Sur ce taureau de fer qui fume, souffle et beugle,L'homme a monté trop tôt. Nul ne connaît encorQuels orages en lui porte ce rude aveugle ...Mais il faut triompher du temps et de l'espace,Arriver ou mourir. Les marchands sont jaloux.L'or pleut sous les charbons de la vapeur qui passe,Le moment et le but sont l'univers … Lire la suite Sur ce taureau de fer qui fume, souffle et beugle, l’homme a monté trop tôt …
Catégorie : Poésie
Il a avancé dans son âge, et dans cette sauvagerie qui est pour lui la sagesse …
Eustache en Crète, XIVéme siècle Si seulement je pouvais le voir! Rien que le voir. Mesurer ce qu'il a sur la tête, ce bois d’os plus dur que le plus dur des bois d’ébène, né d’une souche aux plis de dentelle et sculpté tout le long des perches de nervures, rainures, perlures, jusqu’aux pointes lisses … Lire la suite Il a avancé dans son âge, et dans cette sauvagerie qui est pour lui la sagesse …
Il y aura toujours une pelle au vent dans les sables du rêve
I Baron Samedi et Maman Brigitte
Calabre, ex-voto en terre cuite, VIéme siècle avant J.C. Hadès et Perséphone! Le Roi et la Reine de l’Obscur n’ont qu’un seul temple, très au Nord, en pleine forêt, en Épire. On n’ouvre les portes qu’une fois l’an. On sacrifie un taureau noir. Au bord d’une autre mer, dans une autre lumière, ils s'appellent Baron … Lire la suite I Baron Samedi et Maman Brigitte
Les exécrables expériences de l’Abbé Erpénius
Il faisait terriblement calme et chaud. L'air paraissait vibrer au-dessus du buisson de l'autre côté de la route. Il était assis sur le talus, les pieds dans le fossé tout sec, les jambes ouvertes, sa soutane faisant sur ses cuisses une table noire où tombaient des brins de tabac. Son chapeau à côté de lui, … Lire la suite Les exécrables expériences de l’Abbé Erpénius
C’est ainsi que la Terre n’est pas une étrangère …
Parler de naissance chez Lucrèce pourrait paraître paradoxal puisque lui-même, au livre II, définit l'atome comme éternel, sans fin et donc sans commencement: l'être ne pouvant sortir du non-être est, de toute éternité ...Cependant nous distinguerons les elementa et les principia. Si effectivement les elementa, les atomes, sont solides, sans faille, éternels et par là … Lire la suite C’est ainsi que la Terre n’est pas une étrangère …
Quand le feuillage rêve
On dit que l’effraie Boit l’huile aux lampes du sanctuaire Dans les églises de village Elle entre par le vitrail brisé Dans ces heures de nuit Quand les bons et les violents s’endorment Quand l’orgueil et l’amour s’épuisent Quand le feuillage rêve La bête réchauffe son sang Avec les Saintes Huiles Jean Follain, Exister Philippe … Lire la suite Quand le feuillage rêve
Borges, un de ces ironique faiseurs de labyrinthes, où la vérité s’évapore ? Mais non, un homme moderne …
Borges est durement méconnu. Une grande pensée de notre époque s’est reconnue dans son œuvre, et c’est l'immense succès de cette doctrine qui a précipité sa gloire. Mais cette philosophie n'était pas la sienne, il n'a jamais fait que s'en approcher, en ces points où elle est véridique. Cette philosophie souligne que la notion ne coïncide … Lire la suite Borges, un de ces ironique faiseurs de labyrinthes, où la vérité s’évapore ? Mais non, un homme moderne …
Je ne dirai pas le feu. Je dirai Jeanne
Le portail du château avertissait: Tu étais déjà ici avant d’entrer Et, quand tu sortiras, tu ne sauras pas que tu restes Diderot raconte la parabole. Elle résume mes jours Qui aujourd'hui sont nombreux. J'ai été fervent d'autres amours Et de l'érudition versatile ... Pourtant je n'ai jamais cessé d’être en France Et je serai … Lire la suite Je ne dirai pas le feu. Je dirai Jeanne
La route du chien perplexe a été notre route
