... Je vis un ange qui volait par le milieu du ciel, ayant un Évangile éternel pour le proclamer aux habitants de la terre, à toute nation, à toute tribu, à toute langue et à tout peuple, et qui disait d’une voix forte: Craignez Dieu et glorifiez-le, car l’heure de son jugement est venue! Apocalypse, … Lire la suite Dans le silence de la nuit, à l’heure où le lion de Judas ressuscita d’entre les morts, moi, Joachim …
Catégorie : Poésie
Tes yeux comme une sonnerie bloquée Antonin
Comme un printemps foutu Avec tes mains Tes mains sur les barreaux de l’asile Tes mains sur les fils électriques Sur l’espagnolette sur la poésie partout Antonin partout Tes mains sur ton front pressées Sur tous les corps de jeunes filles Sur la campagne de Rodez Antonin la campagne Tu pêcherais dans la rivière Avec … Lire la suite Tes yeux comme une sonnerie bloquée Antonin
Dans les hautes herbes, à la chute du jour, dans les endroits écartés de l’Extrême Occident …
... Il n'est pas rare d'apercevoir un homme noir, ayant la mine d’un charretier ou d’un bûcheron, chaussé de sabots, vêtu d’un pantalon et d’un sarrau de toile, et reconnaissable en ce qu’au lieu de bonnet ou de chapeau il a deux immenses cornes sur la tête. Ceci doit le rendre reconnaissable en effet. Cet … Lire la suite Dans les hautes herbes, à la chute du jour, dans les endroits écartés de l’Extrême Occident …
3 Des rideaux agités par l’Absence sans fond
J’en reviens à Mallarmé et je puis revenir à lui, parce que de sa découverte du Néant, il n’a pas laissé un simple constat, quitte à préciser celui-ci avec quelques indications de nature philosophique sur le sens de cette expérience. Comme les lecteurs de ses lettres ou des poèmes juste cités le savent bien, Mallarmé … Lire la suite 3 Des rideaux agités par l’Absence sans fond
4 La lune, au-dessus du temps, la lune vue en face, au-delà des rideaux de la pensée
Et si Mallarmé s’est porté si loin, dans Igitur, et peut même nous entraîner à sa suite, c’est aussi qu’il a su évoquer dans ce texte un des moments clefs de l’expérience vécue, peut-être même celui qui en avait été l’origine. Il y a une horloge dans cette chambre nocturne. Et quand, dans ses propres … Lire la suite 4 La lune, au-dessus du temps, la lune vue en face, au-delà des rideaux de la pensée
5 La multiplication à l’infini des photographies hâte la fin du monde
Et en ce point, avec la sympathie que tout espoir même déraisonnable suscite, on peut vouloir suivre Mallarmé au-delà d’Igitur dans son existence: quand, mille fois, il rejette, l’esprit meurtri ou las, ce qu’il appelle son vice, mais ne cesse d’y revenir et écrit ainsi quelques grands poèmes qui disent cette passion, cette rêverie. L’un … Lire la suite 5 La multiplication à l’infini des photographies hâte la fin du monde
6 La Compagnie des Exorcistes
C’est de Degas qu’il s’agit. Degas ne fut assurément pas un photographe professionnel mais tôt dans sa vie il s’était adonné à la pratique nouvelle; et, après l’avoir longtemps délaissée, il y revint dans les dernières années du siècle avec un intérêt singulier, qui étonna ses amis: il semblait trouver à faire poser ceux-ci, de … Lire la suite 6 La Compagnie des Exorcistes
Un jour nos signes auront leur lieu dehors, dans l’herbe de la montagne
Si l’œuvre de Bonnefoy n’a cessé de méditer la pierre comme support de ses inscriptions (Les Tombeaux de Ravenne, 1953; Pierre écrite, 1958; Sur de grands cercles de pierre, 1986; Comme aller loin, dans les pierres, 1992 ...), si elle empile un à un ses poèmes-pierres, il me semble que l’œuvre de la maturité, non seulement … Lire la suite Un jour nos signes auront leur lieu dehors, dans l’herbe de la montagne
Ce que tout homme vaguement désire en songe s’est offert à toi, une journée d’automne, au plus profond de la forêt
