Ce que tout homme vaguement désire en songe s’est offert à toi, une journée d’automne, au plus profond de la forêt

Tu dors comme un bœuf. Tu t’es soûlé, hier soir encore, et maintenant des vapeurs de rhum font se culbuter les mouches autour de l’œuf aérien qui sert de contrepoids à la lampe. Le matin approche: pâlit la lumière du gaz en face de la fenêtre dont tu négligeas de tirer les volets. Sur le … Lire la suite Ce que tout homme vaguement désire en songe s’est offert à toi, une journée d’automne, au plus profond de la forêt

Je passais la nuit dans un motel au bord de la E3

Là, dans ma chambre, il y avait une odeur déjàRencontrée auparavant dans les collections orientales d'un musée:Des masques tibétains, japonais, sur un mur clair. Ce ne sont plus des masques mais des visagesQui traversent le mur blanc de l'oubli pour respirer, pour poser une question. Je reste éveillé et je les vois se battre et … Lire la suite Je passais la nuit dans un motel au bord de la E3

J’appelle Ettie, morte en automne à vingt-sept ans

Sur les bois oubliés quand passe l’hiver sombreTu te plains, ô captif solitaire du seuil,Que ce sépulcre à deux qui fera notre orgueilHélas! Du manque seul des lourds bouquets s’encombre.  Sans écouter Minuit qui jeta son vain nombre,Une veille t’exalte à ne pas fermer l’œilAvant que dans les bras de l’ancien fauteuilLe suprême tison n’ait éclairé … Lire la suite J’appelle Ettie, morte en automne à vingt-sept ans

6 Il est permis de croire à l’écriture … Elle s’autorise de l’Autre et ne cesse de commencer …

On peut éclairer la question en revenant à ce que Freud nomme l’écriture de l’histoire (Geschichtsschreibung), point nodal des relations entre littérature et histoire. Pour lui, l’écriture de l’histoire se produit à partir d’événements dont rien ne subsiste: elle en prend la place. Elle est donc à la fois exclue de ce dont elle traite … Lire la suite 6 Il est permis de croire à l’écriture … Elle s’autorise de l’Autre et ne cesse de commencer …

L’Homme-Loup te fera traverser les torrents de montagne

Christophe est le centurion d’une légion d’hommes-chiens, d’hommes-loups, un de ces hommes à tête de molosse qui vivent sur les Confins. Ils gardent la frontière de l'Empire. Christophe a été fait prisonnier par l'Autre Côté, s'est converti, revient, meurt en martyr! Le limes n'a pas disparu, il a proliféré. Depuis l'Effondrement les confins sont partout, … Lire la suite L’Homme-Loup te fera traverser les torrents de montagne

Les étoiles sont des feux qui ne s’éteignent jamais, comme ceux des Enfers

Enfin la nuit m’enveloppait;Je flottais dessus, peut-être dedans,Ou elle me portait comme une rivière porteUn bateau, et en même tempsElle tourbillonnait au-dessus de moi,Parsemée d’étoiles mais néanmoins obscure. J’étais sur mon balcon.Dans ma main droite je tenais un verre de whiskyDans lequel deux glaçons fondaient. Le silence était entré en moi.Il était comme la nuit, … Lire la suite Les étoiles sont des feux qui ne s’éteignent jamais, comme ceux des Enfers

Ils se rappelleront les jours de leur détresse, plus profonds et plus beaux que leurs jours de bonheur

Vois-tu l'axe de l'univers L'étoile polaire immuable? Autour les astres dans les airs Tourbillonnent comme du sable. Quel calme, que les cieux sont grands Et quel harmonieux murmure! Ma main dedans ta chevelure A senti des frissons errants! Un poète ouvrier Que dit Heidegger? Les gens de peu sont exilés de l’Être. Mais ils n'en … Lire la suite Ils se rappelleront les jours de leur détresse, plus profonds et plus beaux que leurs jours de bonheur

Cette singulière apparence que le sel et l’encens ont donné à la flamme …

John Keats, 1795-1821 Né à Londres. Le père, palefrenier, meurt d'une chute de cheval, la mère, de la tuberculose. L'adolescent est mis en apprentissage chez un chirurgien qu'il quitte bientôt. Lectures: les élisabéthains, Milton, Coleridge, et toujours et avant tout Shakespeare; mais aussi Dante et les Grecs. La maison qu'habitèrent Keats et Shelley place d'Espagne, … Lire la suite Cette singulière apparence que le sel et l’encens ont donné à la flamme …

Le pèlerin des nuits d’octobre

La lune apparut dans le ciel avant qu’il eût atteint les arbres. Sa lueur blonde se leva derrière lui et coula lentement sur la plaine. Il entra dans la nappe de brume qui flottait au-dessus de l’étang: elle était toute blanche à présent, d’une pâleur froide et pure qui semblait attirer à elle la clarté … Lire la suite Le pèlerin des nuits d’octobre

