J’ai grandi dans une cathédrale au nom d’Isère. Je chante en elle.

Elle a lu des livres puis elle les a oubliés. Elle a regardé des photographies puis elle les a rangées. Elle a marché souvent, longtemps, au noir des forêts, au vert des lacs, au blanc des montagnes. Puis elle a effacé ses pas. Elle a appelé son enfance. Elle a appelé cette petite enfance qui … Lire la suite J’ai grandi dans une cathédrale au nom d’Isère. Je chante en elle. →

Saint-Sixte quelle voix pour faire entendre les ondes de ses eaux, nuits et jours sanctifiés d’étoiles, de vent et de lumière

À Saint-Nicolas-de-Macherin, la route perd son aimantation et glisse ailleurs, dans l'incertitude d'une vallée presque oubliée. Quand le promeneur accepte de suivre le chemin ainsi détourné, qu'il s'y engage et c'est d'abord la fraîcheur d'un ruisseau qui le saisit tout entier. Il doit alors remonter son cours comme on remonte le temps, entrer dans une … Lire la suite Saint-Sixte quelle voix pour faire entendre les ondes de ses eaux, nuits et jours sanctifiés d’étoiles, de vent et de lumière →

Les textes de Beckett comme de vieux habits. Solides. En constant ravaudage …

Molloy, une jambe raide, se déplace en s’appuyant d’abord sur un vélo qu’il pousse à côté de lui, puis sur des béquilles, enfin en rampant à même le sol, sur la terre humide, au milieu des feuilles, d’arbres, d’écriture. Dans la chambre de sa mère morte où il est parvenu -en réalité? En imagination?- il … Lire la suite Les textes de Beckett comme de vieux habits. Solides. En constant ravaudage … →

Quand le langage est parole, il s’adosse à de l’abyssal, à de l’inexprimable …

Si la langue parlée perdait sa source liturgique, elle cesserait d'être parole et deviendrait communication. Et nous mourrions. Cette situation est le propre de toutes les langues, qui ont toutes nécessairement un arrière-fond abyssal, liturgique, et/ou poétique. Le cas de l'Hébreu est paradigmatique. Qu’en serait-il de l’état d’une langue en situation d’exil, placée hors d’elle-même, … Lire la suite Quand le langage est parole, il s’adosse à de l’abyssal, à de l’inexprimable … →

Je vous salue Marie 58

Vierge de Hallmar, Suède, XIIéme siècle Au milieu de l’immense église Les touristes se pressaient dans la pénombre.Une voûte s’ouvrait sur une voûte, et pas de vue d’ensemble!La flamme de quelques cierges tremblotait ça et là.Un ange sans visage m’enlaçaEt me murmura par tout le corps:N’aie pas honte d’être homme, sois-en fier!Car en toi, une … Lire la suite Je vous salue Marie 58 →

Nous voyons les Trois Mères comme de monstrueuses sorcières quand notre âme est grise, quand nous balbutions que le Tombeau de ce jeune Rabbi itinérant ne peut pas être vide …

Monsieur Tim Merrywater ne pouvait se souvenir en quelle journée les trois petites vieilles étaient venues s'installer sur le banc, en face de sa maison. Il habitait Golden square, ou du moins une enclave de ce minable jardin public, d'où il avait vue sur un bout de pelouse, un tronçon de haie vive et un … Lire la suite Nous voyons les Trois Mères comme de monstrueuses sorcières quand notre âme est grise, quand nous balbutions que le Tombeau de ce jeune Rabbi itinérant ne peut pas être vide … →

A péri tout entié que servirié de neisse ?

... Sur ces mouvants espaces, les œuvres d'art sont les seuls bons témoins vivants, à la condition d'être importantes, belles, fortes, et d'avoir un peu de bouteille. Ce recul compte pour beaucoup. Le vrai poète, en un poème consacré, représente le médiateur idéal. Parce qu'il est poète, il est historien des mœurs. Ses propos les … Lire la suite A péri tout entié que servirié de neisse ? →

J’ai eu la main clouée par une flèche lancée soudain de ma jeunesse

Dans le Pélion parmi les châtaigniers la tunique du Centaure Glissait dans les feuillages pour envelopper mon corps Tandis que je montais la pente suivi par la mer Montante aussi comme le mercure du thermomètre Jusqu’à trouver les eaux de la montagne. À Mycènes j’ai soulevé les grandes pierres et les trésors des Atrides J’ai … Lire la suite J’ai eu la main clouée par une flèche lancée soudain de ma jeunesse →

Dans une ténébreuse et profonde unité

Parfois nous voyons un nuage en forme de dragon, Une vapeur parfois, comme un ours ou un lion, Une haute citadelle hérissée ou un promontoire Avec des arbres par dessus qui font signe au monde Et se jouent de nos yeux avec de l’air.  Shakespeare. Antoine et Cléopâtre, Acte IV, scène 14 La réalité est … Lire la suite Dans une ténébreuse et profonde unité →

