Des dieux nouveaux sont venus danser sur nos plages

N'est-il pas ironique que les plus beaux textes écrits sur ces îles, Tanna, Ambrym, Hiva Oa, Nuku Hiva, aient eu pour auteurs les deux hommes qui se sont le plus mal conduits à l'égard de leurs habitants? L'un, Robert James Fletcher, qui vécut à Tanna, mangea de ses fruits, but de son eau et viola … Lire la suite Des dieux nouveaux sont venus danser sur nos plages

1 L’erreur tragique du Professeur Frankeinstein

Il existe deux sortes de complexités: celle que l'on pourrait appeler complexité chaotique, qui se produit à partir d'éléments simples, et la complexité organique, celle de la vie produite à partir de la vie. Si la complexité qui se reconstruit est de type chaotique, on n'a aucune idée d'où on va. Cela suscite un problème … Lire la suite 1 L’erreur tragique du Professeur Frankeinstein

2 Que la matière est toujours forme

Rembrandt: Aristote contemplant le buste d'Homère La matière sans forme, la substance, peut-on la dire, la penser? Le doit-on? Si on prend une cellule souche de l'embryon humain en principe programmée pour parti­ciper à la fabrication d'un pied pour la mettre là où il doit y avoir du cortex, elle fait du cortex. Preuve que … Lire la suite 2 Que la matière est toujours forme

3 Les idées mènent le monde ! Oui, mais le monde forme les Idées …

Les Idées, c'est-à-dire les Formes. Mais qu'est-ce qui forme les Formes? Le fait d'isoler une fonction biologique implique un niveau de discréti­sation du vivant qui relève de la fiction. Précisons: si on dit que le cœur sert à pomper le sang, on ne se trompe pas; mais si on veut remplacer un cœur organique déficient … Lire la suite 3 Les idées mènent le monde ! Oui, mais le monde forme les Idées …

4 La vie ne répond jamais seulement à ce qui se présente là ici et maintenant …

Dans le camp de la science, le finalisme religieux est totalement rejeté. Il n'est toutefois pas besoin de rejeter la finalité en soi, mais seulement de mettre au rebut celle qui a besoin d'une transcendance consciente pour se trouver un sens. Pour tenter une définition très simple de ce qu'est un objet finalisé, je dirai … Lire la suite 4 La vie ne répond jamais seulement à ce qui se présente là ici et maintenant …

Dans le silence de la nuit, à l’heure où le lion de Judas ressuscita d’entre les morts, moi, Joachim …

... Je vis un ange qui volait par le milieu du ciel, ayant un Évangile éternel pour le proclamer aux habitants de la terre, à toute nation, à toute tribu, à toute langue et à tout peuple, et qui disait d’une voix forte: Craignez Dieu et glorifiez-le, car l’heure de son jugement est venue! Apocalypse, … Lire la suite Dans le silence de la nuit, à l’heure où le lion de Judas ressuscita d’entre les morts, moi, Joachim …

Nous ne prions pas les dieux et nous ne les craignons pas. Nous nous émouvons d’être de leur élevage aventureux quand cesse leur souvenir

Protagoras est, sans doute, le premier des sophistes. C’est pourquoi on pourra rechercher, chez lui plus particulièrement, tant à travers les fragments qui demeurent, qu’à travers les témoignages qui ont été transmis, les débuts d’une mise en forme, selon une problématique que l’on dira sophistique, de problèmes spécifiques, l’apparition de concepts nouveaux et caractéristiques, la … Lire la suite Nous ne prions pas les dieux et nous ne les craignons pas. Nous nous émouvons d’être de leur élevage aventureux quand cesse leur souvenir

Dans les hautes herbes, à la chute du jour, dans les endroits écartés de l’Extrême Occident …

... Il n'est pas rare d'apercevoir un homme noir, ayant la mine d’un charretier ou d’un bûcheron, chaussé de sabots, vêtu d’un pantalon et d’un sarrau de toile, et reconnaissable en ce qu’au lieu de bonnet ou de chapeau il a deux immenses cornes sur la tête. Ceci doit le rendre reconnaissable en effet. Cet … Lire la suite Dans les hautes herbes, à la chute du jour, dans les endroits écartés de l’Extrême Occident …

