4 La vie ne répond jamais seulement à ce qui se présente là ici et maintenant …

Dans le camp de la science, le finalisme religieux est totalement rejeté. Il n'est toutefois pas besoin de rejeter la finalité en soi, mais seulement de mettre au rebut celle qui a besoin d'une transcendance consciente pour se trouver un sens. Pour tenter une définition très simple de ce qu'est un objet finalisé, je dirai … Lire la suite 4 La vie ne répond jamais seulement à ce qui se présente là ici et maintenant …

Dans le silence de la nuit, à l’heure où le lion de Judas ressuscita d’entre les morts, moi, Joachim …

... Je vis un ange qui volait par le milieu du ciel, ayant un Évangile éternel pour le proclamer aux habitants de la terre, à toute nation, à toute tribu, à toute langue et à tout peuple, et qui disait d’une voix forte: Craignez Dieu et glorifiez-le, car l’heure de son jugement est venue! Apocalypse, … Lire la suite Dans le silence de la nuit, à l’heure où le lion de Judas ressuscita d’entre les morts, moi, Joachim …

Nous ne prions pas les dieux et nous ne les craignons pas. Nous nous émouvons d’être de leur élevage aventureux quand cesse leur souvenir

Protagoras est, sans doute, le premier des sophistes. C’est pourquoi on pourra rechercher, chez lui plus particulièrement, tant à travers les fragments qui demeurent, qu’à travers les témoignages qui ont été transmis, les débuts d’une mise en forme, selon une problématique que l’on dira sophistique, de problèmes spécifiques, l’apparition de concepts nouveaux et caractéristiques, la … Lire la suite Nous ne prions pas les dieux et nous ne les craignons pas. Nous nous émouvons d’être de leur élevage aventureux quand cesse leur souvenir

Dans les hautes herbes, à la chute du jour, dans les endroits écartés de l’Extrême Occident …

... Il n'est pas rare d'apercevoir un homme noir, ayant la mine d’un charretier ou d’un bûcheron, chaussé de sabots, vêtu d’un pantalon et d’un sarrau de toile, et reconnaissable en ce qu’au lieu de bonnet ou de chapeau il a deux immenses cornes sur la tête. Ceci doit le rendre reconnaissable en effet. Cet … Lire la suite Dans les hautes herbes, à la chute du jour, dans les endroits écartés de l’Extrême Occident …

La Bible de Sébastien Castellion

Tuer un homme, ce n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme. Cette phrase, écrite au milieu du XVIe siècle à Bâle, restera longtemps attachée au nom de son auteur, Sébastien Châteillon. L’idée qu’elle exprime peut paraître aujourd’hui banale. Elle était loin de l’être alors, et ceux qui ne l’auraient pas considérée comme scandaleuse … Lire la suite La Bible de Sébastien Castellion

1 L’horreur de se savoir une vaine forme de la matière

La photographie dissipe les symboles, dont semble ne rien savoir la matière qu'elle fait paraître à nos yeux. Va-t-elle éteindre pour toujours le flambeau des analogies? Yves Bonnefoy, extraits du catalogue d'une exposition du musée d'Orsay, Stéphane Mallarmé, 1998. Ce texte a été repris dans Sous l'horizon du langage * Nous pouvons conjecturer aujourd'hui ce … Lire la suite 1 L’horreur de se savoir une vaine forme de la matière

2 Le gouffre se laisse voir dans les visages, même les plus aimés …

Le non-sens a remonté dans le sens humain comme, dans les mêmes photographies, l’infini silencieux de la matière le fait dans le pan de mur ou le flanc de vase. Et cette émergence est d’autant plus angoissante que quelqu’un en nous, qui la constatons, se demande: qui a perçu cette immobilité, que nous ne rencontrons … Lire la suite 2 Le gouffre se laisse voir dans les visages, même les plus aimés …

3 Des rideaux agités par l’Absence sans fond

J’en reviens à Mallarmé et je puis revenir à lui, parce que de sa découverte du Néant, il n’a pas laissé un simple constat, quitte à préciser celui-ci avec quelques indications de nature philosophique sur le sens de cette expérience. Comme les lecteurs de ses lettres ou des poèmes juste cités le savent bien, Mallarmé … Lire la suite 3 Des rideaux agités par l’Absence sans fond

