De la République américaine et de l’art de l’estampe

Entre les deux guerres s'était déroulé aux États-Unis un phénomène sans équivalent dans l'histoire, peu connu en Europe et auquel Jackson Pollock a participé de l'intérieur. En attendant de jeter les bases de l'abstraction lyrique, il avait en effet, comme de très nombreux artistes, œuvré à des gravures figuratives prenant leur inspiration au plus ordinaire … Lire la suite De la République américaine et de l’art de l’estampe

Les étoiles sont des feux qui ne s’éteignent jamais, comme ceux des Enfers

Enfin la nuit m’enveloppait;Je flottais dessus, peut-être dedans,Ou elle me portait comme une rivière porteUn bateau, et en même tempsElle tourbillonnait au-dessus de moi,Parsemée d’étoiles mais néanmoins obscure. J’étais sur mon balcon.Dans ma main droite je tenais un verre de whiskyDans lequel deux glaçons fondaient. Le silence était entré en moi.Il était comme la nuit, … Lire la suite Les étoiles sont des feux qui ne s’éteignent jamais, comme ceux des Enfers

Ils se rappelleront les jours de leur détresse, plus profonds et plus beaux que leurs jours de bonheur

Vois-tu l'axe de l'univers L'étoile polaire immuable? Autour les astres dans les airs Tourbillonnent comme du sable. Quel calme, que les cieux sont grands Et quel harmonieux murmure! Ma main dedans ta chevelure A senti des frissons errants! Un poète ouvrier Que dit Heidegger? Les gens de peu sont exilés de l’Être. Mais ils n'en … Lire la suite Ils se rappelleront les jours de leur détresse, plus profonds et plus beaux que leurs jours de bonheur

Dans chacun de nos souffles c’est l’arche de Noé qui s’éveille

Un interdit d’origine morale qui nous empêche d’af­fronter le problème, au lieu de nous aider à le résoudre: voilà une bonne définition du tabou. L’un des tabous les plus puissants de la fausse conscience écologique (ou supposée telle) qui se répand dans le débat contemporain est celui de l’anthropomorphisme: l’interdiction de toute tendance à re­connaître … Lire la suite Dans chacun de nos souffles c’est l’arche de Noé qui s’éveille

Cette singulière apparence que le sel et l’encens ont donné à la flamme …

John Keats, 1795-1821 Né à Londres. Le père, palefrenier, meurt d'une chute de cheval, la mère, de la tuberculose. L'adolescent est mis en apprentissage chez un chirurgien qu'il quitte bientôt. Lectures: les élisabéthains, Milton, Coleridge, et toujours et avant tout Shakespeare; mais aussi Dante et les Grecs. La maison qu'habitèrent Keats et Shelley place d'Espagne, … Lire la suite Cette singulière apparence que le sel et l’encens ont donné à la flamme …

Land Art : la tempête, le ciel et les ténèbres, le mont sablonneux et la faune innombrable

Avouons-le, le paysage est une chose étrangère pour nous, et l’on est terriblement seul sous les arbres qui fleurissent et parmi les ruisseaux qui coulent. Seul avec un homme mort, on est moins abandonné que seul avec des arbres, car quelque mystérieuse que puisse être la mort, plus mystérieuse encore est une vie qui n’est … Lire la suite Land Art : la tempête, le ciel et les ténèbres, le mont sablonneux et la faune innombrable

Le Monde entier a l’odeur âcre de la bougie qu’on vient d’éteindre

Des extraits de Être soufflé, de Jean-Luc Nancy, Lignes Nous -les médecins, les sociologues, les politiques, les professeurs- nous avons le souffle coupé. Et c’est pourquoi il faut ajouter à tous nos discours un constat, qui n’est pas un discours: nous sommes soufflés. Nous sommes stupéfaits par ce qui arrive mondialement au monde mondia­lisé. Nous … Lire la suite Le Monde entier a l’odeur âcre de la bougie qu’on vient d’éteindre

O mère ensevelie hors du premier jardin …

Pour Eve, Cristina a bâti un château aux mille chambres. O mère ensevelie hors du premier jardin,Vous n'avez plus connu ce climat de la grâce,Et la vasque et la source et la haute terrasse,Et le premier soleil sur le premier matin. Et les ravissements de la jeune gazelleLaçant et délaçant sa course vagabonde,Galopant et trottant … Lire la suite O mère ensevelie hors du premier jardin …

Existe-t-il un droit à la révolte ?

Droit et révolte, les deux notions semblent se contredire. L'idée de droit évoque la règle commune qui permet la coexistence des individus en société et ne peut être violée sans mettre en cause cette coexistence. La révolte, elle, apparaît comme le refus de cette règle: l'individu rejette la norme commune, le groupe révolté défie la … Lire la suite Existe-t-il un droit à la révolte ?

