Il faut aussi se souvenir de celui qui oublie où mène le chemin

https://youtu.be/fW1Cv42xzYk Non, cette chanson ne célèbre pas les vaincus de la Guerre de Sécession -une guerre qu'ils avaient menée pour la plus inhumaine des causes. Mais elle raconte une histoire, une partie de leur histoire. Eux qui avaient voulu mettre d'autres hommes en dehors de l'Humanité, de la mémoire, ils ne seront pas oubliés. Sinon … Lire la suite Il faut aussi se souvenir de celui qui oublie où mène le chemin

1 La frontière entre l’homme et l’animal, elle croît et se multiplie à se nourrir d’abîme …

Quel est le propre de l'homme? La véritable question pour Derrida se trouve ailleurs: La discussion mérite de commencer quand il s’agit de déterminer le nombre, la forme, le sens, la structure et l’épaisseur feuilletée de cette limite abyssale, de ces bordures, de cette frontière plurielle et sur-pliée. La discussion devient intéressante quand, au lieu … Lire la suite 1 La frontière entre l’homme et l’animal, elle croît et se multiplie à se nourrir d’abîme …

2 Deux façons de se figurer le Réveil : l’une, qui est diabolique et qui dénie la mort, et l’autre …

C’est le refus d’assumer une telle complexité qui anime les polémiques contemporaines autour du mot anglais woke. Alors qu’il était au départ un appel à la vigilance contre la violence raciste à l’égard de la population noire aux États-Unis, le mot a été transformé en titre d’un supposé programme organisé par des forces ténébreuses (Lesquelles? … Lire la suite 2 Deux façons de se figurer le Réveil : l’une, qui est diabolique et qui dénie la mort, et l’autre …

3 L’Homme n’a pas d’essence

Télécharger Dans le dernier chapitre de L’animal que donc je suis, Derrida discute la thèse de Heidegger selon laquelle l’animal se distingue de l’homme en étant pauvre en monde tandis que l’homme, lui, est décrit comme formateur du monde. En exposant et en contestant les arguments de Heidegger qui entourent cette thèse, Derrida trouve des … Lire la suite 3 L’Homme n’a pas d’essence

Hegel : la matière est au bord des mots, mais elle ne les aura jamais …

En vertu du moment de sa négativité, de son abstraite singularisation, la matière se fractionne à l’encontre de son identité avec elle-même; c'est là la répulsion de la matière. Puisque les éléments de cette diversité sont une seule et même chose, tout aussi essentielle est l'unité négative de cet être-pour-soi qui est sur le mode … Lire la suite Hegel : la matière est au bord des mots, mais elle ne les aura jamais …

Nuestra Señora de la Muerte

L’atome comme tel n’existe que dans le vide. C’est ainsi la mort de la nature qui en est devenue la substance immortelle; et Lucrèce a raison de s’écrier: Mortalem vitam mors immortalis ademit, l’immortelle mort nous a pris la vie mortelle. Karl Marx, Différence de la philosophie de la nature chez Démocrite et Épicure, 1841, … Lire la suite Nuestra Señora de la Muerte

Regardez moi passer, ténèbres

Un spectre hante l'Europe, le spectre du communisme. Spectre fut donc le premier nom, à l'ouverture du Manifeste du parti communiste. Dès qu'on y prête attention, on ne peut plus compter les fantômes, esprits, revenants qui peuplent le texte de Marx. Mais à compter avec eux, pourquoi ne pas interroger aujourd'hui une spectro-poétique que Marx … Lire la suite Regardez moi passer, ténèbres

Bruno Latour se propose d’abolir la République et de transformer le monde en laboratoire …

Bruno Latour se propose d'abolir la République et de transformer le monde en laboratoire ... Nom de Dieu! Il avait pourtant l'air d'un bon garçon! Pourquoi diable? Pour remplacer la démocratie -et donc forclore à jamais la lutte des classes, alors là, médaille d'or!- par une espèce de débat baptisé composition entre humains et non-humains, où … Lire la suite Bruno Latour se propose d’abolir la République et de transformer le monde en laboratoire …

Une voix, une voix pour crier !