Nous nous consultons. Nous ne savons plus. Nous n’en savons pas plus l’un que l’autre. Celui-ci est affolé. Celui-là confondu. Tous sont désemparés. Le calme n’est plus. La sagesse ne dure pas le temps d’une inspiration. Dites-moi. Qui ayant reçu trois flèches dans la joue se présentera d’un air dégagé? L’union du moi et du … Lire la suite La route du chien perplexe a été notre route
Des dieux nouveaux sont venus danser sur nos plages
N'est-il pas ironique que les plus beaux textes écrits sur ces îles, Tanna, Ambrym, Hiva Oa, Nuku Hiva, aient eu pour auteurs les deux hommes qui se sont le plus mal conduits à l'égard de leurs habitants? L'un, Robert James Fletcher, qui vécut à Tanna, mangea de ses fruits, but de son eau et viola … Lire la suite Des dieux nouveaux sont venus danser sur nos plages
Dans le silence de la nuit, à l’heure où le lion de Judas ressuscita d’entre les morts, moi, Joachim …
... Je vis un ange qui volait par le milieu du ciel, ayant un Évangile éternel pour le proclamer aux habitants de la terre, à toute nation, à toute tribu, à toute langue et à tout peuple, et qui disait d’une voix forte: Craignez Dieu et glorifiez-le, car l’heure de son jugement est venue! Apocalypse, … Lire la suite Dans le silence de la nuit, à l’heure où le lion de Judas ressuscita d’entre les morts, moi, Joachim …
Tes yeux comme une sonnerie bloquée Antonin
Comme un printemps foutu Avec tes mains Tes mains sur les barreaux de l’asile Tes mains sur les fils électriques Sur l’espagnolette sur la poésie partout Antonin partout Tes mains sur ton front pressées Sur tous les corps de jeunes filles Sur la campagne de Rodez Antonin la campagne Tu pêcherais dans la rivière Avec … Lire la suite Tes yeux comme une sonnerie bloquée Antonin
Dans les hautes herbes, à la chute du jour, dans les endroits écartés de l’Extrême Occident …
... Il n'est pas rare d'apercevoir un homme noir, ayant la mine d’un charretier ou d’un bûcheron, chaussé de sabots, vêtu d’un pantalon et d’un sarrau de toile, et reconnaissable en ce qu’au lieu de bonnet ou de chapeau il a deux immenses cornes sur la tête. Ceci doit le rendre reconnaissable en effet. Cet … Lire la suite Dans les hautes herbes, à la chute du jour, dans les endroits écartés de l’Extrême Occident …
3 Des rideaux agités par l’Absence sans fond
J’en reviens à Mallarmé et je puis revenir à lui, parce que de sa découverte du Néant, il n’a pas laissé un simple constat, quitte à préciser celui-ci avec quelques indications de nature philosophique sur le sens de cette expérience. Comme les lecteurs de ses lettres ou des poèmes juste cités le savent bien, Mallarmé … Lire la suite 3 Des rideaux agités par l’Absence sans fond
4 La lune, au-dessus du temps, la lune vue en face, au-delà des rideaux de la pensée
Et si Mallarmé s’est porté si loin, dans Igitur, et peut même nous entraîner à sa suite, c’est aussi qu’il a su évoquer dans ce texte un des moments clefs de l’expérience vécue, peut-être même celui qui en avait été l’origine. Il y a une horloge dans cette chambre nocturne. Et quand, dans ses propres … Lire la suite 4 La lune, au-dessus du temps, la lune vue en face, au-delà des rideaux de la pensée
5 La multiplication à l’infini des photographies hâte la fin du monde
Et en ce point, avec la sympathie que tout espoir même déraisonnable suscite, on peut vouloir suivre Mallarmé au-delà d’Igitur dans son existence: quand, mille fois, il rejette, l’esprit meurtri ou las, ce qu’il appelle son vice, mais ne cesse d’y revenir et écrit ainsi quelques grands poèmes qui disent cette passion, cette rêverie. L’un … Lire la suite 5 La multiplication à l’infini des photographies hâte la fin du monde
6 La Compagnie des Exorcistes
