Je rame

Mais j'ai grandi, Comme un cochon dans un trenchcoat j'ai grandi, Et puis il y a eu un tas d’apparitions étranges, La pluie obsédante, le soleil tournant au poison Et tout ça, des scies à l’œuvre dans mon cœur, Mais j'ai grandi, j'ai grandi, Et Dieu était là comme une île vers laquelle je n'avais … Lire la suite Je rame

Depuis longtemps déjà j’ai cessé de vivre. Je caresse du doigt la tranche des livres

Ma tristesse est mon château-fort. Il se dresse comme un nid d’aigle au sommet d’une montagne et s’élève haut dans les nuages. Personne ne peut l’assaillir. De là, je vole jusqu’en bas dans la réalité. Je ramène mon butin dans mon château. Mon butin ce sont des images. Je les fais entrer dans une tapisserie … Lire la suite Depuis longtemps déjà j’ai cessé de vivre. Je caresse du doigt la tranche des livres

1 Elle veille au salut du Tout-Monde

Elle veille au salut de l'Empire! Qui? La Mère des dieux. De quel Empire? De l'Empire. Le seul, qui navigue au milieu des étoiles, qui est l'autre nom de la Terre. Roma Aeterna Universalis. La notion d'Empire, cependant, apparait à beaucoup comme la négation des Nations, alors que c'est tout le contraire. Il vaut donc … Lire la suite 1 Elle veille au salut du Tout-Monde

2 Le sanctuaire de l’Étrangère

La dualité des usages rituels, en particulier le cortège extatique et sanglant des galles qui traversait les grandes cités grecques, accompagnant le char de la déesse, était connu de Lucrèce: Attelé de deux lions, ce char conduisait la déesse, parée de sa couronne crénelée, au milieu des frissons de la foule. Les tambourins tendus tonnent … Lire la suite 2 Le sanctuaire de l’Étrangère

3 La Mère des démons, renversée dans la boue, pétrifiée

Quand les galles ne sont plus qu’un lointain souvenir, des éléments hérités du rituel politique, et en particulier la procession de l’image cultuelle, subsistent encore longtemps, liés à une déesse que l’Antiquité tardive et chrétienne s’évertue à appeler Bérécynthia. Les Acta Sanctorum, à la date du 22 août, rapportent que la population d’Autun, chez les … Lire la suite 3 La Mère des démons, renversée dans la boue, pétrifiée

4 Du Féminin, de son culte secret, de ses adoratrices

Tout se passe comme si le culte marial, qui se développe surtout à partir du concile d’Éphèse (431), et qui repose sur la définition de Marie comme theotôkos (génitrice de dieu), devait être protégé d’une tentation redoutable: celle d’accorder à la Vierge un statut divin, ce qui l’assimilerait carrément, fût-ce sous un mode accordé au … Lire la suite 4 Du Féminin, de son culte secret, de ses adoratrices

5 La souche obscure d’où montent ensemble et séparées ces intuitions majeures …

J’ai relu récemment, et même traduit (ce qui intensi­fie les lectures) la Résurrection, de Yeats. C’est une brève pièce de théâtre qu’un poème ouvre et un autre clôt, ou semble clore. On y entend trois jeunes gens, un Grec, un Juif, un Syrien, s’interroger dans le vestibule de la maison des Apôtres au lendemain de … Lire la suite 5 La souche obscure d’où montent ensemble et séparées ces intuitions majeures …

C’était il y a un millier de portes

Quand j'étais une enfant solitaireDans une grande maison avec quatreGarages et que l'été était là Autant que je puisse me souvenir,J'étais étendue sur la pelouse la nuitLes trèfles se froissaient sur moiLes étoiles sages se couchaient sur moiLa fenêtre de ma mère, un entonnoirDe chaleur jaune qui se tarissait,La fenêtre de mon père, moitié ferméeEt … Lire la suite C’était il y a un millier de portes

1 Qu’est-ce que Clara ? Les marronniers en fleurs

De Platon à Heidegger, la philosophie a beaucoup parlé en dialogues, comme si ce type d’échange où chacun engage son manque et sa (vraie ou fausse) plénitude constituait pour elle un langage de réfé­rence dont tout système monologué doit, un jour ou l’autre, faire l’épreuve. Clara -un dia­logue, précise le titre- illustre cette tradition de … Lire la suite 1 Qu’est-ce que Clara ? Les marronniers en fleurs

