Étienne: Vous êtes bien comme vos pères [Il s'agit des prêtres juifs]. Lequel des prophètes vos pères n'ont-ils pas persécuté? Ils ont même tué ceux qui annonçaient d'avance la venue du Juste, celui-là même que maintenant vous avez trahi et assassiné.Ces paroles les exaspérèrent et ils grinçaient des dents contre Étienne. Mais lui fixait le … Lire la suite 1 Leurs habits liturgiques? Des vieux torchons!
2 Tresse les temps! Ces vieux torchons fais-en des cordes pour s’accrocher et sortir de la boue
Et les chefs dirent au roi: Que cet homme soit mis à mort! Il décourage tout le peuple. Alors ils prirent Jérémie, et le jetèrent dans la citerne qui se trouvait dans la cour de la prison; ils le descendirent avec des cordes. Il n`y avait pas d'eau dans la citerne, mais il y avait … Lire la suite 2 Tresse les temps! Ces vieux torchons fais-en des cordes pour s’accrocher et sortir de la boue
Il est enfin possible de réfuter Aristote par les moyens de la chimie
Pourquoi les traités d’architecture ou d’anatomie ont-ils donné lieu à de riches réflexions philosophiques, tandis que ceux qui sont consacrés au jardinage, à la cuisine, à la pêche à la ligne (qui a lu The compleat angler de Izaac Walton?), aux recettes de teinturiers ou aux techniques de joaillerie sont-ils le plus souvent négligés? … … Lire la suite Il est enfin possible de réfuter Aristote par les moyens de la chimie
Les dieux perdus dans l’herbe
https://youtu.be/FG-hW53S_G8 Animisme, analogisme et totémisme sont devenus des objets philosophiques particuliers dans les dernières décennies: en les pensant comme schèmes ontologiques, le travail de Philippe Descola les a découplés des cultures singulières (celle des Achuar, des Makuna ou des Nahuas … ), dans lesquelles ils étaient trop organiquement pris pour être détachables de leur histoire … Lire la suite Les dieux perdus dans l’herbe
Des dieux nouveaux sont venus danser sur nos plages
N'est-il pas ironique que les plus beaux textes écrits sur ces îles, Tanna, Ambrym, Hiva Oa, Nuku Hiva, aient eu pour auteurs les deux hommes qui se sont le plus mal conduits à l'égard de leurs habitants? L'un, Robert James Fletcher, qui vécut à Tanna, mangea de ses fruits, but de son eau et viola … Lire la suite Des dieux nouveaux sont venus danser sur nos plages
1 L’erreur tragique du Professeur Frankeinstein
Il existe deux sortes de complexités: celle que l'on pourrait appeler complexité chaotique, qui se produit à partir d'éléments simples, et la complexité organique, celle de la vie produite à partir de la vie. Si la complexité qui se reconstruit est de type chaotique, on n'a aucune idée d'où on va. Cela suscite un problème … Lire la suite 1 L’erreur tragique du Professeur Frankeinstein
2 Que la matière est toujours forme
Rembrandt: Aristote contemplant le buste d'Homère La matière sans forme, la substance, peut-on la dire, la penser? Le doit-on? Si on prend une cellule souche de l'embryon humain en principe programmée pour participer à la fabrication d'un pied pour la mettre là où il doit y avoir du cortex, elle fait du cortex. Preuve que … Lire la suite 2 Que la matière est toujours forme
3 Les idées mènent le monde ! Oui, mais le monde forme les Idées …
Les Idées, c'est-à-dire les Formes. Mais qu'est-ce qui forme les Formes? Le fait d'isoler une fonction biologique implique un niveau de discrétisation du vivant qui relève de la fiction. Précisons: si on dit que le cœur sert à pomper le sang, on ne se trompe pas; mais si on veut remplacer un cœur organique déficient … Lire la suite 3 Les idées mènent le monde ! Oui, mais le monde forme les Idées …
4 La vie ne répond jamais seulement à ce qui se présente là ici et maintenant …