C’est de Degas qu’il s’agit. Degas ne fut assurément pas un photographe professionnel mais tôt dans sa vie il s’était adonné à la pratique nouvelle; et, après l’avoir longtemps délaissée, il y revint dans les dernières années du siècle avec un intérêt singulier, qui étonna ses amis: il semblait trouver à faire poser ceux-ci, de … Lire la suite 6 La Compagnie des Exorcistes
Un jour nos signes auront leur lieu dehors, dans l’herbe de la montagne
Si l’œuvre de Bonnefoy n’a cessé de méditer la pierre comme support de ses inscriptions (Les Tombeaux de Ravenne, 1953; Pierre écrite, 1958; Sur de grands cercles de pierre, 1986; Comme aller loin, dans les pierres, 1992 ...), si elle empile un à un ses poèmes-pierres, il me semble que l’œuvre de la maturité, non seulement … Lire la suite Un jour nos signes auront leur lieu dehors, dans l’herbe de la montagne
Ce que tout homme vaguement désire en songe s’est offert à toi, une journée d’automne, au plus profond de la forêt
Tu dors comme un bœuf. Tu t’es soûlé, hier soir encore, et maintenant des vapeurs de rhum font se culbuter les mouches autour de l’œuf aérien qui sert de contrepoids à la lampe. Le matin approche: pâlit la lumière du gaz en face de la fenêtre dont tu négligeas de tirer les volets. Sur le … Lire la suite Ce que tout homme vaguement désire en songe s’est offert à toi, une journée d’automne, au plus profond de la forêt
Je passais la nuit dans un motel au bord de la E3
Là, dans ma chambre, il y avait une odeur déjàRencontrée auparavant dans les collections orientales d'un musée:Des masques tibétains, japonais, sur un mur clair. Ce ne sont plus des masques mais des visagesQui traversent le mur blanc de l'oubli pour respirer, pour poser une question. Je reste éveillé et je les vois se battre et … Lire la suite Je passais la nuit dans un motel au bord de la E3
J’appelle Ettie, morte en automne à vingt-sept ans
Sur les bois oubliés quand passe l’hiver sombreTu te plains, ô captif solitaire du seuil,Que ce sépulcre à deux qui fera notre orgueilHélas! Du manque seul des lourds bouquets s’encombre. Sans écouter Minuit qui jeta son vain nombre,Une veille t’exalte à ne pas fermer l’œilAvant que dans les bras de l’ancien fauteuilLe suprême tison n’ait éclairé … Lire la suite J’appelle Ettie, morte en automne à vingt-sept ans
Apprends-moi à entendre chanter les Sirènes …
Va attraper une étoile filante,Fais enfanter les mandragoresDis-moi où sont allés les jours d'antan ...Apprends-moi à entendre chanter les Sirènes,A me garder des poinçons de la haine! Si tu es né pour des paysages impossibles,Pour voir des choses invisibles,Chevauche mille et une nuits, et chevauche le Temps! John Donne
L’Homme-Loup te fera traverser les torrents de montagne
Christophe est le centurion d’une légion d’hommes-chiens, d’hommes-loups, un de ces hommes à tête de molosse qui vivent sur les Confins. Ils gardent la frontière de l'Empire. Christophe a été fait prisonnier par l'Autre Côté, s'est converti, revient, meurt en martyr! Le limes n'a pas disparu, il a proliféré. Depuis l'Effondrement les confins sont partout, … Lire la suite L’Homme-Loup te fera traverser les torrents de montagne
Les étoiles sont des feux qui ne s’éteignent jamais, comme ceux des Enfers
Enfin la nuit m’enveloppait;Je flottais dessus, peut-être dedans,Ou elle me portait comme une rivière porteUn bateau, et en même tempsElle tourbillonnait au-dessus de moi,Parsemée d’étoiles mais néanmoins obscure. J’étais sur mon balcon.Dans ma main droite je tenais un verre de whiskyDans lequel deux glaçons fondaient. Le silence était entré en moi.Il était comme la nuit, … Lire la suite Les étoiles sont des feux qui ne s’éteignent jamais, comme ceux des Enfers