2 Si au sein même de la nuit une lumière se levait, si un jour noc­turne et une nuit transfigurée nous entouraient tous, ce serait là le comble de tous nos vœux …

Le philosopher s'éveille avec le sentiment de la rude écorce du fini, sous laquelle l'infini se trouve enchainé, et en quelque sorte enseveli ... Le dialogue semble concerner un unique objet -le problème éternelle­ment pressant de l’immortalité de l’âme. On peut certes justifier ce choix par la situation personnelle de Schelling, au lendemain de la … Lire la suite 2 Si au sein même de la nuit une lumière se levait, si un jour noc­turne et une nuit transfigurée nous entouraient tous, ce serait là le comble de tous nos vœux …

3 La terre est une ruine, où les animaux séjournent comme des fan­tômes …

A la nature nous opposons bien le monde des esprits? Elle acquiesça. Et nous pouvons voir en l’homme la charnière entre les deux mondes? Elle tomba d’accord sur ce point aussi. Ainsi, ne devrions-nous pas considérer comme un arrêt divin que cette nature s’élève jusqu’à l’homme pour trouver précisément en lui le point de réunion … Lire la suite 3 La terre est une ruine, où les animaux séjournent comme des fan­tômes …

4 L’Élixir végétal de la Grande Chartreuse

Pauvre âme vagabonde, passant superficiel, ouvrier sans racines! Voilà une potion magique qui te rapprochera de la Terre. D'où le fabuleux succès (commercial ...) des liqueurs monastiques, dès 1840 ... J’ai vu les plus beaux monastères du monde; souvent, sur le mont Cassin, dans la forêt de Camaldoli, ou le long du Main et du … Lire la suite 4 L’Élixir végétal de la Grande Chartreuse

Donne moi la main, que je te montre la passe des Espionnes

Elles recèlent la poésie en mélinite bien dosée dans des bonbonnes A volonté, elles changent de verdure Elles jouent à la roulette avec les jours de leurs calendriers C’est Rirette Maitrejean au cœur tremblant qui nous est à peine apparue Elle préparait si bien le thé pour la bande à Bonnot Les désirs roulaient autour … Lire la suite Donne moi la main, que je te montre la passe des Espionnes

La raison pour laquelle je devins le gardien du cimetière de Saint Guitton, Monsieur le Juge ? Mon Dieu, la faim et le froid …

Imaginez-vous quelqu’un, vêtu d’un complet d’été, ayant fait soixante kilomètres séparant deux villes: celle où on lui a refusé tout travail et tout secours, et celle qui fut son dernier espoir. Imaginez-vous cet être nourri de carottes glacées sentant le purin et l’engrais et de pommes reinettes, aigres et dures, oubliées sur l’herbe d’un verger … Lire la suite La raison pour laquelle je devins le gardien du cimetière de Saint Guitton, Monsieur le Juge ? Mon Dieu, la faim et le froid …

En ce temps là tu peignais des rêves pour Robert le Diable

Desnos en marchant sans fin par les rues Me lisait de longs manuscrits en prose à l’encre rouge Où se mariaient Jules Verne Sade et Nerval Toute parole en ce temps-là semblait avoir une odeur d’ambre Tu touchais à la nuit d’une façon distraite Comme à une porte ouverte sur un néant familier Tu peignais … Lire la suite En ce temps là tu peignais des rêves pour Robert le Diable

Le Bélier de la Nuit

Les architectes de Babel parlaient un jargon dépourvue de sens -intraduisible, puisqu’il voulait tout dire, galimatias démoniaque … Pape Satan, pape Satan, aleppe, s’écrie d’une voix enrouée Plutus au début du chant VII de l’Enfer. Ne convenait-il pas que le loup maudit aux lèvres enflées, le dieu des avares, le dieu de l’or, s’exprimât dans … Lire la suite Le Bélier de la Nuit

Un patrimoine immatériel de bêtise, de souffrance et de mensonge

La corrida es importada d'Espanha au segle XIX (sota l'impuls d'Eugenia de Montijo, esposa de Napoléon III) en seguida de praticas mai ancianas ... Vertat es: a passat temps, de batèstas sagnosas entre buous e canhs, o de tormentatges publics de vedèus, se fasian per amusar lo poble D'aquela barbaria ne podem èstre autan fiers … Lire la suite Un patrimoine immatériel de bêtise, de souffrance et de mensonge