Bruno Latour se propose d’abolir la République et de transformer le monde en laboratoire …

Nom de Dieu! Il avait pourtant l'air d'un bon garçon! Pourquoi diable? Pour remplacer la démocratie -et donc forclore à jamais la lutte des classes, alors là, médaille d'or!- par une espèce de débat baptisé composition entre humains et non-humains, où Monsanto et les campagnols auraient les mêmes droits. Tiens, qui va gagner. Caricature? Hélas: ... … Lire la suite Bruno Latour se propose d’abolir la République et de transformer le monde en laboratoire …

Comment le symbole nous fait voir l’invisible …

L'opération de pensée qui engendre le symbole n'est pas un procédé particulier et accessoire, mais un mode fondamental de la connaissance humaine. Il y a un mode symbolique de connaissance et celui-ci est un des deux modes de la connaissance intuitive, le second n’étant autre que le mode schématique de connaissance sur lequel a particulièrement … Lire la suite Comment le symbole nous fait voir l’invisible …

Un lac de sang, ombragé par un bois de sapins toujours vert

Si le XIXéme siècle était un tableau, cette toile de grand format serait de couleurs très fortes, de valeurs très contrastées, et ce n'est pas la lumière naturelle, celle qu'ont tant aimée beaucoup de ses peintres, de Constable ou Valenciennes aux impressionnistes et à Cézanne, qu'on y verrait partout resplendir. Plus souvent le rouge des … Lire la suite Un lac de sang, ombragé par un bois de sapins toujours vert

Les apocalypses sont-elles des prophéties ?

Chercher des vaticinations portant sur les années ou les siècles à venir serait le pire contresens que l’on puisse faire sur l’interprétation de l’Apocalypse, dans la mesure où cette dernière ne nous parle pas d’un futur attendu, mais de vivre autrement, dès maintenant et à jamais. Prophétie et apo­calypse ne sont pas anticipatrices, ou très … Lire la suite Les apocalypses sont-elles des prophéties ?

Land Art : la tempête, le ciel et les ténèbres, le mont sablonneux et la faune innombrable

Avouons-le, le paysage est une chose étrangère pour nous, et l’on est terriblement seul sous les arbres qui fleurissent et parmi les ruisseaux qui coulent. Seul avec un homme mort, on est moins abandonné que seul avec des arbres, car quelque mystérieuse que puisse être la mort, plus mystérieuse encore est une vie qui n’est … Lire la suite Land Art : la tempête, le ciel et les ténèbres, le mont sablonneux et la faune innombrable

Oui, nous errons entre l’Un et la Matière, chair de chien, sans les toucher jamais, mais l’Idée du Feu est toute entière dans chaque flamme

Il faut revenir à la matière, substrat des corps, puis aux propriétés qu'on dit exister dans la matière. Nous connaîtrons par cet examen qu'elle est un non-être et qu'elle est impassible. Elle est incorporelle, puisque le corps lui est postérieur, qu'il est un composé, et qu'elle produit un corps en s'unissant à autre chose. Si … Lire la suite Oui, nous errons entre l’Un et la Matière, chair de chien, sans les toucher jamais, mais l’Idée du Feu est toute entière dans chaque flamme

Tu réciteras ton rêve, et ce sera une petite prophétie

Forme dégradée de la prophétie, le rêve n’en entretient pas moins avec la prophétie, et plus largement avec la Parole divine, et donc avec le Texte où cette parole est consignée, d’étranges rapports de similitude: comme elle, il est souvent allégorique, et ambigu; comme elle, il est double et mêlé; comme elle, surtout, il demande … Lire la suite Tu réciteras ton rêve, et ce sera une petite prophétie

Jadis l’herbe avait établi que la nuit vaut moins que son pouvoir

Sur la Terre recombinée, remodelée par la géo-ingénierie du capitalisme, le sauvage, ce qui est wild, et qu’il faudrait nommer, pour éviter toute équivoque, la sauvagèreté, est ramené à quelque terrain vague qui n’aurait pas été intégré au projet de simulation de l’environnement, où pousse une herbe folle, dans un champ nourri au Roundup. C’est … Lire la suite Jadis l’herbe avait établi que la nuit vaut moins que son pouvoir

