Tes chansons, quand tu les chantes les deux yeux fermés Comme toujours, sont une route de campagne Dont nous aurions un jour connu chaque virage L’allée bordée d’une haie noircie de moucherons Où tu attendais aux aguets qu’une voiture Approche et passe et te laisse plus seul Que tu ne l’étais avant son passage. Chante … Lire la suite Rosie Keenan
Catégorie : Poésie
Une grosse bêtise
Le penser réduit à un appareil mathématique implique la consécration du monde comme sa propre mesure. Horckeimer-Adorno, La dialectique de la raison Claudine avait élaboré au Collège de France une machine empirico-transcendantale. Enfin du sérieux en philosophie! Foin des délires gauchistes! Un petit modèle, qui n’opère que sur des objets de moins d’un kilogramme, sur … Lire la suite Une grosse bêtise
Il pria les dieux cachés des songes qui planent capricieusement au-dessus des nuages de Kadath l’inconnue
Howard Philips LovecraftTélécharger Théophile-Alexandre Steinlen
Les sombres verdures et les hêtres verdoyants : ressources pour réconcilier le rêve de l’imagination et le monde réel de la misère …
Un des dons les plus remarquables de Charles Tomlinson est l’extrospection, le désir insatiable de voir, d'entendre, de saisir par l'esprit, ce grand Réel où nous nous trouvons, en disciplinant le moi pour que la poésie, au lieu de faire sa pâture de ces tours et retours de la vie intérieure qui fascinent l'esprit et … Lire la suite Les sombres verdures et les hêtres verdoyants : ressources pour réconcilier le rêve de l’imagination et le monde réel de la misère …
Le secret que murmure le vent dans les branches des saules …
Dans la ville de Lashnik, non loin de Lublin, vivaient un homme et une femme. Lui, c’était Chaïm Nossen. Elle, c’était Taibelé. Ils n’avaient pas de descendance. Non pas que le couple fût stérile: Taibelé avait donné à son époux un fils et deux filles, mais les trois enfants étaient morts bien jeunes, l’un de … Lire la suite Le secret que murmure le vent dans les branches des saules …
Ces explorateurs de nos ruines, ils retrouvent le privilège des chemins qui se perdent comme s’ils arrivaient près du but …
Que se passe-t-il quand on arrive dans un pays dont on ne connaît que très peu l'idiome, mais dont on voit dans les temples, sur les chemins, des œuvres qui atteignent à des sommets du sentiment ou de la vie spirituelle, et existent ainsi en avant de nous: dans l'absolu, croirait-on, comme le Sphinx des … Lire la suite Ces explorateurs de nos ruines, ils retrouvent le privilège des chemins qui se perdent comme s’ils arrivaient près du but …
Un cerf qui tombe, c’est toi qu’il prend à témoin, toi qui as des yeux et ne vois pas que notre monde va finir
Les saisons, la montée des sèves, les couvées et les chants, la vibration des millions d’ailes dans la torpeur des étés, le crépitement des gousses mûres qui éclatent par la genêtière, la houle des vents d’équinoxe où criaillent dans la nuit, loin au-dessus des cimes grondantes, les grands vols de migrateurs, la lente chute balancée, … Lire la suite Un cerf qui tombe, c’est toi qu’il prend à témoin, toi qui as des yeux et ne vois pas que notre monde va finir
Le tracé du chemin …
Le tracé du chemin n’est pas seulement d’ordre matériel, il comporte des balises invisibles sans lesquelles il disparaîtrait et si nous arrivons à continuer notre marche, ce ne serait pas à proprement parler sur un chemin: les amers, les balises -foules de souvenirs personnels ou d’accointances typologiques, sentimentales qui ne se donnent pas à un … Lire la suite Le tracé du chemin …
Au fond des bois de Shinoda, là où nait une source …
Dehors, la nuit était exquise, le chemin ameubli par ces légères pluies de mai qui passent et s’en vont. Elle m’a rejoint dans la rue pour me rendre le linge et la savonnette -je sortais du bain public- que j’avais oubliés sur le comptoir. Elle a fait quelques pas à mes côtés, en silence. Vingt-cinq, … Lire la suite Au fond des bois de Shinoda, là où nait une source …
L’été de la longue clarté
Tiens, la mère Todd, fis-je. Homer Buckland opina du chef en regardant passer la petite Jaguar. L’automobiliste le salua de la main. Sans lever la sienne, Homer répondit en inclinant sa grosse tête hirsute. La famille Todd possédait une grande maison de vacances au bord du lac du Château et Homer leur servait de gardien … Lire la suite L’été de la longue clarté
Un homme qui serait guidé par les feux d’une rivière …
Un homme qui dirait: je crois plutôt à cette lueur que j’ai vue passer entre des arbres déjà sombres et s’enfoncer dans la nuit encore, il y a des passages dans les prés … Suis-je tout à fait écervelé? Philippe Jaccottet, La rivière échappée Paul Cézanne
L’art des rives
Adieu Lyon qui ne mors point, Lyon plus doulx que cent pucelles. Sinon quand l’ennemy te poingt: Alors ta fureur point ne celes. Adieu la Saône, et son mignon Le Rhosne, qui court de vitesse; Tu t’en vas droict en Avignon, Vers Paris je prends mon adresse. Je diroys: adieu ma maistresse. Mais le cas … Lire la suite L’art des rives
L’âme-sœur
La riche filière sémantique dont donner serait l'entrée la plus commune dans notre langue, réclame l'attention. Je me tourne vers doter, se doter ... Mélangeant la filière et l'affinité assonantique, autrement dit l'oreille étymologique et l'ouïe poétique, j'inventerais volontiers une famille où opter, adopter seraient ... adoptés. Optons pour. Il faut donc sous peine de … Lire la suite L’âme-sœur
La ville a jeté sa ceinture, de murs, d’herbe verte et de vent …
Elle a fardé son paysage Comme une fille son visage Pour séduire un nouvel amant … Louis Aragon Henri Cartier-Bresson
Souvent, souvent, bien souvent, le Prince de la Paix vient déguisé en étranger !