La Bible de Sébastien Castellion

Tuer un homme, ce n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme. Cette phrase, écrite au milieu du XVIe siècle à Bâle, restera longtemps attachée au nom de son auteur, Sébastien Châteillon. L’idée qu’elle exprime peut paraître aujourd’hui banale. Elle était loin de l’être alors, et ceux qui ne l’auraient pas considérée comme scandaleuse … Lire la suite La Bible de Sébastien Castellion

1 L’horreur de se savoir une vaine forme de la matière

La photographie dissipe les symboles, dont semble ne rien savoir la matière qu'elle fait paraître à nos yeux. Va-t-elle éteindre pour toujours le flambeau des analogies? Yves Bonnefoy, extraits du catalogue d'une exposition du musée d'Orsay, Stéphane Mallarmé, 1998. Ce texte a été repris dans Sous l'horizon du langage * Nous pouvons conjecturer aujourd'hui ce … Lire la suite 1 L’horreur de se savoir une vaine forme de la matière

2 Le gouffre se laisse voir dans les visages, même les plus aimés …

Le non-sens a remonté dans le sens humain comme, dans les mêmes photographies, l’infini silencieux de la matière le fait dans le pan de mur ou le flanc de vase. Et cette émergence est d’autant plus angoissante que quelqu’un en nous, qui la constatons, se demande: qui a perçu cette immobilité, que nous ne rencontrons … Lire la suite 2 Le gouffre se laisse voir dans les visages, même les plus aimés …

3 Des rideaux agités par l’Absence sans fond

J’en reviens à Mallarmé et je puis revenir à lui, parce que de sa découverte du Néant, il n’a pas laissé un simple constat, quitte à préciser celui-ci avec quelques indications de nature philosophique sur le sens de cette expérience. Comme les lecteurs de ses lettres ou des poèmes juste cités le savent bien, Mallarmé … Lire la suite 3 Des rideaux agités par l’Absence sans fond

4 La lune, au-dessus du temps, la lune vue en face, au-delà des rideaux de la pensée

Et si Mallarmé s’est porté si loin, dans Igitur, et peut même nous entraîner à sa suite, c’est aussi qu’il a su évoquer dans ce texte un des moments clefs de l’expérience vécue, peut-être même celui qui en avait été l’origine. Il y a une horloge dans cette chambre nocturne. Et quand, dans ses propres … Lire la suite 4 La lune, au-dessus du temps, la lune vue en face, au-delà des rideaux de la pensée

5 La multiplication à l’infini des photographies hâte la fin du monde

Et en ce point, avec la sympathie que tout espoir même déraisonnable suscite, on peut vouloir suivre Mallarmé au-delà d’Igitur dans son existence: quand, mille fois, il rejette, l’esprit meurtri ou las, ce qu’il appelle son vice, mais ne cesse d’y revenir et écrit ainsi quelques grands poèmes qui disent cette passion, cette rêverie. L’un … Lire la suite 5 La multiplication à l’infini des photographies hâte la fin du monde

6 La Compagnie des Exorcistes

C’est de Degas qu’il s’agit. Degas ne fut assurément pas un photographe professionnel mais tôt dans sa vie il s’était adonné à la pratique nouvelle; et, après l’avoir longtemps délaissée, il y revint dans les dernières années du siècle avec un intérêt singulier, qui étonna ses amis: il semblait trouver à faire poser ceux-ci, de … Lire la suite 6 La Compagnie des Exorcistes

Jadis l’herbe

Voici donc une touffe d’herbe sur laquelle Dürer s’est penché pour déployer son talent, dans laquelle il a déployé toute sa palette technique. Étrange humilité que de se mettre à hauteur du sol pour un artiste assujetti à des commandes narratives et à défendre son savoir-faire. Quel temps a-t-il à perdre en s’écartant des sujets … Lire la suite Jadis l’herbe

