Vois-tu l'axe de l'univers L'étoile polaire immuable? Autour les astres dans les airs Tourbillonnent comme du sable. Quel calme, que les cieux sont grands Et quel harmonieux murmure! Ma main dedans ta chevelure A senti des frissons errants! Un poète ouvrier Que dit Heidegger? Les gens de peu sont exilés de l’Être. Mais ils n'en … Lire la suite Ils se rappelleront les jours de leur détresse, plus profonds et plus beaux que leurs jours de bonheur
Catégorie : Poésie
Cette singulière apparence que le sel et l’encens ont donné à la flamme …
John Keats, 1795-1821 Né à Londres. Le père, palefrenier, meurt d'une chute de cheval, la mère, de la tuberculose. L'adolescent est mis en apprentissage chez un chirurgien qu'il quitte bientôt. Lectures: les élisabéthains, Milton, Coleridge, et toujours et avant tout Shakespeare; mais aussi Dante et les Grecs. La maison qu'habitèrent Keats et Shelley place d'Espagne, … Lire la suite Cette singulière apparence que le sel et l’encens ont donné à la flamme …
Sade Les Fontaines du Monde
Il y avait à un quart de lieue de mon château, une malheureuse chaumière appartenant à un paysan fort pauvre, qui se nommait Martin-des-Granges, père de huit enfants, et possédant une femme que l’on pouvait appeler un trésor par sa sagesse et son économie; croiriez-vous que cet asile du malheur et de la vertu excita … Lire la suite Sade Les Fontaines du Monde
Adamo è morto
À l’intérieur de la tente, à côté d’Adam, se trouvait Ève. Et à l’intérieur d’Adam, Dieu. Dieu s’est écrié: Où es-tu? Et Adam a essayé de se cacher parce qu’il était nu et en sang. Mais où qu’il se déplaçât dans l’obscurité profonde, il se heurtait à un corps qui versait du sang et il … Lire la suite Adamo è morto
Le pèlerin des nuits d’octobre
La lune apparut dans le ciel avant qu’il eût atteint les arbres. Sa lueur blonde se leva derrière lui et coula lentement sur la plaine. Il entra dans la nappe de brume qui flottait au-dessus de l’étang: elle était toute blanche à présent, d’une pâleur froide et pure qui semblait attirer à elle la clarté … Lire la suite Le pèlerin des nuits d’octobre
Cette nuit qu’on appelle la vie
https://youtu.be/DARzdvNMOAs?t=71 Comme un qui s'est perdu dans la forest profondeLoing de chemin, d'orée et d'adresse, et de gens,Comme un qui en la mer grosse d'horribles vens,Se voit presque engloutir des grans vagues de l'onde, Comme un qui erre aux champs, lors que la nuict du mondeRavit toute clarté, j'avois perdu long tempsVoye, route, et lumiere, … Lire la suite Cette nuit qu’on appelle la vie
Je vous salue Marie 52
Parmi les âmes qui tournoient Avant de s’effacer comme les eaux rapides De l’hiver sans couleur Parmi les étoiles qui passent Une femme s’attardait Près de Dieu Lui, Il a fait de l’Univers Un grand chemin d’herbe Pour ses pas vagabonds W.B. Yeats, Poésie-Gallimard, traduction de Bonnefoy Une photographie de Milton H. Greene, Marilyn Monroe, … Lire la suite Je vous salue Marie 52
La déesse est partie, comme un oiseau qui prend son vol …
L’Odyssée s’ouvre sur un temps bloqué qui doit reprendre sa course et qui ne peut le faire que parce que, dans une assemblée des dieux, Athéna se rappelle Ulysse, suscitant ainsi une longue chaîne de souvenirs. Un temps bloqué, ou plus exactement: une rigidification, dans le flux répétitif du temps, de la vie des trois … Lire la suite La déesse est partie, comme un oiseau qui prend son vol …
Un été dans les ronces