Dans le camp de la science, le finalisme religieux est totalement rejeté. Il n'est toutefois pas besoin de rejeter la finalité en soi, mais seulement de mettre au rebut celle qui a besoin d'une transcendance consciente pour se trouver un sens. Pour tenter une définition très simple de ce qu'est un objet finalisé, je dirai … Lire la suite 4 La vie ne répond jamais seulement à ce qui se présente là ici et maintenant …
Dans le silence de la nuit, à l’heure où le lion de Judas ressuscita d’entre les morts, moi, Joachim …
... Je vis un ange qui volait par le milieu du ciel, ayant un Évangile éternel pour le proclamer aux habitants de la terre, à toute nation, à toute tribu, à toute langue et à tout peuple, et qui disait d’une voix forte: Craignez Dieu et glorifiez-le, car l’heure de son jugement est venue! Apocalypse, … Lire la suite Dans le silence de la nuit, à l’heure où le lion de Judas ressuscita d’entre les morts, moi, Joachim …
Tes yeux comme une sonnerie bloquée Antonin
Comme un printemps foutu Avec tes mains Tes mains sur les barreaux de l’asile Tes mains sur les fils électriques Sur l’espagnolette sur la poésie partout Antonin partout Tes mains sur ton front pressées Sur tous les corps de jeunes filles Sur la campagne de Rodez Antonin la campagne Tu pêcherais dans la rivière Avec … Lire la suite Tes yeux comme une sonnerie bloquée Antonin
Nous ne prions pas les dieux et nous ne les craignons pas. Nous nous émouvons d’être de leur élevage aventureux quand cesse leur souvenir
Protagoras est, sans doute, le premier des sophistes. C’est pourquoi on pourra rechercher, chez lui plus particulièrement, tant à travers les fragments qui demeurent, qu’à travers les témoignages qui ont été transmis, les débuts d’une mise en forme, selon une problématique que l’on dira sophistique, de problèmes spécifiques, l’apparition de concepts nouveaux et caractéristiques, la … Lire la suite Nous ne prions pas les dieux et nous ne les craignons pas. Nous nous émouvons d’être de leur élevage aventureux quand cesse leur souvenir
Harout ou Marout ?
Les deux, ils sont indissociables. Sont-ils deux seulement? Harout se distingue de Marout, mais Marout ne se distingue pas d'Harout. Et inversement. Un mauvais infini à partir d'une dyade tremblée. Le démon n'est pas une Personne, le néant grondeur n'a pas de visage. Il ne peut rien créer, sa plus grande ruse est de nous … Lire la suite Harout ou Marout ?
Dans les hautes herbes, à la chute du jour, dans les endroits écartés de l’Extrême Occident …
... Il n'est pas rare d'apercevoir un homme noir, ayant la mine d’un charretier ou d’un bûcheron, chaussé de sabots, vêtu d’un pantalon et d’un sarrau de toile, et reconnaissable en ce qu’au lieu de bonnet ou de chapeau il a deux immenses cornes sur la tête. Ceci doit le rendre reconnaissable en effet. Cet … Lire la suite Dans les hautes herbes, à la chute du jour, dans les endroits écartés de l’Extrême Occident …
La Bible de Sébastien Castellion
Tuer un homme, ce n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme. Cette phrase, écrite au milieu du XVIe siècle à Bâle, restera longtemps attachée au nom de son auteur, Sébastien Châteillon. L’idée qu’elle exprime peut paraître aujourd’hui banale. Elle était loin de l’être alors, et ceux qui ne l’auraient pas considérée comme scandaleuse … Lire la suite La Bible de Sébastien Castellion
1 L’horreur de se savoir une vaine forme de la matière
La photographie dissipe les symboles, dont semble ne rien savoir la matière qu'elle fait paraître à nos yeux. Va-t-elle éteindre pour toujours le flambeau des analogies? Yves Bonnefoy, extraits du catalogue d'une exposition du musée d'Orsay, Stéphane Mallarmé, 1998. Ce texte a été repris dans Sous l'horizon du langage * Nous pouvons conjecturer aujourd'hui ce … Lire la suite 1 L’horreur de se savoir une vaine forme de la matière
2 Le gouffre se laisse voir dans les visages, même les plus aimés …