Cette nuit qu’on appelle la vie

https://youtu.be/DARzdvNMOAs?t=71 Comme un qui s'est perdu dans la forest profondeLoing de chemin, d'orée et d'adresse, et de gens,Comme un qui en la mer grosse d'horribles vens,Se voit presque engloutir des grans vagues de l'onde, Comme un qui erre aux champs, lors que la nuict du mondeRavit toute clarté, j'avois perdu long tempsVoye, route, et lumiere, … Lire la suite Cette nuit qu’on appelle la vie

Je vous salue Marie 52

Parmi les âmes qui tournoient Avant de s’effacer comme les eaux rapides De l’hiver sans couleur Parmi les étoiles qui passent Une femme s’attardait Près de Dieu Lui, Il a fait de l’Univers Un grand chemin d’herbe Pour ses pas vagabonds W.B. Yeats, Poésie-Gallimard, traduction de Bonnefoy Une photographie de Milton H. Greene, Marilyn Monroe, … Lire la suite Je vous salue Marie 52

La déesse est partie, comme un oiseau qui prend son vol …

L’Odyssée s’ouvre sur un temps bloqué qui doit reprendre sa course et qui ne peut le faire que parce que, dans une assemblée des dieux, Athéna se rappelle Ulysse, suscitant ainsi une longue chaîne de souvenirs. Un temps bloqué, ou plus exactement: une rigidification, dans le flux répétitif du temps, de la vie des trois … Lire la suite La déesse est partie, comme un oiseau qui prend son vol …

My gipsy wife

Un soir qu’il avait travaillé très tard, Berny bâilla, s’étira, et se dit qu’il était temps qu’il aille se coucher. Mais il savait que s’il n’arrivait pas à oublier son travail, il ne dormirait pas de la nuit. Aussi avait-il pris l’habitude de descendre jusqu’au bord du lac en fumant sa pipe; mais, ce soir-là, il … Lire la suite My gipsy wife

La Nuit des Temps

Il y a 100 millions d'années, un ornitholeste chassait le diplodocus dans la dense forêt du jurassique. Cet ornith était une femelle dinosaure carnivore qui avait la bougeotte. Elle avait à peu près la taille d’un être humain, mais son corps était si svelte qu’elle en pesait à peine la moitié. Elle avait de puissantes … Lire la suite La Nuit des Temps

Les fureurs de Poséidon, ne les redoute pas

Quand tu prendras le chemin vers IthaqueSouhaite que dure le voyage,Qu’il soit plein d’aventures et plein d’enseignements.Les Lestrygons et les Cyclopes,Les fureurs de Poséidon, ne les redoute pas.Tu ne les trouveras pas sur ton trajetSi ta pensée demeure sereine, si seuls de pursÉmois effleurent ton âme et ton corps. Les Lestrygons et les Cyclopes,Les violences … Lire la suite Les fureurs de Poséidon, ne les redoute pas

Tu as changé mon univers et la Trinité s’est perdue

Il fut un temps où la pierre était pierre, Chaque visage dans la rue un visage parfait. Entre Dieu, la Chose et moi-même L’harmonie régnait aussitôt. Tu as changé mon univers et la trinité s’est perdue: La pierre n’est plus la pierre, Comme aux figures surgies d’un rêve, il manque quelque chose à chaque visage, … Lire la suite Tu as changé mon univers et la Trinité s’est perdue

L’ordre du temps

Écoutez. Je suis Jean. J’ai vu des choses sombres.Voyant vos passions, vos fureurs, vos amours,J’ai dit à Dieu: Seigneur, jugez où nous en sommes.Considérez la terre et regardez les hommes.Ils brisent tous les nœuds qui devaient les unir.Et Dieu m’a répondu: Certes, je vais venir! Victor Hugo En reprenant le grand livre de E.P. Thomson, … Lire la suite L’ordre du temps

Comment le symbole nous fait voir l’invisible …

L'opération de pensée qui engendre le symbole n'est pas un procédé particulier et accessoire, mais un mode fondamental de la connaissance humaine. Il y a un mode symbolique de connaissance et celui-ci est un des deux modes de la connaissance intuitive, le second n’étant autre que le mode schématique de connaissance sur lequel a particulièrement … Lire la suite Comment le symbole nous fait voir l’invisible …

Un lac de sang, ombragé par un bois de sapins toujours vert

Si le XIXéme siècle était un tableau, cette toile de grand format serait de couleurs très fortes, de valeurs très contrastées, et ce n'est pas la lumière naturelle, celle qu'ont tant aimée beaucoup de ses peintres, de Constable ou Valenciennes aux impressionnistes et à Cézanne, qu'on y verrait partout resplendir. Plus souvent le rouge des … Lire la suite Un lac de sang, ombragé par un bois de sapins toujours vert

Au lieu du bosquet, passez-moi le mot, vous aurez les branches vives

J’aimerais parler d’un livre, L’Astrée, très lu sous Louis XIII, je souhaiterais qu’il fût pays, pays avec villages et collines, hameaux et fermes isolées, pays que les pas peuvent atteindre et les troupeaux investir, mais les prés restent à leur place entre Roanne et Saint-Étienne et la lecture n’est pas la marche, à première vue. … Lire la suite Au lieu du bosquet, passez-moi le mot, vous aurez les branches vives