4 La lune, au-dessus du temps, la lune vue en face, au-delà des rideaux de la pensée

Et si Mallarmé s’est porté si loin, dans Igitur, et peut même nous entraîner à sa suite, c’est aussi qu’il a su évoquer dans ce texte un des moments clefs de l’expérience vécue, peut-être même celui qui en avait été l’origine. Il y a une horloge dans cette chambre nocturne. Et quand, dans ses propres … Lire la suite 4 La lune, au-dessus du temps, la lune vue en face, au-delà des rideaux de la pensée

5 La multiplication à l’infini des photographies hâte la fin du monde

Et en ce point, avec la sympathie que tout espoir même déraisonnable suscite, on peut vouloir suivre Mallarmé au-delà d’Igitur dans son existence: quand, mille fois, il rejette, l’esprit meurtri ou las, ce qu’il appelle son vice, mais ne cesse d’y revenir et écrit ainsi quelques grands poèmes qui disent cette passion, cette rêverie. L’un … Lire la suite 5 La multiplication à l’infini des photographies hâte la fin du monde

6 La Compagnie des Exorcistes

C’est de Degas qu’il s’agit. Degas ne fut assurément pas un photographe professionnel mais tôt dans sa vie il s’était adonné à la pratique nouvelle; et, après l’avoir longtemps délaissée, il y revint dans les dernières années du siècle avec un intérêt singulier, qui étonna ses amis: il semblait trouver à faire poser ceux-ci, de … Lire la suite 6 La Compagnie des Exorcistes

Un jour nos signes auront leur lieu dehors, dans l’herbe de la montagne

Si l’œuvre de Bonnefoy n’a cessé de méditer la pierre comme support de ses inscriptions (Les Tombeaux de Ravenne, 1953; Pierre écrite, 1958; Sur de grands cercles de pierre, 1986; Comme aller loin, dans les pierres, 1992 ...), si elle empile un à un ses poèmes-pierres, il me semble que l’œuvre de la maturité, non seulement … Lire la suite Un jour nos signes auront leur lieu dehors, dans l’herbe de la montagne

Frédéric Nietzsche, un publiciste confédéré tendance kitsch

Le lecteur de 1872 hésitait à décider si La Naissance de la Tragédie est un traité de philologie classique, ou un ouvrage de critique musicale, comme le suggère l’hommage éclatant rendu à Richard Wagner, ou encore un ouvrage de critique culturelle contemporaine, ce que les constants va-et-vient entre antiquité grecque et période actuelle peuvent laisser … Lire la suite Frédéric Nietzsche, un publiciste confédéré tendance kitsch

Tu remplaceras la notion de Monde par celle de Planète

Michaël Fœssel Il y a un paradoxe de l'idée cosmopolitique aujourd'hui. Si le monde est généralement perçu comme le niveau efficient de l'action collective, les espérances portant sur son institutionnalisation politique sont de plus en plus ténues. La généralisation du commerce (en un sens qui n'est pas seulement économique) n'a pas mené à la mondialisation … Lire la suite Tu remplaceras la notion de Monde par celle de Planète

Le sensible n’est pas l’étalage de l’être, il en est la manifestation

J’interroge ce qui est là, auprès duquel je suis, et qui sans défaillir m’apprend sa présence et la mienne. Il ne cesse de m’apprendre qu’il est là et que j’y suis, dans la simplicité d'un pli unique qui ne peut qu'exister ou disparaître, mais non pas s’altérer. Je ne saurais l'interroger à partir de rien … Lire la suite Le sensible n’est pas l’étalage de l’être, il en est la manifestation

Ces histoires sur le prétendu langage animal, ce serait un déni de la lutte des classes ?

-Mais oui ... La démocratie, c’est: discutons. C’est-à-dire l'interlocution argumentative entre partenaires égaux, en vue de parvenir à une décision unanime ou majoritaire. Tel est le principe. Il appelle quelques précisions. Il semble, écrit Hannah Arendt, qu’un homme qui n’est rien d’autre qu’un homme a précisément perdu les qualités qui permettent aux autres de le … Lire la suite Ces histoires sur le prétendu langage animal, ce serait un déni de la lutte des classes ?

