Par moments le vent parle, et dit des mots sans suite,Comme un homme endormi.Tout s’en va. La nature est l’urne mal fermée.La tempête est écume et la flamme est fumée.Rien n’est hors du moment. L’homme n’a rien qu’il prenne, et qu’il tienne, et qu’il garde.Il tombe, heure par heure, et, ruine, il regardeLe monde, écroulement … Lire la suite Les nuages ont l’air d’oiseaux prenant la fuite …
Catégorie : Poésie
Charles Baudelaire et la vie militaire
Il n'est pas d'usage d'associer le nom de Baudelaire à l'univers militaire. Le beau-fils du colonel puis du général Aupick avait trop de raisons pour abhorrer l'armée en la personne du second mari de sa mère pour que quiconque songe à lui prêter un tel goût. Ce n'est pas sans serrement de cœur qu'on rend … Lire la suite Charles Baudelaire et la vie militaire
Derrière le buisson infouillable du songe
La jeune fille avec un amant prit la fuiteLe village accusa aussitôt les BohémiensEt la gendarmerie se mit à leur poursuiteDe son côté et moi du mien. Rejoignant la roulotte, par les petits rideauxJe n'aperçus dedans qu'une misère noireMalgré tous les larcins et les biens illégauxQue les gendarmes faux prétendirent y voir. Le forain dut … Lire la suite Derrière le buisson infouillable du songe
Prends garde à la douceur des choses
Dans Arles, où sont les Alyscamps,Quand l’ombre est rouge, sous les roses,Et clair le temps, Prends garde à la douceur des choses.Lorsque tu sens battre sans causeTon cœur trop lourd; Et que se taisent les colombes:Parle tout bas, si c’est d’amour,Au bord des tombes. Paul-Jean Toulet, Romances sans musique, 1915 Kees Scherer
Your pilgrim soul
How many loved your moments of glad grace, And loved your beauty with love false or true, But one man loved the pilgrim soul in you, And loved the sorrows of your changing face W. B. Yeats, When you are old Combien ont aimé vos moments de grâce si joyeuse / aimé votre beauté d’amour … Lire la suite Your pilgrim soul
Quant au feu
J’admets qu’on ne sait plus ce que c'est que l’arbre, que les forêts deviennent au mieux des parcs, et que les parcs sont des mensonges. Mais que l’on suive les routes de banlieue, le soir, dans le dédale des feux de croisement, au bord des villes de nulle part, et là, soudain, dans l’infini du … Lire la suite Quant au feu
Le vin des siècles, la moisson des étoiles
William Blake n’est pas le seul à écouter l’Histoire aux portes de l’Apocalypse.La période révolutionnaire est vécue dans un véritable délire d’interprétation; dans un temps où l’Histoire semble s’accélérer et où s’intensifie l’angoisse devant le devenir du monde, un chœur de prophètes s’élève pour investir les événements politiques de France de la puissance explosive de … Lire la suite Le vin des siècles, la moisson des étoiles
Cette longue couvée, ce long envol de grues sauvages …
Homère, l'insomnie. Et les voiles tendues. J'ai lu jusqu'au milieu le Catalogue des vaisseaux. Cette longue couvée, ce long envol de grues Sauvages qui jadis franchit le ciel de Grèce. Grues s'enfonçant en coin vers d'étrangers confins, (L'écume divine ceint la tête des rois) Vers quels ports voguez-vous? Ô guerriers achéens, Vous seriez-vous sans Hélène, … Lire la suite Cette longue couvée, ce long envol de grues sauvages …
Toute ma vie, Monsieur … Toute ma vie!
Dès que la servante l’eut introduit, il se nomma: Mon nom est Hilmacher. J’ai connu une famille Hilmacher, dis-je. Un cillement inquiet de ses paupières me fit conclure qu’il m’avait menti, mais je n'y attachai pas d'importance. D’ailleurs, ajoutai-je avec un geste nonchalant qui effaçait les ombres et qui balayait, semblait-il, les choses du passé, … Lire la suite Toute ma vie, Monsieur … Toute ma vie!