Percer le grand mystère, le mystère de l’apparition de la science …

S’il est un trait susceptible de caractériser la Renaissance, c’est le changement qui intervient dans la façon de concevoir la relation de l’homme au cosmos. Cette citation est tirée d’un livre intitulé Science et Renaissance. Où chercher, se demande alors son auteur, les origines du changement de climat intellectuel en Europe occidentale dont procède cette … Lire la suite Percer le grand mystère, le mystère de l’apparition de la science …

L’humain n’est plus le seul sujet dans l’univers

L'héritage foucaldien est particulièrement fécond dans le cas de l'animalité. L'époque de la fin du sujet est d'abord celle de sa prolifération. Les animaux sont effectivement des sujets, certains sont même des personnes qui ont une autonomie importante, mais les sujets les plus affirmés restent des hétéronomes, c'est-à-dire qu'ils ont besoin de l'humain pour acquérir … Lire la suite L’humain n’est plus le seul sujet dans l’univers

Le pèlerin des nuits d’octobre

La lune apparut dans le ciel avant qu’il eût atteint les arbres. Sa lueur blonde se leva derrière lui et coula lentement sur la plaine. Il entra dans la nappe de brume qui flottait au-dessus de l’étang: elle était toute blanche à présent, d’une pâleur froide et pure qui semblait attirer à elle la clarté … Lire la suite Le pèlerin des nuits d’octobre

Cette nuit qu’on appelle la vie

https://youtu.be/DARzdvNMOAs?t=71 Comme un qui s'est perdu dans la forest profondeLoing de chemin, d'orée et d'adresse, et de gens,Comme un qui en la mer grosse d'horribles vens,Se voit presque engloutir des grans vagues de l'onde, Comme un qui erre aux champs, lors que la nuict du mondeRavit toute clarté, j'avois perdu long tempsVoye, route, et lumiere, … Lire la suite Cette nuit qu’on appelle la vie

Je vous salue Marie 52

Parmi les âmes qui tournoient Avant de s’effacer comme les eaux rapides De l’hiver sans couleur Parmi les étoiles qui passent Une femme s’attardait Près de Dieu Lui, Il a fait de l’Univers Un grand chemin d’herbe Pour ses pas vagabonds W.B. Yeats, Poésie-Gallimard, traduction de Bonnefoy Une photographie de Milton H. Greene, Marilyn Monroe, … Lire la suite Je vous salue Marie 52

La déesse est partie, comme un oiseau qui prend son vol …

L’Odyssée s’ouvre sur un temps bloqué qui doit reprendre sa course et qui ne peut le faire que parce que, dans une assemblée des dieux, Athéna se rappelle Ulysse, suscitant ainsi une longue chaîne de souvenirs. Un temps bloqué, ou plus exactement: une rigidification, dans le flux répétitif du temps, de la vie des trois … Lire la suite La déesse est partie, comme un oiseau qui prend son vol …

Je vous salue Marie 51

Félix Valotton, Femme à la guitare, 1913 Pourquoi Marie tient-elle un livre dans les Annonciations? Sans l’écriture il n’y aurait rien ni personne en aucun lieu, jamais. Pourquoi? De quelle manière ce qui est dépend-il du fait que quelque part quelque chose soit écrit?On trouve la réponse dans les Confessions d’Augustin, dans un passage que … Lire la suite Je vous salue Marie 51

Le Dieu de la Matrice n’est pas dans la Matrice

Seule une personne de compréhension réduite désire arranger les choses en séries complètes. C'est l'incomplétude qui est désirable. En tout, mauvaise est la régularité. Dans les Palais d'autrefois, on laissait toujours un bâtiment inachevé. Noshida No Kaneyoshi, XIVéme siècle, cité par Henri Michaux, Passages, 1937 Au lieu de la progression de dix en dix j'ai … Lire la suite Le Dieu de la Matrice n’est pas dans la Matrice

Que la pensée n’est pas réductible à un calcul

 Hervé Boillot, Le Larousse de la Philosophie Il convient dans un premier temps de faire un sort à la multitude d'em­plois du terme “calcul” dans le langage ordinaire, de manière à faire res­sortir l'usage technique précis du terme qui est logique et mathématique. Une seconde difficulté tient à ce que les ordinateurs, les calculatrices électroniques, … Lire la suite Que la pensée n’est pas réductible à un calcul

Un dimanche à la campagne

C’est un pays de loups et d’abandon, perché sur une haute côte au-dessus de la route. Bordé d’épaisses forêts de sapins. Habitations disséminées dans des déserts cernés d’arbres sombres, villages étroits aux maisons basses. Les idées ne circulent pas, l’hygiène est inconnue. Avarice, cruauté. Superstitions. On se pend beaucoup. A la grange. Aux poutres faîtières. … Lire la suite Un dimanche à la campagne

Le Verset juif, la Raison grecque, et la Chair du sensible

Paul Beauchamp Je pose une question avec beaucoup d’hésita­tion, parce que c’est la question d’un bibliste au milieu de philosophes. La voici: y a-t-il un statut philoso­phique du rapport du discours tenu ici avec le récit biblique? J’ai entendu parler du rapport du visage et du meurtre: je pense alors à Caïn, marqué d’un signe … Lire la suite Le Verset juif, la Raison grecque, et la Chair du sensible

I Malgré l’Histoire, et souvent contre elle, tu affirmeras le Progrès

L’usage ordinaire de la notion d’actualité fait paraître une ambiguïté. On nommera “actuel” ce qui jaillit et se distingue de toute généralisation, la saisie d’un moment encore irrepérable d’une histoire qui n’est pas encore devenue un destin. On sait bien que l’actualité est histoire mais on ne sait pas quelle histoire elle fait. Cette temporalité … Lire la suite I Malgré l’Histoire, et souvent contre elle, tu affirmeras le Progrès