Les Saintes Mères du Désert

Lorsque Jérôme, prêtre et érudit catholique, arrive à Rome au milieu du quatrième siècle, il découvre un cercle de femmes nobles, vivant dans des maisons raffinées, sur la colline de l'Aventin, et qui ne ressemblaient en rien aux matrones romaines. Elles avaient abandonné les vêtements de soie et les boucles d'oreilles en perles, les coiffures, … Lire la suite Les Saintes Mères du Désert

J’appelle Ettie, morte en automne à vingt-sept ans

Sur les bois oubliés quand passe l’hiver sombreTu te plains, ô captif solitaire du seuil,Que ce sépulcre à deux qui fera notre orgueilHélas! Du manque seul des lourds bouquets s’encombre.  Sans écouter Minuit qui jeta son vain nombre,Une veille t’exalte à ne pas fermer l’œilAvant que dans les bras de l’ancien fauteuilLe suprême tison n’ait éclairé … Lire la suite J’appelle Ettie, morte en automne à vingt-sept ans

Du transfert ? Mais non, de l’amour

Le travail de l'analyse ne consiste pas à guérir, mais à rouvrir des blessures. Il n'a rien d'une consolation et ne peut qu'être suspect, socialement parlant. Jean Laplanche À propos d’une crise d’hystérie, de telle manifestation pho­bique, qui n’a pas entendu dire avec un air entendu: N’y faites pas attention, il/elle le fait exprès. C’est … Lire la suite Du transfert ? Mais non, de l’amour

Ils regarderont le serpent qu’ils ont transpercé

Le Serpent d’airain apparaît brièvement dans le récit de la traversée du désert au temps de l'Exode, encore plus brièvement dans l'histoire du roi Ezéchias (cinq siècles plus tard), puis dans une réflexion de la Sagesse de Salomon (juste avant l'ère chrétienne) et enfin dans l'évangile de Jean. Il s'agit la d'un type, au sens … Lire la suite Ils regarderont le serpent qu’ils ont transpercé

Les chênes murmuraient. Que murmuraient les chênes ? …

Les fontaines chantaient. Que chantaient les fontaines? Les buissons chuchotaient comme d'anciens amis. Nos chevaux galopaient. A la garde de Dieu! Les nuages du ciel ressemblaient à des marbres. Les étoiles volaient dans les branches des arbres Comme un essaim d'oiseaux de feu. Victor Hugo, Les Contemplations, écrit en 1830. Ce que murmurent les buissons, … Lire la suite Les chênes murmuraient. Que murmuraient les chênes ? …

Le miroir le plus profond -à la fois lumineux et sombre- qu’on puisse tendre à l’esprit, il est tombé de nos mains …

L'étude du latin au lycée et la lecture des Bucoliques, qui sont en poésie un monde imagé extraordinaire, dont l'Occident tout entier n'a cessé de subir la fascination, et j'y succombais à mon tour, m'avaient préparé à voir dans la Grande Terre du Sud le lieu par excellence où l'on cherche à entrer chaque fois … Lire la suite Le miroir le plus profond -à la fois lumineux et sombre- qu’on puisse tendre à l’esprit, il est tombé de nos mains …

1 Le christianisme est apparu dans l’Histoire, puis il a disparu

S'il suffisait d'être enterré ... De telle sorte que nous avons à fabriquer pour notre temps sa présence. Et pas plus qu’on a des idées innées, on ne naît chrétien. Il faut le devenir; et le devenir sans cesse: ce n’est que par l’illusion d’une habitude acquise et bien rodée qu’on a le sentiment que … Lire la suite 1 Le christianisme est apparu dans l’Histoire, puis il a disparu

2 Pour être conservé, le sacré doit être réinventé

S'il suffisait d'être enterré ... La démarche de témoigner de la vie de Jésus de la part de ceux qui l’avaient rencontré et avaient vécu avec lui semble avoir été déclenchée par les écrits de Paul, l’apôtre qui n’était jamais entré en contact direct avec le Christ -ce qu’il a toujours présenté comme un avantage. … Lire la suite 2 Pour être conservé, le sacré doit être réinventé