombeau, un passant, et des eaux souterraines →

Quelles nouvelles de Clon-Mac-Noïse ?

En voici de toutes fraiches: les renards sont au cimetière et dévorent les restes humains Irlande, Anonyme, XIéme siècle Vieux mots usés et sages Qui pour un temps m’aviez fait compagnie Et si souvent porté secours D’où me revenez-vous ce soir? Bourdonnants, suspendus à mon cou Mots du secret, du souci et de l’ombre Murmures, … Lire la suite Quelles nouvelles de Clon-Mac-Noïse ? →

C’est une belle aventurière. Elle parle l’anglais, assez bien, et le martien à la perfection …

Une aventurière? Allons donc! C'est une demoiselle de magasin! ... D'un grand magasin, d'une de ces maisons de commerce d'où est bannie toute notion d'humanité et où les malheureuses sont contraintes de rester debout onze heures par jour, et exposées aux foudres de l'honorable patron pour chaque instant de repos pris à la dérobée et … Lire la suite C’est une belle aventurière. Elle parle l’anglais, assez bien, et le martien à la perfection … →

Άξιον Εστί

Louées soient la table en bois,Le vin doré avec le reflet du soleil,Les jeux de l'eau sur le plafond Loués soient les murmures insoumis de la solitudeL'ombre d'une ombre sur un mur Les îles avec la chaux,Les îles avec les arsenaux déserts Loués soient Siphnos, Amorgos, Alonnissos,Thassos, Ithaque et Santorin Louée soit la main de … Lire la suite Άξιον Εστί →

Finalement qu’est-ce qu’il a inventé, Cyrano ?

Le lecteur MP3, d'accord. A l'ouverture de la boëste, je trouvé dedans un je ne sçay quoy de metal casi tout semblable à nos horloges, plein d'un nombre infini de petits ressorts et de machines imperceptibles. C'est un livre à la vérité, mais c'est un livre miraculeux qui n'a ny feuillets ny caracteres; enfin c'est … Lire la suite Finalement qu’est-ce qu’il a inventé, Cyrano ? →

Terre, les grandes étoiles te regardent la nuit, toute la nuit, en bavardant comme des filles tsiganes

Ma terre, je suis ta fille Ma terre, ô mes forêts!Je suis ta fille. Les forêts chantent, la terre chante,et nous composons avec la rivière,le chant tsigane. J’irai par les montagnesla haute montagne,je porterai ma plus belle, ma plus riche jupetoute de fleurs cousues,et je crierai à tue-tête:c’est ici mon pays, rouge et blanc!Terre des … Lire la suite Terre, les grandes étoiles te regardent la nuit, toute la nuit, en bavardant comme des filles tsiganes →

Le second niveau de la flamme

Le monde allait finir. Oui, le mal -car c’était donc un mal, en dépit de tant d’espérances- qui avait commencé avec la première idole grossièrement taillée dans la pierre, ou dès même la première entaille furtive sur un tronc d’arbre, allait achever son travail, remontant par les veines de la nature jusqu’aux métaux les plus … Lire la suite Le second niveau de la flamme →

Rosie Keenan

Tes chansons, quand tu les chantes les deux yeux fermés Comme toujours, sont une route de campagne Dont nous aurions un jour connu chaque virage L’allée bordée d’une haie noircie de moucherons Où tu attendais aux aguets qu’une voiture Approche et passe et te laisse plus seul Que tu ne l’étais avant son passage. Chante … Lire la suite Rosie Keenan →

Une grosse bêtise

Le penser réduit à un appareil mathématique implique la consécration du monde comme sa propre mesure. Horckeimer-Adorno, La dialectique de la raison Claudine avait élaboré au Collège de France une machine empirico-transcendantale. Enfin du sérieux en philosophie! Foin des délires gauchistes! Un petit modèle, qui n’opère que sur des objets de moins d’un kilogramme, sur … Lire la suite Une grosse bêtise →

Les sombres verdures et les hêtres verdoyants : ressources pour réconcilier le rêve de l’imagination et le monde réel de la misère …

Un des dons les plus remarquables de Charles Tomlinson est l’extrospection, le désir insatiable de voir, d'entendre, de saisir par l'esprit, ce grand Réel où nous nous trouvons, en disciplinant le moi pour que la poésie, au lieu de faire sa pâture de ces tours et retours de la vie intérieure qui fascinent l'esprit et … Lire la suite Les sombres verdures et les hêtres verdoyants : ressources pour réconcilier le rêve de l’imagination et le monde réel de la misère … →

Ces explorateurs de nos ruines, ils retrouvent le privilège des chemins qui se perdent comme s’ils arrivaient près du but …

Que se passe-t-il quand on arrive dans un pays dont on ne connaît que très peu l'idiome, mais dont on voit dans les temples, sur les chemins, des œuvres qui atteignent à des sommets du sentiment ou de la vie spirituelle, et existent ainsi en avant de nous: dans l'absolu, croirait-on, comme le Sphinx des … Lire la suite Ces explorateurs de nos ruines, ils retrouvent le privilège des chemins qui se perdent comme s’ils arrivaient près du but … →

Au fond des bois de Shinoda, là où nait une source …

Dehors, la nuit était exquise, le chemin ameubli par ces légères pluies de mai qui pas­sent et s’en vont. Elle m’a rejoint dans la rue pour me rendre le linge et la savonnette -je sortais du bain public- que j’avais oubliés sur le comptoir. Elle a fait quelques pas à mes côtés, en silence. Vingt-cinq, … Lire la suite Au fond des bois de Shinoda, là où nait une source … →

L’âme-sœur

La riche filière sémantique dont donner serait l'entrée la plus commune dans notre langue, réclame l'attention. Je me tourne vers doter, se doter ... Mélangeant la filière et l'affinité assonantique, autrement dit l'oreille étymologique et l'ouïe poétique, j'in­venterais volontiers une famille où opter, adopter seraient ... adoptés. Optons pour. Il faut donc sous peine de … Lire la suite L’âme-sœur →

Souvent, souvent, bien souvent, le Prince de la Paix vient déguisé en étranger !

J’aimerais que les Gens des Cieux soient là, dans ma ferme J’aimerais qu’on leur donne des coupes de bienvenue J’aimerais qu’ils aient la joie en les buvant; J’aimerais que soient là les trois Marie. Hier soir j’ai vu un étranger arriver, J’ai servi de la nourriture dans la salle à manger, J’ai servi à boire, … Lire la suite Souvent, souvent, bien souvent, le Prince de la Paix vient déguisé en étranger ! →

Le crépuscule est vent du large

L’âge roman, demeure d’où comprendre le mythe technicien. Espace qui se dévoile dans un mystérieux poème, intitulé Le crépuscule est vent du large, qui prend place au cœur du recueil Newton cassa la mise en scène; titre, quant à lui, explicite, qui fait le reproche au savant d’avoir aboli l’horizon fondateur du regard (on devrait, … Lire la suite Le crépuscule est vent du large →