Rosie Keenan

Tes chansons, quand tu les chantes les deux yeux fermés Comme toujours, sont une route de campagne Dont nous aurions un jour connu chaque virage L’allée bordée d’une haie noircie de moucherons Où tu attendais aux aguets qu’une voiture Approche et passe et te laisse plus seul Que tu ne l’étais avant son passage. Chante … Lire la suite Rosie Keenan

Une grosse bêtise

Le penser réduit à un appareil mathématique implique la consécration du monde comme sa propre mesure. Horckeimer-Adorno, La dialectique de la raison Claudine avait élaboré au Collège de France une machine empirico-transcendantale. Enfin du sérieux en philosophie! Foin des délires gauchistes! Un petit modèle, qui n’opère que sur des objets de moins d’un kilogramme, sur … Lire la suite Une grosse bêtise

Les sombres verdures et les hêtres verdoyants : ressources pour réconcilier le rêve de l’imagination et le monde réel de la misère …

Un des dons les plus remarquables de Charles Tomlinson est l’extrospection, le désir insatiable de voir, d'entendre, de saisir par l'esprit, ce grand Réel où nous nous trouvons, en disciplinant le moi pour que la poésie, au lieu de faire sa pâture de ces tours et retours de la vie intérieure qui fascinent l'esprit et … Lire la suite Les sombres verdures et les hêtres verdoyants : ressources pour réconcilier le rêve de l’imagination et le monde réel de la misère …

Le secret que murmure le vent dans les branches des saules …

Dans la ville de Lashnik, non loin de Lublin, vivaient un homme et une femme. Lui, c’était Chaïm Nossen. Elle, c’était Taibelé. Ils n’avaient pas de descendance. Non pas que le couple fût stérile: Taibelé avait donné à son époux un fils et deux filles, mais les trois enfants étaient morts bien jeunes, l’un de … Lire la suite Le secret que murmure le vent dans les branches des saules …

Ces explorateurs de nos ruines, ils retrouvent le privilège des chemins qui se perdent comme s’ils arrivaient près du but …

Que se passe-t-il quand on arrive dans un pays dont on ne connaît que très peu l'idiome, mais dont on voit dans les temples, sur les chemins, des œuvres qui atteignent à des sommets du sentiment ou de la vie spirituelle, et existent ainsi en avant de nous: dans l'absolu, croirait-on, comme le Sphinx des … Lire la suite Ces explorateurs de nos ruines, ils retrouvent le privilège des chemins qui se perdent comme s’ils arrivaient près du but …

Un cerf qui tombe, c’est toi qu’il prend à témoin, toi qui as des yeux et ne vois pas que notre monde va finir

Les saisons, la montée des sèves, les couvées et les chants, la vibration des millions d’ailes dans la torpeur des étés, le crépitement des gousses mûres qui éclatent par la genêtière, la houle des vents d’équinoxe où criaillent dans la nuit, loin au-dessus des cimes grondantes, les grands vols de migrateurs, la lente chute balancée, … Lire la suite Un cerf qui tombe, c’est toi qu’il prend à témoin, toi qui as des yeux et ne vois pas que notre monde va finir

Au fond des bois de Shinoda, là où nait une source …

Dehors, la nuit était exquise, le chemin ameubli par ces légères pluies de mai qui pas­sent et s’en vont. Elle m’a rejoint dans la rue pour me rendre le linge et la savonnette -je sortais du bain public- que j’avais oubliés sur le comptoir. Elle a fait quelques pas à mes côtés, en silence. Vingt-cinq, … Lire la suite Au fond des bois de Shinoda, là où nait une source …

L’âme-sœur

La riche filière sémantique dont donner serait l'entrée la plus commune dans notre langue, réclame l'attention. Je me tourne vers doter, se doter ... Mélangeant la filière et l'affinité assonantique, autrement dit l'oreille étymologique et l'ouïe poétique, j'in­venterais volontiers une famille où opter, adopter seraient ... adoptés. Optons pour. Il faut donc sous peine de … Lire la suite L’âme-sœur

Souvent, souvent, bien souvent, le Prince de la Paix vient déguisé en étranger !

J’aimerais que les Gens des Cieux soient là, dans ma ferme J’aimerais qu’on leur donne des coupes de bienvenue J’aimerais qu’ils aient la joie en les buvant; J’aimerais que soient là les trois Marie. Hier soir j’ai vu un étranger arriver, J’ai servi de la nourriture dans la salle à manger, J’ai servi à boire, … Lire la suite Souvent, souvent, bien souvent, le Prince de la Paix vient déguisé en étranger !

Le crépuscule est vent du large

L’âge roman, demeure d’où comprendre le mythe technicien. Espace qui se dévoile dans un mystérieux poème, intitulé Le crépuscule est vent du large, qui prend place au cœur du recueil Newton cassa la mise en scène; titre, quant à lui, explicite, qui fait le reproche au savant d’avoir aboli l’horizon fondateur du regard (on devrait, … Lire la suite Le crépuscule est vent du large

Le désert croît. Oui, mais un peintre d’icônes, en Amérique …

Des icônes de la Déréliction, de l’Absence. Mais par là-même de la nostalgie, de l’Attente! Cet invincible souci de la Substance, au-delà de notre jeu sans joie sur les signes, on en saura gré à Edward Hopper, bientôt, dans les Temps Nouveaux, après le désastre. Dans Girl at Sewing Machine, c’est une belle journée d’été, … Lire la suite Le désert croît. Oui, mais un peintre d’icônes, en Amérique …

Moi qui avais tant cherché! Dans les villages au crépuscule, derrière la porte entrebaillée des églises dont on a fait des garages, aux carrefours herbeux des campagnes profondes …

C’est en Italie que j’ai appris, non à rêver -cela vient avec le langage- mais à attendre du rêve ce qui va faire la preuve que l’existence a un sens. Cette proposition pourra étonner; et d’abord paraître obscure. Mais remarquons qu’il y a deux niveaux dans les hantises de la parole inconsciente. Un, bien connu, … Lire la suite Moi qui avais tant cherché! Dans les villages au crépuscule, derrière la porte entrebaillée des églises dont on a fait des garages, aux carrefours herbeux des campagnes profondes …

Ceux qui rêvent le soir, devant leur porte assis, de s’en aller dans les étoiles !

Tu marches donc sans cesse! Oh! Que n’es-tu de ceux Qui donnent pour limite à leurs pieds paresseux Leur toit de branches ou de toiles! Qui, rêveurs, sans en faire, écoutent les récits, Et souhaitent, le soir, devant leur porte assis, De s’en aller dans les étoiles! Le fer de ton cheval arrache aux durs … Lire la suite Ceux qui rêvent le soir, devant leur porte assis, de s’en aller dans les étoiles !