Pourquoi éduquer les enfants ? Pour accueillir l’Être sauvage

A chaque génération, encore et encore Le sauvage n’est pas le nom d’un humain forclos de la civilisation, mais de ce qui en tout humain se refuse à la civilisation pour pouvoir la fonder: c’est l’inhumain, non pas comme entité froide et sans vie à l’autre bout du cosmos, mais comme ce qui résiste définitivement … Lire la suite Pourquoi éduquer les enfants ? Pour accueillir l’Être sauvage

Comment mettre à distance ce passé vénérable sans pourtant l’oublier ? Reconfigure toute la carte, danse, écris !

L’un des moments mémorables de la lutte menée par le christianisme pour s’affirmer publiquement au IV° siècle nous est parvenu sous les espèces d’un récit relatant la guerre que se livrèrent le martyr chrétien Babylas et le dieu Apollon au sujet de l’emplacement d’une source, à Daphné. Pour l’essentiel, l’histoire nous est connue grâce à … Lire la suite Comment mettre à distance ce passé vénérable sans pourtant l’oublier ? Reconfigure toute la carte, danse, écris !

Voir l’Étrangère dans la grotte

L'homme a commencé par l’étrangeté de sa propre humanité. Ou par l’humanité de sa propre étrangeté. C’est en elle qu’il s’est présenté: il se l’est présentée, ou figurée. Tel fut le savoir de soi de l’homme, que sa présence était celle d’un étranger, monstrueusement semblable. Le semblable avait le pas sur le soi, et c’était … Lire la suite Voir l’Étrangère dans la grotte

L’avenir envoie des signaux dans le passé en enjambant le présent … Lesquels? Tu le sauras demain

Laissons à nos rêveries le cabinet de curiosités cosmologiques, avec ses trous noirs et ses naines blanches, ses big bangs et ses soupes primordiales. Patience dans l’azur, ce sera pour une autre fois. Ce n’est d’ailleurs pas le temps qui manque: nous avons encore devant nous quelques millions (ou milliards?) d’années. Revenons plutôt, pour le … Lire la suite L’avenir envoie des signaux dans le passé en enjambant le présent … Lesquels? Tu le sauras demain

Si l’homme est un animal, alors il s’agit d’un animal extrêmement imparfait et précisément pour cette raison ce n’est pas du tout un animal

La lenteur du développement ontogénétique est favorable à l’aptitude à apprendre, au développement intellectuel, à l’imprégnation, donc à la transmission culturelles. L’homme est un néotène (étymologiquement, celui qui maintient sa jeunesse) en raison de son inachèvement constitutif. La période de la jeunesse est plus longue que partout ailleurs dans le règne animal. Cela signifie que … Lire la suite Si l’homme est un animal, alors il s’agit d’un animal extrêmement imparfait et précisément pour cette raison ce n’est pas du tout un animal

Au lieu du bosquet, passez-moi le mot, vous aurez les branches vives

J’aimerais parler d’un livre, L’Astrée, très lu sous Louis XIII, je souhaiterais qu’il fût pays, pays avec villages et collines, hameaux et fermes isolées, pays que les pas peuvent atteindre et les troupeaux investir, mais les prés restent à leur place entre Roanne et Saint-Étienne et la lecture n’est pas la marche, à première vue. … Lire la suite Au lieu du bosquet, passez-moi le mot, vous aurez les branches vives

Psychologie gérer les rats

L'expérience analytique s'opère d'une investigation humaniste qui fait subir à l'idée d'homme (à un certain faux humanisme ...) ce que Freud nomme une blessure narcissique. Après l'humiliation cosmologique qu'infligea à l'homme la révolution copernicienne, lui montrant qu'il n'était plus maître du monde, on comprend aisément que l'être parlant aspire a minima à l'unité de sa … Lire la suite Psychologie gérer les rats

Du transfert ? Non, de l’amour

Le travail de l'analyse ne consiste pas à guérir, mais à rouvrir des blessures. Il n'a rien d'une consolation et ne peut qu'être suspect, socialement parlant. Jean Laplanche À propos d’une crise d’hystérie, de telle manifestation pho­bique, qui n’a pas entendu dire avec un air entendu: N’y faites pas attention, il/elle le fait exprès. C’est … Lire la suite Du transfert ? Non, de l’amour