Tu dors comme un bœuf. Tu t’es soûlé, hier soir encore, et maintenant des vapeurs de rhum font se culbuter les mouches autour de l’œuf aérien qui sert de contrepoids à la lampe. Le matin approche: pâlit la lumière du gaz en face de la fenêtre dont tu négligeas de tirer les volets. Sur le … Lire la suite Ce que tout homme vaguement désire en songe s’est offert à toi, une journée d’automne, au plus profond de la forêt
Je passais la nuit dans un motel au bord de la E3
Là, dans ma chambre, il y avait une odeur déjàRencontrée auparavant dans les collections orientales d'un musée:Des masques tibétains, japonais, sur un mur clair. Ce ne sont plus des masques mais des visagesQui traversent le mur blanc de l'oubli pour respirer, pour poser une question. Je reste éveillé et je les vois se battre et … Lire la suite Je passais la nuit dans un motel au bord de la E3
J’appelle Ettie, morte en automne à vingt-sept ans
Sur les bois oubliés quand passe l’hiver sombreTu te plains, ô captif solitaire du seuil,Que ce sépulcre à deux qui fera notre orgueilHélas! Du manque seul des lourds bouquets s’encombre. Sans écouter Minuit qui jeta son vain nombre,Une veille t’exalte à ne pas fermer l’œilAvant que dans les bras de l’ancien fauteuilLe suprême tison n’ait éclairé … Lire la suite J’appelle Ettie, morte en automne à vingt-sept ans
Apprends-moi à entendre chanter les Sirènes …
Va attraper une étoile filante,Fais enfanter les mandragoresDis-moi où sont allés les jours d'antan ...Apprends-moi à entendre chanter les Sirènes,A me garder des poinçons de la haine! Si tu es né pour des paysages impossibles,Pour voir des choses invisibles,Chevauche mille et une nuits, et chevauche le Temps! John Donne
6 Il est permis de croire à l’écriture … Elle s’autorise de l’Autre et ne cesse de commencer …
On peut éclairer la question en revenant à ce que Freud nomme l’écriture de l’histoire (Geschichtsschreibung), point nodal des relations entre littérature et histoire. Pour lui, l’écriture de l’histoire se produit à partir d’événements dont rien ne subsiste: elle en prend la place. Elle est donc à la fois exclue de ce dont elle traite … Lire la suite 6 Il est permis de croire à l’écriture … Elle s’autorise de l’Autre et ne cesse de commencer …
L’Homme-Loup te fera traverser les torrents de montagne
Christophe est le centurion d’une légion d’hommes-chiens, d’hommes-loups, un de ces hommes à tête de molosse qui vivent sur les Confins. Ils gardent la frontière de l'Empire. Christophe a été fait prisonnier par l'Autre Côté, s'est converti, revient, meurt en martyr! Le limes n'a pas disparu, il a proliféré. Depuis l'Effondrement les confins sont partout, … Lire la suite L’Homme-Loup te fera traverser les torrents de montagne
Les étoiles sont des feux qui ne s’éteignent jamais, comme ceux des Enfers
Enfin la nuit m’enveloppait;Je flottais dessus, peut-être dedans,Ou elle me portait comme une rivière porteUn bateau, et en même tempsElle tourbillonnait au-dessus de moi,Parsemée d’étoiles mais néanmoins obscure. J’étais sur mon balcon.Dans ma main droite je tenais un verre de whiskyDans lequel deux glaçons fondaient. Le silence était entré en moi.Il était comme la nuit, … Lire la suite Les étoiles sont des feux qui ne s’éteignent jamais, comme ceux des Enfers
Ils se rappelleront les jours de leur détresse, plus profonds et plus beaux que leurs jours de bonheur
Vois-tu l'axe de l'univers L'étoile polaire immuable? Autour les astres dans les airs Tourbillonnent comme du sable. Quel calme, que les cieux sont grands Et quel harmonieux murmure! Ma main dedans ta chevelure A senti des frissons errants! Un poète ouvrier Que dit Heidegger? Les gens de peu sont exilés de l’Être. Mais ils n'en … Lire la suite Ils se rappelleront les jours de leur détresse, plus profonds et plus beaux que leurs jours de bonheur