A comma out of place
When Flannery O’Connor sat in churchshe sometimes thought about the captive bearacross the river in his little cageinside the kiddie zoo in City Park.His being there where children stopped to starein mirth or pity must fill out a pagethat needed filling. Still, one had to searchfor words. To cast their beams into the dark.The proper … Lire la suite A comma out of place
Fallait-il qu’au sanctuaire fussent égorgés prêtre et prophète ?
Bien sûr, qu'il le fallait. Et ce n'était qu'un début. Les Lamentations nous étonnent plus que tout autre poème biblique quand nous les lisons à la lumière de la poésie. Ces cinq poèmes, composés probablement en Palestine après la ruine de Jérusalem en 587 et œuvre d’un seul auteur qui n’était peut-être pas Jérémie, sont … Lire la suite Fallait-il qu’au sanctuaire fussent égorgés prêtre et prophète ?
Georgette Cuvelier ! Harry Dickson est son pire ennemi … Et l’homme qu’elle aime !
Cette jeune femme d’à peine vingt ans se trouvait déjà la tête d’une importante et dangereuse société secrète, la Bande de l’Araignée. Son âme ténébreuse s’expliquait-elle par son effroyable parenté? Car elle n’était autre que la fille du Professeur Flax, l'homme-caoutchouc! Flax commence à faire parler de lui en faisant kidnapper à Paris, en 1906, … Lire la suite Georgette Cuvelier ! Harry Dickson est son pire ennemi … Et l’homme qu’elle aime !
O Purs défunts vous êtes jeunes
Et nous avons pour vous Bien mieux que le dieu bleu: Mille floraisons nuageuses Orage blanc qui s'impatiente Et qui n'attend de nous Qu'un signe Pour vous rendre A l'air tendre et violent Raymond Farina Extrait de Virgilianes, Éditions Rougerie Nefertiti
1 Je prends croix que Dieu est
J’ai dit à mon âme tiens-toi tranquille et attends sans espérance Car l’espérance serait l’espérance fourvoyée; attends sans amour Car l’amour serait l’amour fourvoyé; il y a encore la foi Mais foi, amour et espérance sont tous contenus dans l’attente. Autrement dit: que je me dépouille des contrefaçons des vertus théologales que je substituerais fatalement … Lire la suite 1 Je prends croix que Dieu est
2 Elles accouchent sur une tombe …
En attendant Godot, c’est l'Ash-Wednesday de Beckett, autrement dit un mercredi des cendres qui réduit encore davantage l’homme et l’œuvre. Mais cette réduction ne signifie aucunement que la pièce se complaise dans une léthargie désespérée, une lucidité de fin du monde. Comme dans le poème d’Eliot, les personnages attendent; ou plutôt, et c’est là que … Lire la suite 2 Elles accouchent sur une tombe …
3 En enfer, les voix des morts jacassent, redisent à l’infini un passé qui ne peut plus changer …
L’histoire pourrait ne pas être à l’abandon, si jamais certaines vieilleries religieuses se trouvaient être vraies. Mais rien n’est moins sûr et en attendant, dans un présent plutôt attristé par ces débris d’hypothèses, les personnages subissent comme ils peuvent un passé dégénéré et surtout un passé littéraire surabondant. Seuls sur la scène au début du … Lire la suite 3 En enfer, les voix des morts jacassent, redisent à l’infini un passé qui ne peut plus changer …
4 Quand la fumée retombe dans l’église venteuse …
Il serait trop facile de conclure au non-sens, de dissiper, par exemple, l’inquiétant de Godot lui-même dans la vingtaine de significations qu’on lui a trouvée. Godot, quel qu’il soit, ne vient pas, mais le plus remarquable, c’est que son messager, lui, vient, chaque jour. Le messager lui-même est un signe incertain, puisqu’il ne s’agit peut-être … Lire la suite 4 Quand la fumée retombe dans l’église venteuse …