J’aimerais que les Gens des Cieux soient là, dans ma ferme J’aimerais qu’on leur donne des coupes de bienvenue J’aimerais qu’ils aient la joie en les buvant; J’aimerais que soient là les trois Marie. Hier soir j’ai vu un étranger arriver, J’ai servi de la nourriture dans la salle à manger, J’ai servi à boire, … Lire la suite Souvent, souvent, bien souvent, le Prince de la Paix vient déguisé en étranger !
Le crépuscule est vent du large
L’âge roman, demeure d’où comprendre le mythe technicien. Espace qui se dévoile dans un mystérieux poème, intitulé Le crépuscule est vent du large, qui prend place au cœur du recueil Newton cassa la mise en scène; titre, quant à lui, explicite, qui fait le reproche au savant d’avoir aboli l’horizon fondateur du regard (on devrait, … Lire la suite Le crépuscule est vent du large
Une province frontière
Ici est le pays lointain Que l’on nomme Koshi Il y tombe une neige abondante C’est une province frontière Aussi lointaine que les cieux Les montagnes sont hautes Et les rivières, longues, luisent au loin Les landes sont vertes Et l’herbe y croît en abondance Au plein de l’été Quand les truites se faufilent Les … Lire la suite Une province frontière
Night flower
Les rêves sont la seule Vie future que nous connaissions; Le lieu où les enfants Que nous avons été Sont bercés dans les bras des enfants Que nous sommes devenus. Ils sont aussi nombreux que des feuilles Dans leurs migrations, Que des oiseaux dont nous apprenons la mort Par une simple plume Laissée derrière eux: … Lire la suite Night flower
Ton premier temple
Tu dors, la lèvre offerte aux ruches de l’été Le monde à tes flancs nus se meut Tes seins soulèvent le ciel, tandis que tu respires un sommeil Plus vaste que la mer où flottent ces lointains futurs Sentant l’orage Le sanctuaire Des noms que Dieu rêve en secret Quand elle ouvre les yeux, midi … Lire la suite Ton premier temple
Une fois l’an, nos frères loups vont à la messe
Un homme la servit. Voici l'histoire. A Mauvezin était un forgeron. A l'âge où les enfants vont à la communale, le soir après l'école il apprit son métier à l'aîné de ses fils. Quand le garçon eut ses vingt ans: - Bon vent, lui dit son père. Prends femme, ouvre ta forge et ne courbe … Lire la suite Une fois l’an, nos frères loups vont à la messe
Le désert croît. Oui, mais un peintre d’icônes, en Amérique …
Des icônes de la Déréliction, de l’Absence. Mais par là-même de la nostalgie, de l’Attente! Cet invincible souci de la Substance, au-delà de notre jeu sans joie sur les signes, on en saura gré à Edward Hopper, bientôt, dans les Temps Nouveaux, après le désastre. Dans Girl at Sewing Machine, c’est une belle journée d’été, … Lire la suite Le désert croît. Oui, mais un peintre d’icônes, en Amérique …
Moi qui avais tant cherché! Dans les villages au crépuscule, derrière la porte entrebaillée des églises dont on a fait des garages, aux carrefours herbeux des campagnes profondes …
C’est en Italie que j’ai appris, non à rêver -cela vient avec le langage- mais à attendre du rêve ce qui va faire la preuve que l’existence a un sens. Cette proposition pourra étonner; et d’abord paraître obscure. Mais remarquons qu’il y a deux niveaux dans les hantises de la parole inconsciente. Un, bien connu, … Lire la suite Moi qui avais tant cherché! Dans les villages au crépuscule, derrière la porte entrebaillée des églises dont on a fait des garages, aux carrefours herbeux des campagnes profondes …
Toi qui frémissais toujours je ne sais de quelle colère
Il n’aurait fallu Qu’un moment de plus Pour que la mort vienne Mais une main nue Alors est venue Qui a pris la mienne Qui donc a rendu Leurs couleurs perdues Aux jours aux semaines Sa réalité A l’immensité Des choses humaines Moi qui frémissais Toujours je ne sais De quelle colère Deux bras ont … Lire la suite Toi qui frémissais toujours je ne sais de quelle colère
Ceux qui rêvent le soir, devant leur porte assis, de s’en aller dans les étoiles !
Tu marches donc sans cesse! Oh! Que n’es-tu de ceux Qui donnent pour limite à leurs pieds paresseux Leur toit de branches ou de toiles! Qui, rêveurs, sans en faire, écoutent les récits, Et souhaitent, le soir, devant leur porte assis, De s’en aller dans les étoiles! Le fer de ton cheval arrache aux durs … Lire la suite Ceux qui rêvent le soir, devant leur porte assis, de s’en aller dans les étoiles !
Un coup de blues
Ma vie s’en va consumée Et tout ainsi qu’une fumée Je vois évanouir mes jours. Mes os, comme sèche broussaille, Sont arides, et sans vigueur Je suis froissé comme la paille, Et mon cœur est sec de langueur. Vrai Pélican, je deviens lâche Cherchant les lieux moins fréquentés Semblable au Hibou qui se cache Dans … Lire la suite Un coup de blues