Les herbes sécheront sous mes pas

https://youtu.be/Ehi0ceS2ZeA Mille oiseaux de nuit, mille chansons mortelles M'environnent, volant par ordre sur mon front; Que l'air, en contrepoids, fâché de mes querelles Soit noirci de hiboux et de corbeaux en rond! Les herbes sécheront sous mes pas, à la vue Des misérables yeux dont les tristes regards Feront tomber les fleurs et cacher dans … Lire la suite Les herbes sécheront sous mes pas →

Les herbes folles de la jeunesse

Si l’alchimie tient une place importante dans l’œuvre de René Char, cela est dû avant tout au passage du poète par le surréalisme entre 1929 et 1935, qui lui a permis de s’initier à la lecture des textes hermétiques. La bibliothèque du poète témoigne de cette innutrition, puisqu’on peut y retrouver les Œuvres complètes de … Lire la suite Les herbes folles de la jeunesse →

Sur ce taureau de fer qui fume, souffle et beugle, l’homme a monté trop tôt …

Sur ce taureau de fer qui fume, souffle et beugle,L'homme a monté trop tôt. Nul ne connaît encorQuels orages en lui porte ce rude aveugle ...Mais il faut triompher du temps et de l'espace,Arriver ou mourir. Les marchands sont jaloux.L'or pleut sous les charbons de la vapeur qui passe,Le moment et le but sont l'univers … Lire la suite Sur ce taureau de fer qui fume, souffle et beugle, l’homme a monté trop tôt … →

Il a avancé dans son âge, et dans cette sauvagerie qui est pour lui la sagesse …

Eustache en Crète, XIVéme siècle Si seulement je pouvais le voir! Rien que le voir. Mesurer ce qu'il a sur la tête, ce bois d’os plus dur que le plus dur des bois d’ébène, né d’une souche aux plis de dentelle et sculpté tout le long des perches de nervures, rainures, perlures, jusqu’aux pointes lisses … Lire la suite Il a avancé dans son âge, et dans cette sauvagerie qui est pour lui la sagesse … →

C’est ainsi que la Terre n’est pas une étrangère …

Parler de naissance chez Lucrèce pourrait paraître paradoxal puisque lui-même, au livre II, définit l'atome comme éternel, sans fin et donc sans commencement: l'être ne pouvant sortir du non-être est, de toute éternité ...Cependant nous distinguerons les elementa et les principia. Si effectivement les elementa, les atomes, sont solides, sans faille, éternels et par là … Lire la suite C’est ainsi que la Terre n’est pas une étrangère … →

Borges, un de ces ironique faiseurs de labyrinthes, où la vérité s’évapore ? Mais non, un homme moderne …

Borges est durement méconnu. Une grande pensée de notre époque s’est reconnue dans son œuvre, et c’est l'immense succès de cette doctrine qui a précipité sa gloire. Mais cette philosophie n'était pas la sienne, il n'a jamais fait que s'en approcher, en ces points où elle est véridique. Cette philosophie souligne que la notion ne coïncide … Lire la suite Borges, un de ces ironique faiseurs de labyrinthes, où la vérité s’évapore ? Mais non, un homme moderne … →

Je ne dirai pas le feu. Je dirai Jeanne

Le portail du château avertissait: Tu étais déjà ici avant d’entrer Et, quand tu sortiras, tu ne sauras pas que tu restes Diderot raconte la parabole. Elle résume mes jours Qui aujourd'hui sont nombreux. J'ai été fervent d'autres amours Et de l'érudition versatile ... Pourtant je n'ai jamais cessé d’être en France Et je serai … Lire la suite Je ne dirai pas le feu. Je dirai Jeanne →

La route du chien perplexe a été notre route

Nous nous consultons. Nous ne savons plus. Nous n’en savons pas plus l’un que l’autre. Celui-ci est affolé. Celui-là confondu. Tous sont désemparés. Le calme n’est plus. La sagesse ne dure pas le temps d’une inspiration. Dites-moi. Qui ayant reçu trois flèches dans la joue se présentera d’un air dégagé? L’union du moi et du … Lire la suite La route du chien perplexe a été notre route →

Des dieux nouveaux sont venus danser sur nos plages

N'est-il pas ironique que les plus beaux textes écrits sur ces îles, Tanna, Ambrym, Hiva Oa, Nuku Hiva, aient eu pour auteurs les deux hommes qui se sont le plus mal conduits à l'égard de leurs habitants? L'un, Robert James Fletcher, qui vécut à Tanna, mangea de ses fruits, but de son eau et viola … Lire la suite Des dieux nouveaux sont venus danser sur nos plages →