Un jour nos signes auront leur lieu dehors, dans l’herbe de la montagne

Si l’œuvre de Bonnefoy n’a cessé de méditer la pierre comme support de ses inscriptions (Les Tombeaux de Ravenne, 1953; Pierre écrite, 1958; Sur de grands cercles de pierre, 1986; Comme aller loin, dans les pierres, 1992 ...), si elle empile un à un ses poèmes-pierres, il me semble que l’œuvre de la maturité, non seulement … Lire la suite Un jour nos signes auront leur lieu dehors, dans l’herbe de la montagne

Ce que tout homme vaguement désire en songe s’est offert à toi, une journée d’automne, au plus profond de la forêt

Tu dors comme un bœuf. Tu t’es soûlé, hier soir encore, et maintenant des vapeurs de rhum font se culbuter les mouches autour de l’œuf aérien qui sert de contrepoids à la lampe. Le matin approche: pâlit la lumière du gaz en face de la fenêtre dont tu négligeas de tirer les volets. Sur le … Lire la suite Ce que tout homme vaguement désire en songe s’est offert à toi, une journée d’automne, au plus profond de la forêt

Je passais la nuit dans un motel au bord de la E3

Là, dans ma chambre, il y avait une odeur déjàRencontrée auparavant dans les collections orientales d'un musée:Des masques tibétains, japonais, sur un mur clair. Ce ne sont plus des masques mais des visagesQui traversent le mur blanc de l'oubli pour respirer, pour poser une question. Je reste éveillé et je les vois se battre et … Lire la suite Je passais la nuit dans un motel au bord de la E3

Frédéric Nietzsche, un publiciste confédéré tendance kitsch

Le lecteur de 1872 hésitait à décider si La Naissance de la Tragédie est un traité de philologie classique, ou un ouvrage de critique musicale, comme le suggère l’hommage éclatant rendu à Richard Wagner, ou encore un ouvrage de critique culturelle contemporaine, ce que les constants va-et-vient entre antiquité grecque et période actuelle peuvent laisser … Lire la suite Frédéric Nietzsche, un publiciste confédéré tendance kitsch

Tu remplaceras la notion de Monde par celle de Planète

Michaël Fœssel Il y a un paradoxe de l'idée cosmopolitique aujourd'hui. Si le monde est généralement perçu comme le niveau efficient de l'action collective, les espérances portant sur son institutionnalisation politique sont de plus en plus ténues. La généralisation du commerce (en un sens qui n'est pas seulement économique) n'a pas mené à la mondialisation … Lire la suite Tu remplaceras la notion de Monde par celle de Planète

Le sensible n’est pas l’étalage de l’être, il en est la manifestation

J’interroge ce qui est là, auprès duquel je suis, et qui sans défaillir m’apprend sa présence et la mienne. Il ne cesse de m’apprendre qu’il est là et que j’y suis, dans la simplicité d'un pli unique qui ne peut qu'exister ou disparaître, mais non pas s’altérer. Je ne saurais l'interroger à partir de rien … Lire la suite Le sensible n’est pas l’étalage de l’être, il en est la manifestation

Deux femmes nues qui jouent aux Dames

1897, Huile sur Carton, Musée d'Art et d'Histoire, Genève Félix Vallotton est né en 1897 dans le Jura suisse: ces jardins coupés d’eaux brillantes, ces villages, ces prés, ces lacs et ces montagnes, il les a peint sa vie durant. Il a tôt rejoint le Paris 1900 et ses mémorables révolutions artistiques. Il a côtoyé … Lire la suite Deux femmes nues qui jouent aux Dames

Ces histoires sur le prétendu langage animal, ce serait un déni de la lutte des classes ?

-Mais oui ... La démocratie, c’est: discutons. C’est-à-dire l'interlocution argumentative entre partenaires égaux, en vue de parvenir à une décision unanime ou majoritaire. Tel est le principe. Il appelle quelques précisions. Il semble, écrit Hannah Arendt, qu’un homme qui n’est rien d’autre qu’un homme a précisément perdu les qualités qui permettent aux autres de le … Lire la suite Ces histoires sur le prétendu langage animal, ce serait un déni de la lutte des classes ?