C’est l’ère de la paix, des vaccins et des pommes de terre mais les puits respirent lourdement. La chaleur accoste sur les villages les plus lointains.Les portes du village sont ouvertes, les dalles luisent de la patience de la géologie. Les moulins de l’Europe broient le vent. Les oies sauvages font route vers le nord. … Lire la suite Un été dans les ronces
My gipsy wife
Un soir qu’il avait travaillé très tard, Berny bâilla, s’étira, et se dit qu’il était temps qu’il aille se coucher. Mais il savait que s’il n’arrivait pas à oublier son travail, il ne dormirait pas de la nuit. Aussi avait-il pris l’habitude de descendre jusqu’au bord du lac en fumant sa pipe; mais, ce soir-là, il … Lire la suite My gipsy wife
Je vous salue Marie 48
Devant d'Autel en bois peint, XIIéme siècle Una barca da pesca, le traversine in rovere delia ferrovia, le botti sfruttate dal vino, i manici di amesi, l'aratro, la chitarra, il legno tenuto per il pugno dissanguato di resina e unto dal maneggio: di questa materia seconda va fatto l'altare. Un bateau de pêche, les traverses … Lire la suite Je vous salue Marie 48
La Nuit des Temps
Il y a 100 millions d'années, un ornitholeste chassait le diplodocus dans la dense forêt du jurassique. Cet ornith était une femelle dinosaure carnivore qui avait la bougeotte. Elle avait à peu près la taille d’un être humain, mais son corps était si svelte qu’elle en pesait à peine la moitié. Elle avait de puissantes … Lire la suite La Nuit des Temps
Les fureurs de Poséidon, ne les redoute pas
Quand tu prendras le chemin vers IthaqueSouhaite que dure le voyage,Qu’il soit plein d’aventures et plein d’enseignements.Les Lestrygons et les Cyclopes,Les fureurs de Poséidon, ne les redoute pas.Tu ne les trouveras pas sur ton trajetSi ta pensée demeure sereine, si seuls de pursÉmois effleurent ton âme et ton corps. Les Lestrygons et les Cyclopes,Les violences … Lire la suite Les fureurs de Poséidon, ne les redoute pas
Tu as changé mon univers et la Trinité s’est perdue
Il fut un temps où la pierre était pierre, Chaque visage dans la rue un visage parfait. Entre Dieu, la Chose et moi-même L’harmonie régnait aussitôt. Tu as changé mon univers et la trinité s’est perdue: La pierre n’est plus la pierre, Comme aux figures surgies d’un rêve, il manque quelque chose à chaque visage, … Lire la suite Tu as changé mon univers et la Trinité s’est perdue
L’ordre du temps
Écoutez. Je suis Jean. J’ai vu des choses sombres.Voyant vos passions, vos fureurs, vos amours,J’ai dit à Dieu: Seigneur, jugez où nous en sommes.Considérez la terre et regardez les hommes.Ils brisent tous les nœuds qui devaient les unir.Et Dieu m’a répondu: Certes, je vais venir! Victor Hugo En reprenant le grand livre de E.P. Thomson, … Lire la suite L’ordre du temps
Comment le symbole nous fait voir l’invisible …
L'opération de pensée qui engendre le symbole n'est pas un procédé particulier et accessoire, mais un mode fondamental de la connaissance humaine. Il y a un mode symbolique de connaissance et celui-ci est un des deux modes de la connaissance intuitive, le second n’étant autre que le mode schématique de connaissance sur lequel a particulièrement … Lire la suite Comment le symbole nous fait voir l’invisible …
Un lac de sang, ombragé par un bois de sapins toujours vert
Si le XIXéme siècle était un tableau, cette toile de grand format serait de couleurs très fortes, de valeurs très contrastées, et ce n'est pas la lumière naturelle, celle qu'ont tant aimée beaucoup de ses peintres, de Constable ou Valenciennes aux impressionnistes et à Cézanne, qu'on y verrait partout resplendir. Plus souvent le rouge des … Lire la suite Un lac de sang, ombragé par un bois de sapins toujours vert