Autrefois le Rat de ville invita le Rat des champs …
... D'une façon fort civile,A des reliefs d'Ortolans. Sur un Tapis de TurquieLe couvert se trouva mis.Je laisse à penser la vieQue firent ces deux amis. Le régal fut fort honnête,Rien ne manquait au festin;Mais quelqu'un troubla la fêtePendant qu'ils étaient en train. A la porte de la salleIls entendirent du bruit:Le Rat de ville … Lire la suite Autrefois le Rat de ville invita le Rat des champs …
Une épigramme galante
Ne me cherchez pas querelle Si je m’en vais vous quitter Pour une poularde manger Vous êtes tout à fait belle Vous avez de la vertu Mais vous n’avez pas comme elle Un oignon dedans le cul Roger de Bussy-Rabutin Pierre Mignard, Madame de Sévigné en Flore
Je rêve sur le bord du monde et de la nuit
Que vouliez-vous donc me dire? Hommes dans l’éloignement, criant la main en porte-voix, riant des gestes du dormeur. Sur le bord de la nuit et du crime, sur le bord du crime et de l’amour. Ô Rivieras de l’idéel, vos casinos sans distinction d’âge ouvrent leurs salles à tous ceux qui veulent perdre! Il est … Lire la suite Je rêve sur le bord du monde et de la nuit
2 Fugitive beauté, dont le regard m’a fait soudainement renaître …
Souvenons-nous encore des œuvres de Delacroix prenant fait et cause, avec toute l’école romantique européenne, pour le soulèvement des Grecs contre l’Empire ottoman. Il est significatif que le peintre de la vie moderne alors chanté par Baudelaire ait participé, lui aussi, à cet engagement dans la lutte des Grecs pour leur indépendance: Constantin Guys avait … Lire la suite 2 Fugitive beauté, dont le regard m’a fait soudainement renaître …
Mon temps, mon fauve
Mon temps, mon fauve, qui saura Plonger les yeux dans tes prunelles. Les bourgeons vont encore s’enfler, Les pousses jaillir comme des seigles, Toi tu as l’échine brisée, Mon beau, mon pitoyable siècle. Faible et cruel en même temps, Comme un fauve Souple autrefois, Tu regardes stupide maintenant Les empreintes que tu as laissées Ossip … Lire la suite Mon temps, mon fauve
Où réside l’esprit ? Au-dedans, au-dehors ?
Où réside l’esprit Au-dedans, au-dehors? Premier le cri de l’oiseau de mer? Première l’âme Imaginée dans l’aube froide de son cri Et son perchoir ultime? Le bâton fangeux d’un nid De corneille, au sommet de la vieille tour de pierre, Ou le buste de marbre dominant le parterre? Habitable, la forme accomplie? Habitée, la lumière … Lire la suite Où réside l’esprit ? Au-dedans, au-dehors ?
Le peintre dont l’ombre est un voyageur
Qu'on ne se contente pas trop facilement des explications les plus simples -un hasard, le mécénat, les commandes- quand il s'agit de cette question qui me paraît essentielle: pourquoi un peintre a-t-il changé de pays, laissant pour d'autres horizons, d'autres couleurs, et toujours une autre lumière, le lieu où il a vécu, où il a … Lire la suite Le peintre dont l’ombre est un voyageur
Je rame
Mais j'ai grandi, Comme un cochon dans un trenchcoat j'ai grandi, Et puis il y a eu un tas d’apparitions étranges, La pluie obsédante, le soleil tournant au poison Et tout ça, des scies à l’œuvre dans mon cœur, Mais j'ai grandi, j'ai grandi, Et Dieu était là comme une île vers laquelle je n'avais … Lire la suite Je rame