Que nomme-t-il Dieu dans ses imprécations? A qui s’en prend-il? Pour qui prend-il Dieu quand il le nomme? Et pour qui se prend-t-il? https://youtu.be/VKWtwjotQlo Évelyne Grossman: Vous évoquez cette passion d’Artaud que vous avez éprouvée très jeune en Algérie; vous parlez de votre identification d’alors à la souffrance dont il se plaint dans ses lettres … Lire la suite Une voix, une voix pour crier !

Pour qu’il y ait un commencement l’homme fut créé

On pourrait croire qu'Arendt développe une sorte de mythologie des commencements et qu'elle adhère à cette rhétorique du nouveau qui a caractérisé la modernité -ou plus exactement son auto-interprétation- dès son avènement. En effet, si flottantes et si diverses que soient les définitions de la modernité, on s'accorde au moins sur l'idée qu'elle se caractérise … Lire la suite Pour qu’il y ait un commencement l’homme fut créé

La magie noire du Capital

Il faut suivre les lignes du diagramme maudit qui joint le positivisme, la technocratie, le spiritisme et le nazisme. Odilon Redon, La tentation de Saint Antoine Londres, 31 mai 1899. Francis Barraud est pressé. La photographie de son tableau dans la main, il hâte le pas. William Barry Owen, directeur de la Gramophone Company, l’attend … Lire la suite La magie noire du Capital

Les textes de Beckett comme de vieux habits. Solides. En constant ravaudage …

Molloy, une jambe raide, se déplace en s’appuyant d’abord sur un vélo qu’il pousse à côté de lui, puis sur des béquilles, enfin en rampant à même le sol, sur la terre humide, au milieu des feuilles, d’arbres, d’écriture. Dans la chambre de sa mère morte où il est parvenu -en réalité? En imagination?- il … Lire la suite Les textes de Beckett comme de vieux habits. Solides. En constant ravaudage …

Quand le langage est parole, il s’adosse à de l’abyssal, à de l’inexprimable …

Si la langue parlée perdait sa source liturgique, elle cesserait d'être parole et deviendrait communication. Et nous mourrions. Cette situation est le propre de toutes les langues, qui ont toutes nécessairement un arrière-fond abyssal, liturgique, et/ou poétique. Le cas de l'Hébreu est paradigmatique. Qu’en serait-il de l’état d’une langue en situation d’exil, placée hors d’elle-même, … Lire la suite Quand le langage est parole, il s’adosse à de l’abyssal, à de l’inexprimable …

1 Solvet saeclum in favilla

C’était au crépuscule que Charles Archold préférait contempler la façade. Les soirs de juin comme celui-ci (mais était-on bien en juin?), le soleil couchant caressait Maxwell Street et venait éclairer le groupe sculpté du fronton: une déesse du Commerce à la poitrine généreuse, qui brandissait une corne d’abondance allégorique d’où sortait une cascade de fruits … Lire la suite 1 Solvet saeclum in favilla

2 Mors stupebit et Natura

C’était à minuit que Jessy Holm devait mourir, mais elle connaissait en ce moment une euphorie qui touchait au délire. Comme toutes les lumières de la vieille banque baissaient de plus en plus (excepté la tache bleue qui baignait le batteur), Jessy se joignit à la cohue des danseurs en un immense soupir d’extase et … Lire la suite 2 Mors stupebit et Natura

3 Cum resurget creatura

Nora Archold, l’épouse de Charles, ressentait quelque gêne à cause de ses cheveux roux. Bien qu’ils fussent naturels, elle s’imaginait que les gens la soupçonnaient de se teindre. Après tout, elle avait quarante-deux ans, et beaucoup de femmes plus âgées choisissaient de devenir rousses. Je les aime comme ça, chérie, affirma Dewey. Je t’assure que … Lire la suite 3 Cum resurget creatura

On connait des discours tissés de vérités, et violemment critiques, et qui pourtant sont là pour renforcer l’Ordre du Monde …

Geoffroy de Lagasnerie Si nous voulons mettre en question le monde, nous ne devons pas seulement nous définir contre les démarches conservatrices ou neutres. Nous devons aussi nous méfier de certaines formes d’expression de la critique. Car il existe ce que l’on peut appeler des critiques systémiques, c’est- à-dire des énoncés qui, malgré les apparences … Lire la suite On connait des discours tissés de vérités, et violemment critiques, et qui pourtant sont là pour renforcer l’Ordre du Monde …