Cette singulière apparence que le sel et l’encens ont donné à la flamme …
John Keats, 1795-1821 Né à Londres. Le père, palefrenier, meurt d'une chute de cheval, la mère, de la tuberculose. L'adolescent est mis en apprentissage chez un chirurgien qu'il quitte bientôt. Lectures: les élisabéthains, Milton, Coleridge, et toujours et avant tout Shakespeare; mais aussi Dante et les Grecs. La maison qu'habitèrent Keats et Shelley place d'Espagne, … Lire la suite Cette singulière apparence que le sel et l’encens ont donné à la flamme …
Sade Les Fontaines du Monde
Il y avait à un quart de lieue de mon château, une malheureuse chaumière appartenant à un paysan fort pauvre, qui se nommait Martin-des-Granges, père de huit enfants, et possédant une femme que l’on pouvait appeler un trésor par sa sagesse et son économie; croiriez-vous que cet asile du malheur et de la vertu excita … Lire la suite Sade Les Fontaines du Monde
Adamo è morto
À l’intérieur de la tente, à côté d’Adam, se trouvait Ève. Et à l’intérieur d’Adam, Dieu. Dieu s’est écrié: Où es-tu? Et Adam a essayé de se cacher parce qu’il était nu et en sang. Mais où qu’il se déplaçât dans l’obscurité profonde, il se heurtait à un corps qui versait du sang et il … Lire la suite Adamo è morto
Le pèlerin des nuits d’octobre
La lune apparut dans le ciel avant qu’il eût atteint les arbres. Sa lueur blonde se leva derrière lui et coula lentement sur la plaine. Il entra dans la nappe de brume qui flottait au-dessus de l’étang: elle était toute blanche à présent, d’une pâleur froide et pure qui semblait attirer à elle la clarté … Lire la suite Le pèlerin des nuits d’octobre
Cette nuit qu’on appelle la vie
https://youtu.be/DARzdvNMOAs?t=71 Comme un qui s'est perdu dans la forest profondeLoing de chemin, d'orée et d'adresse, et de gens,Comme un qui en la mer grosse d'horribles vens,Se voit presque engloutir des grans vagues de l'onde, Comme un qui erre aux champs, lors que la nuict du mondeRavit toute clarté, j'avois perdu long tempsVoye, route, et lumiere, … Lire la suite Cette nuit qu’on appelle la vie
Je vous salue Marie 52
Parmi les âmes qui tournoient Avant de s’effacer comme les eaux rapides De l’hiver sans couleur Parmi les étoiles qui passent Une femme s’attardait Près de Dieu Lui, Il a fait de l’Univers Un grand chemin d’herbe Pour ses pas vagabonds W.B. Yeats, Poésie-Gallimard, traduction de Bonnefoy Une photographie de Milton H. Greene, Marilyn Monroe, … Lire la suite Je vous salue Marie 52
Un été dans les ronces
C’est l’ère de la paix, des vaccins et des pommes de terre mais les puits respirent lourdement. La chaleur accoste sur les villages les plus lointains.Les portes du village sont ouvertes, les dalles luisent de la patience de la géologie. Les moulins de l’Europe broient le vent. Les oies sauvages font route vers le nord. … Lire la suite Un été dans les ronces
My gipsy wife
Un soir qu’il avait travaillé très tard, Berny bâilla, s’étira, et se dit qu’il était temps qu’il aille se coucher. Mais il savait que s’il n’arrivait pas à oublier son travail, il ne dormirait pas de la nuit. Aussi avait-il pris l’habitude de descendre jusqu’au bord du lac en fumant sa pipe; mais, ce soir-là, il … Lire la suite My gipsy wife
Je vous salue Marie 48
Devant d'Autel en bois peint, XIIéme siècle Una barca da pesca, le traversine in rovere delia ferrovia, le botti sfruttate dal vino, i manici di amesi, l'aratro, la chitarra, il legno tenuto per il pugno dissanguato di resina e unto dal maneggio: di questa materia seconda va fatto l'altare. Un bateau de pêche, les traverses … Lire la suite Je vous salue Marie 48