3 Vers les profondeurs, les insondables profondeurs du souffle primordial …

Être libre n’est pas être sans liens, sans dépendances, sujet absolu désengagé, mais pouvoir créer une expérience qui permette de poursuivre, de sortir des impasses. L’idée d’une individuation de la liberté est contraire à cette conception. Merleau-Ponty et Sartre adoptent à ce propos deux perspectives très diffé­rentes. Selon Sartre, la liberté rend possible l'action; selon … Lire la suite 3 Vers les profondeurs, les insondables profondeurs du souffle primordial …

Descartes le cœur des bêtes

Il y a deux façons d'aborder la question de la différence entre l'homme et l'animal: dans la perspective de l'histoire des sciences, pour mesurer l'influence de la thèse cartésienne sur les savants; ou en la rapportant au développement de la pensée cartésienne. Or celle-ci détermine une façon pour l'homme de se rapporter à lui-même et … Lire la suite Descartes le cœur des bêtes

Le peintre dont l’ombre est un voyageur

Qu'on ne se contente pas trop facilement des explications les plus simples -un hasard, le mécénat, les commandes- quand il s'agit de cette question qui me paraît essentielle: pourquoi un peintre a-t-il changé de pays, laissant pour d'autres horizons, d'autres couleurs, et toujours une autre lumière, le lieu où il a vécu, où il a … Lire la suite Le peintre dont l’ombre est un voyageur

Je rame

Mais j'ai grandi, Comme un cochon dans un trenchcoat j'ai grandi, Et puis il y a eu un tas d’apparitions étranges, La pluie obsédante, le soleil tournant au poison Et tout ça, des scies à l’œuvre dans mon cœur, Mais j'ai grandi, j'ai grandi, Et Dieu était là comme une île vers laquelle je n'avais … Lire la suite Je rame

Depuis longtemps déjà j’ai cessé de vivre. Je caresse du doigt la tranche des livres

Ma tristesse est mon château-fort. Il se dresse comme un nid d’aigle au sommet d’une montagne et s’élève haut dans les nuages. Personne ne peut l’assaillir. De là, je vole jusqu’en bas dans la réalité. Je ramène mon butin dans mon château. Mon butin ce sont des images. Je les fais entrer dans une tapisserie … Lire la suite Depuis longtemps déjà j’ai cessé de vivre. Je caresse du doigt la tranche des livres

1 Elle veille au salut du Tout-Monde

Elle veille au salut de l'Empire! Qui? La Mère des dieux. De quel Empire? De l'Empire. Le seul, qui navigue au milieu des étoiles, qui est l'autre nom de la Terre. Roma Aeterna Universalis. La notion d'Empire, cependant, apparait à beaucoup comme la négation des Nations, alors que c'est tout le contraire. Il vaut donc … Lire la suite 1 Elle veille au salut du Tout-Monde

2 Le sanctuaire de l’Étrangère

La dualité des usages rituels, en particulier le cortège extatique et sanglant des galles qui traversait les grandes cités grecques, accompagnant le char de la déesse, était connu de Lucrèce: Attelé de deux lions, ce char conduisait la déesse, parée de sa couronne crénelée, au milieu des frissons de la foule. Les tambourins tendus tonnent … Lire la suite 2 Le sanctuaire de l’Étrangère

3 La Mère des démons, renversée dans la boue, pétrifiée

Quand les galles ne sont plus qu’un lointain souvenir, des éléments hérités du rituel politique, et en particulier la procession de l’image cultuelle, subsistent encore longtemps, liés à une déesse que l’Antiquité tardive et chrétienne s’évertue à appeler Bérécynthia. Les Acta Sanctorum, à la date du 22 août, rapportent que la population d’Autun, chez les … Lire la suite 3 La Mère des démons, renversée dans la boue, pétrifiée

4 Du Féminin, de son culte secret, de ses adoratrices

Tout se passe comme si le culte marial, qui se développe surtout à partir du concile d’Éphèse (431), et qui repose sur la définition de Marie comme theotôkos (génitrice de dieu), devait être protégé d’une tentation redoutable: celle d’accorder à la Vierge un statut divin, ce qui l’assimilerait carrément, fût-ce sous un mode accordé au … Lire la suite 4 Du Féminin, de son culte secret, de ses adoratrices

5 La souche obscure d’où montent ensemble et séparées ces intuitions majeures …

J’ai relu récemment, et même traduit (ce qui intensi­fie les lectures) la Résurrection, de Yeats. C’est une brève pièce de théâtre qu’un poème ouvre et un autre clôt, ou semble clore. On y entend trois jeunes gens, un Grec, un Juif, un Syrien, s’interroger dans le vestibule de la maison des Apôtres au lendemain de … Lire la suite 5 La souche obscure d’où montent ensemble et séparées ces intuitions majeures …

C’était il y a un millier de portes

Quand j'étais une enfant solitaireDans une grande maison avec quatreGarages et que l'été était là Autant que je puisse me souvenir,J'étais étendue sur la pelouse la nuitLes trèfles se froissaient sur moiLes étoiles sages se couchaient sur moiLa fenêtre de ma mère, un entonnoirDe chaleur jaune qui se tarissait,La fenêtre de mon père, moitié ferméeEt … Lire la suite C’était il y a un millier de portes

1 Qu’est-ce que Clara ? Les marronniers en fleurs

De Platon à Heidegger, la philosophie a beaucoup parlé en dialogues, comme si ce type d’échange où chacun engage son manque et sa (vraie ou fausse) plénitude constituait pour elle un langage de réfé­rence dont tout système monologué doit, un jour ou l’autre, faire l’épreuve. Clara -un dia­logue, précise le titre- illustre cette tradition de … Lire la suite 1 Qu’est-ce que Clara ? Les marronniers en fleurs

2 Si au sein même de la nuit une lumière se levait, si un jour noc­turne et une nuit transfigurée nous entouraient tous, ce serait là le comble de tous nos vœux …

Le philosopher s'éveille avec le sentiment de la rude écorce du fini, sous laquelle l'infini se trouve enchainé, et en quelque sorte enseveli ... Le dialogue semble concerner un unique objet -le problème éternelle­ment pressant de l’immortalité de l’âme. On peut certes justifier ce choix par la situation personnelle de Schelling, au lendemain de la … Lire la suite 2 Si au sein même de la nuit une lumière se levait, si un jour noc­turne et une nuit transfigurée nous entouraient tous, ce serait là le comble de tous nos vœux …

3 La terre est une ruine, où les animaux séjournent comme des fan­tômes …

A la nature nous opposons bien le monde des esprits? Elle acquiesça. Et nous pouvons voir en l’homme la charnière entre les deux mondes? Elle tomba d’accord sur ce point aussi. Ainsi, ne devrions-nous pas considérer comme un arrêt divin que cette nature s’élève jusqu’à l’homme pour trouver précisément en lui le point de réunion … Lire la suite 3 La terre est une ruine, où les animaux séjournent comme des fan­tômes …

4 L’Élixir végétal de la Grande Chartreuse

Pauvre âme vagabonde, passant superficiel, ouvrier sans racines! Voilà une potion magique qui te rapprochera de la Terre. D'où le fabuleux succès (commercial ...) des liqueurs monastiques, dès 1840 ... J’ai vu les plus beaux monastères du monde; souvent, sur le mont Cassin, dans la forêt de Camaldoli, ou le long du Main et du … Lire la suite 4 L’Élixir végétal de la Grande Chartreuse