Le non-sens a remonté dans le sens humain comme, dans les mêmes photographies, l’infini silencieux de la matière le fait dans le pan de mur ou le flanc de vase. Et cette émergence est d’autant plus angoissante que quelqu’un en nous, qui la constatons, se demande: qui a perçu cette immobilité, que nous ne rencontrons … Lire la suite 2 Le gouffre se laisse voir dans les visages, même les plus aimés …
3 Des rideaux agités par l’Absence sans fond
J’en reviens à Mallarmé et je puis revenir à lui, parce que de sa découverte du Néant, il n’a pas laissé un simple constat, quitte à préciser celui-ci avec quelques indications de nature philosophique sur le sens de cette expérience. Comme les lecteurs de ses lettres ou des poèmes juste cités le savent bien, Mallarmé … Lire la suite 3 Des rideaux agités par l’Absence sans fond
4 La lune, au-dessus du temps, la lune vue en face, au-delà des rideaux de la pensée
Et si Mallarmé s’est porté si loin, dans Igitur, et peut même nous entraîner à sa suite, c’est aussi qu’il a su évoquer dans ce texte un des moments clefs de l’expérience vécue, peut-être même celui qui en avait été l’origine. Il y a une horloge dans cette chambre nocturne. Et quand, dans ses propres … Lire la suite 4 La lune, au-dessus du temps, la lune vue en face, au-delà des rideaux de la pensée
5 La multiplication à l’infini des photographies hâte la fin du monde
Et en ce point, avec la sympathie que tout espoir même déraisonnable suscite, on peut vouloir suivre Mallarmé au-delà d’Igitur dans son existence: quand, mille fois, il rejette, l’esprit meurtri ou las, ce qu’il appelle son vice, mais ne cesse d’y revenir et écrit ainsi quelques grands poèmes qui disent cette passion, cette rêverie. L’un … Lire la suite 5 La multiplication à l’infini des photographies hâte la fin du monde
6 La Compagnie des Exorcistes
C’est de Degas qu’il s’agit. Degas ne fut assurément pas un photographe professionnel mais tôt dans sa vie il s’était adonné à la pratique nouvelle; et, après l’avoir longtemps délaissée, il y revint dans les dernières années du siècle avec un intérêt singulier, qui étonna ses amis: il semblait trouver à faire poser ceux-ci, de … Lire la suite 6 La Compagnie des Exorcistes
Jadis l’herbe
Voici donc une touffe d’herbe sur laquelle Dürer s’est penché pour déployer son talent, dans laquelle il a déployé toute sa palette technique. Étrange humilité que de se mettre à hauteur du sol pour un artiste assujetti à des commandes narratives et à défendre son savoir-faire. Quel temps a-t-il à perdre en s’écartant des sujets … Lire la suite Jadis l’herbe
Un jour nos signes auront leur lieu dehors, dans l’herbe de la montagne
Si l’œuvre de Bonnefoy n’a cessé de méditer la pierre comme support de ses inscriptions (Les Tombeaux de Ravenne, 1953; Pierre écrite, 1958; Sur de grands cercles de pierre, 1986; Comme aller loin, dans les pierres, 1992 ...), si elle empile un à un ses poèmes-pierres, il me semble que l’œuvre de la maturité, non seulement … Lire la suite Un jour nos signes auront leur lieu dehors, dans l’herbe de la montagne
Ce que tout homme vaguement désire en songe s’est offert à toi, une journée d’automne, au plus profond de la forêt
Tu dors comme un bœuf. Tu t’es soûlé, hier soir encore, et maintenant des vapeurs de rhum font se culbuter les mouches autour de l’œuf aérien qui sert de contrepoids à la lampe. Le matin approche: pâlit la lumière du gaz en face de la fenêtre dont tu négligeas de tirer les volets. Sur le … Lire la suite Ce que tout homme vaguement désire en songe s’est offert à toi, une journée d’automne, au plus profond de la forêt
Je passais la nuit dans un motel au bord de la E3
Là, dans ma chambre, il y avait une odeur déjàRencontrée auparavant dans les collections orientales d'un musée:Des masques tibétains, japonais, sur un mur clair. Ce ne sont plus des masques mais des visagesQui traversent le mur blanc de l'oubli pour respirer, pour poser une question. Je reste éveillé et je les vois se battre et … Lire la suite Je passais la nuit dans un motel au bord de la E3