Nous nous rencontrerons sur le bord des enfers

Que la constitution d'une scène n'est pas l’exégèse d'une allégorie La méthode que j’ai suivie dans mon travail consiste à choisir une singularité dont on essaie de reconstituer les conditions de possibilité en explorant tous les réseaux de significations qui se tissent autour d’elle. C’est l’application de la méthode Jacotot: apprendre quelque chose et y … Lire la suite Nous nous rencontrerons sur le bord des enfers

La Bible de Sébastien Castellion

Tuer un homme, ce n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme. Cette phrase, écrite au milieu du XVIe siècle à Bâle, restera longtemps attachée au nom de son auteur, Sébastien Châteillon. L’idée qu’elle exprime peut paraître aujourd’hui banale. Elle était loin de l’être alors, et ceux qui ne l’auraient pas considérée comme scandaleuse … Lire la suite La Bible de Sébastien Castellion

Sur le bateau pour les étoiles

Que voyons-nous? Tout d’abord un ciel nocturne fourmillant de corps stellaires: la lune décroissante avec son auréole, un réseau d’étoiles blanches, jaunes, orange et bleues qui semblent palpiter et faire jaillir une énergie cosmique, et une spirale qui s’enroule sur elle-même et court parallèlement à l’horizon. Sous ce ciel agité, nous apercevons les maisons d’un … Lire la suite Sur le bateau pour les étoiles

Les Mondes passeront. La vie, la jeunesse et l’amour ne passeront jamais

Van Gogh affirme que la Nuit étoilée ne se réfère pas de manière explicite à la religion, mais exprime plutôt la nature plus pure de la campagne. Cet aspect de sa pensée le rapproche des savants et des géographes de son époque, qui avaient des idées radicales en matière sociale et qui voyaient dans la … Lire la suite Les Mondes passeront. La vie, la jeunesse et l’amour ne passeront jamais

Des avenues aujourd’hui perdues, recouvertes d’herbes, dans cette région de l’esprit qui s’étend entre concept et symbole, entre symbole et réalité

Notre époque est la première sur terre à laisser circuler à nu, sans vêture de sens, sans imprégnation de valeurs, les aspects bruts de la violence, de la cruauté, par exemple. Nous voici entrant à nouveau dans ce champ d'absence qui précéda la parole. Où il n'y avait pas de mémoire, pas d'avenir. Je me … Lire la suite Des avenues aujourd’hui perdues, recouvertes d’herbes, dans cette région de l’esprit qui s’étend entre concept et symbole, entre symbole et réalité

Ce Dehors qui précède l’espace et qui l’ouvre

Dans la Critique de la raison pure, l’espace et le temps sont pensés comme des formes universelles et nécessaires de l’intui­tion (conditions transcendantales de possibilité de tout ce qui peut être donné à notre sensibilité). Or la difficulté qu’il y a à penser ces formes de l’intuition réside dans le fait qu’elles précèdent l’opposition de … Lire la suite Ce Dehors qui précède l’espace et qui l’ouvre

1 Dans les Ténèbres suressentielles

Trinité suressentielle qui es au-delà du divin, au-delà du Bien, Toi qui gardes les chrétiens dans la connaissance des choses divines, conduis-nous, par-delà l'inconnaissance, vers les très hautes et très lumineuses cimes des écritures mystérieuses. Là se trouvent voilés les simples, insolubles et immuables mystères de la théologie, dans la translumineuse Ténèbre du Silence, où … Lire la suite 1 Dans les Ténèbres suressentielles

2 L’ombre des choses futures

Le stupéfiant commentaire suivi du Cantique des Cantiques par Paul Claudel n'est dépourvu ni de références scolastiques, ni d'allusions à la modernité. Il est présenté par Dominique Millet Gérard (Le lumineux abîme du Cantique des Cantiques, Parole et Silence, 2008, courts extraits): Et ici, une fois encore, fissure dans le discours, de l’autre côté de … Lire la suite 2 L’ombre des choses futures