Au lieu du bosquet, passez-moi le mot, vous aurez les branches vives
J’aimerais parler d’un livre, L’Astrée, très lu sous Louis XIII, je souhaiterais qu’il fût pays, pays avec villages et collines, hameaux et fermes isolées, pays que les pas peuvent atteindre et les troupeaux investir, mais les prés restent à leur place entre Roanne et Saint-Étienne et la lecture n’est pas la marche, à première vue. … Lire la suite Au lieu du bosquet, passez-moi le mot, vous aurez les branches vives
Les lavandières de la nuit
Voici, selon nous, la plus sinistre des visions de la peur. C’est aussi la plus répandue; je crois qu’on la retrouve en tous pays. Autour des mares stagnantes et des sources limpides, dans les bruyères comme au bord des fontaines ombragées, dans les chemins creux, sous les vieux saules comme dans la plaine brûlée du … Lire la suite Les lavandières de la nuit
Le Jihad, magnifique travail sur soi, a été plongé dans les eaux de l’individualisme capitaliste, et il est devenu criminel
Travaille ceux qui me travaillent, Combats les haineux qui m’assaillent, Éternel mon recours, Charge-moi ta forte rondache, Et du croc tes armes détache, Marchant à mon secours. Fais brandir ta lance guerrière, Et les presse en telle manière Qu’ils n’approchent de moi, Puis mon âme ainsi réconforte, Âme ne doute en nulle sorte, Je suis … Lire la suite Le Jihad, magnifique travail sur soi, a été plongé dans les eaux de l’individualisme capitaliste, et il est devenu criminel
Tra la perduta gente
Ce sera tout à fait comme dans cette vie! Le même jardin,Profond, profond, touffu, obscur. Et vers midiDes gens s'étonneront d'être réunis làQui ne se sont jamais connus et qui ne savent Les uns des autres que ceci: qu'il faudra s'habillerComme pour une fête et aller dans la nuitDes disparus, tout seul, sans amour et … Lire la suite Tra la perduta gente
Dieu est mort
Non, Dieu ne cherche pas L’adoration, le front courbé, l’esprit Qui l’invoque et qui le questionne, pas même Le cri de la révolte. Il cherche à voir, comme l’enfant voit, une pierre, Un arbre, un fruit, La treille sous le toit, L’oiseau qui s’est posé sur la grappe mûre. Dieu cherche, lui sans yeux, À … Lire la suite Dieu est mort
Qui es-tu, Edward Hyde ? De la boue de l’enfer, de la poussière amorphe …
Considérons d’abord l’interprétation proposée par Jekyll -ce que Stevenson nomme sa version de l’affaire. Par la place qui lui est accordée dans le récit, c’est cette version qui semble avoir été privilégiée par l’auteur, de sorte qu’elle fut aussi prioritairement retenue par ses lecteurs. La dualité dont il est question est celle du Bien et … Lire la suite Qui es-tu, Edward Hyde ? De la boue de l’enfer, de la poussière amorphe …
La langue n’a pas trouvé de mots, mais elle a continué …
Accessible, proche et sauvegardée, au milieu de tant de pertes, ne demeura que ceci: la langue. Elle, la langue, fut sauvegardée, oui, malgré tout. Mais elle dut alors traverser son propre manque de réponses, dut traverser un mutisme effroyable, traverser les mille ténèbres des discours porteurs de mort. Elle traversa et ne trouva pas de … Lire la suite La langue n’a pas trouvé de mots, mais elle a continué …
Il compta les pierres
On est étrange quand on est perdu, lui dit son père. Saïd n’entendit pas le reste. Il ne pouvait pas compter les vagues Qui l’avaient mené sur l'autre côté Du détroit de Gibraltar Alors il déchira sa mémoire, Laissant derrière lui les lieux d’où il venait, Et il apprit à prier autrement. Il s’agenouilla au … Lire la suite Il compta les pierres