La tyrannie des bouffons : du capitalisme moderne

Christian Salmon: La tyrannie des bouffons combine les pouvoirs fantasques du grotesque et la maîtrise méthodique des réseaux sociaux, la transgression burlesque et la loi des séries algorithmiques. Leur but ne doit pas être sous-estimé. Détruire la légitimité de la politique, dernier obstacle à la dérégulation générale de la vie en société. Substituer alors à … Lire la suite La tyrannie des bouffons : du capitalisme moderne

Libertariens, rétro-futuristes et cavaliers de l’Apocalypse

Technocratie positiviste et magie noire: les nazis détruisaient des peuples pour se sentir exister, eux vont détruire la planète. Et si, après avoir abîmé le climat, nous le réparions en prenant le contrôle du thermostat? Par exemple en injectant dans la stratosphère des particules de soufre, ou en mettant en orbite des miroirs pour bloquer … Lire la suite Libertariens, rétro-futuristes et cavaliers de l’Apocalypse

Comment articuler une critique du viol à une critique de l’appareil répressif d’État ?

Dans un entretien accordé à l’occasion de la parution de son roman Combats et métamorphoses d’une femme, Édouard Louis est invité par un journaliste à citer le nom de trois femmes dont les vies l’inspirent. Il mentionne évidemment d’abord sa mère, dont il raconte l’histoire dans son livre; il parle également d’Assa Traoré, qui depuis … Lire la suite Comment articuler une critique du viol à une critique de l’appareil répressif d’État ?

Elles ne veulent plus apparaître comme des victimes, mais comme des êtres ayant une dignité : elles renoncent à toute vengeance inutile et notamment à l’emprisonnement

Il s'agit donc de faire vivre une attitude éthique qui se fixe pour exigence de ne pas répondre à la violence par la reproduction d’autres formes de violence inutile, qu’elle soit institutionnelle, légale ou discursive. La tradition de l’abolitionnisme pénal offre des instruments puissants de pensée. Les auteurs de ce courant considèrent que l’on a … Lire la suite Elles ne veulent plus apparaître comme des victimes, mais comme des êtres ayant une dignité : elles renoncent à toute vengeance inutile et notamment à l’emprisonnement

La lutte contre le harcèlement sexuel peut faire diversion à un renforcement des hiérarchies …

L’abolitionnisme met en évidence la tension irréductible entre la logique de l’État pénal et une appréhension réaliste de ce domaine de la vie qu’est la sexualité. L’une des notions que certains mettent en avant est celle de zone grise, l’idée selon laquelle il y a une complexité consubstantielle aux relations sexuelles parce qu’elles sont marquées … Lire la suite La lutte contre le harcèlement sexuel peut faire diversion à un renforcement des hiérarchies …

Sois le bienvenu, mon hôte adoré, toi qui voyages, repose-toi un peu, tu repartiras quand tu le voudras

Léonard Katchekpele Qu’un christianisme soit possible en Afrique après le christianisme colonial, telle a été la question, l’angoisse, et l’énergie secrète de la théologie dite africaine depuis les années 1950. À l’aube des décolonisations, le christianisme figura au bilan des passifs. La jeunesse, pourtant formée par les missions, trouva dans le marxisme un ersatz à … Lire la suite Sois le bienvenu, mon hôte adoré, toi qui voyages, repose-toi un peu, tu repartiras quand tu le voudras

Comment j’ai passé mon œdipe: il a fallu prier

Au sens freudien, la castration est un fantasme inconscient, originaire et universel. Or Jacques Derrida se présente comme celui-qui-dénie-la-castration ! Un fou, un enfant, un pervers ! Un drogué ! Télécharger Mais non. Selon sa mallarméenne formule, l'indéniable est l’incastrable. Dénier la castration nous ferait revenir, ou venir, à de l'indéniable: à de l'indiscuté, à … Lire la suite Comment j’ai passé mon œdipe: il a fallu prier

Comment j’ai passé mon œdipe: Eros ou Thanatos ?

La sublimation articule pulsion et langage, affects et valeur. La sublimation ne nie pas la réalité, elle en reconnaît la contrainte mais elle passe outre, et au passage elle invente un langage. Anne Dufourmantelle https://youtu.be/1H5IHoSM1pM La notion de sublimation désigne chez Freud la capacité d'échanger le but sexuel de la pulsion contre un but non … Lire la suite Comment j’ai passé mon œdipe: Eros ou Thanatos ?