Les deux, ils sont indissociables. Sont-ils deux seulement? Harout se distingue de Marout, mais Marout ne se distingue pas d'Harout. Et inversement. Un mauvais infini à partir d'une dyade tremblée. Le démon n'est pas une Personne, le néant grondeur n'a pas de visage. Il ne peut rien créer, sa plus grande ruse est de nous … Lire la suite Harout ou Marout ?
Auteur : Noël Pécout
Dans les hautes herbes, à la chute du jour, dans les endroits écartés de l’Extrême Occident …
... Il n'est pas rare d'apercevoir un homme noir, ayant la mine d’un charretier ou d’un bûcheron, chaussé de sabots, vêtu d’un pantalon et d’un sarrau de toile, et reconnaissable en ce qu’au lieu de bonnet ou de chapeau il a deux immenses cornes sur la tête. Ceci doit le rendre reconnaissable en effet. Cet … Lire la suite Dans les hautes herbes, à la chute du jour, dans les endroits écartés de l’Extrême Occident …
La Bible de Sébastien Castellion
Tuer un homme, ce n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme. Cette phrase, écrite au milieu du XVIe siècle à Bâle, restera longtemps attachée au nom de son auteur, Sébastien Châteillon. L’idée qu’elle exprime peut paraître aujourd’hui banale. Elle était loin de l’être alors, et ceux qui ne l’auraient pas considérée comme scandaleuse … Lire la suite La Bible de Sébastien Castellion
1 L’horreur de se savoir une vaine forme de la matière
La photographie dissipe les symboles, dont semble ne rien savoir la matière qu'elle fait paraître à nos yeux. Va-t-elle éteindre pour toujours le flambeau des analogies? Yves Bonnefoy, extraits du catalogue d'une exposition du musée d'Orsay, Stéphane Mallarmé, 1998. Ce texte a été repris dans Sous l'horizon du langage * Nous pouvons conjecturer aujourd'hui ce … Lire la suite 1 L’horreur de se savoir une vaine forme de la matière
2 Le gouffre se laisse voir dans les visages, même les plus aimés …
Le non-sens a remonté dans le sens humain comme, dans les mêmes photographies, l’infini silencieux de la matière le fait dans le pan de mur ou le flanc de vase. Et cette émergence est d’autant plus angoissante que quelqu’un en nous, qui la constatons, se demande: qui a perçu cette immobilité, que nous ne rencontrons … Lire la suite 2 Le gouffre se laisse voir dans les visages, même les plus aimés …
3 Des rideaux agités par l’Absence sans fond
J’en reviens à Mallarmé et je puis revenir à lui, parce que de sa découverte du Néant, il n’a pas laissé un simple constat, quitte à préciser celui-ci avec quelques indications de nature philosophique sur le sens de cette expérience. Comme les lecteurs de ses lettres ou des poèmes juste cités le savent bien, Mallarmé … Lire la suite 3 Des rideaux agités par l’Absence sans fond
4 La lune, au-dessus du temps, la lune vue en face, au-delà des rideaux de la pensée
Et si Mallarmé s’est porté si loin, dans Igitur, et peut même nous entraîner à sa suite, c’est aussi qu’il a su évoquer dans ce texte un des moments clefs de l’expérience vécue, peut-être même celui qui en avait été l’origine. Il y a une horloge dans cette chambre nocturne. Et quand, dans ses propres … Lire la suite 4 La lune, au-dessus du temps, la lune vue en face, au-delà des rideaux de la pensée
5 La multiplication à l’infini des photographies hâte la fin du monde
Et en ce point, avec la sympathie que tout espoir même déraisonnable suscite, on peut vouloir suivre Mallarmé au-delà d’Igitur dans son existence: quand, mille fois, il rejette, l’esprit meurtri ou las, ce qu’il appelle son vice, mais ne cesse d’y revenir et écrit ainsi quelques grands poèmes qui disent cette passion, cette rêverie. L’un … Lire la suite 5 La multiplication à l’infini des photographies hâte la fin du monde
6 La Compagnie des Exorcistes
C’est de Degas qu’il s’agit. Degas ne fut assurément pas un photographe professionnel mais tôt dans sa vie il s’était adonné à la pratique nouvelle; et, après l’avoir longtemps délaissée, il y revint dans les dernières années du siècle avec un intérêt singulier, qui étonna ses amis: il semblait trouver à faire poser ceux-ci, de … Lire la suite 6 La Compagnie des Exorcistes
Jadis l’herbe
Voici donc une touffe d’herbe sur laquelle Dürer s’est penché pour déployer son talent, dans laquelle il a déployé toute sa palette technique. Étrange humilité que de se mettre à hauteur du sol pour un artiste assujetti à des commandes narratives et à défendre son savoir-faire. Quel temps a-t-il à perdre en s’écartant des sujets … Lire la suite Jadis l’herbe
Un jour nos signes auront leur lieu dehors, dans l’herbe de la montagne
Si l’œuvre de Bonnefoy n’a cessé de méditer la pierre comme support de ses inscriptions (Les Tombeaux de Ravenne, 1953; Pierre écrite, 1958; Sur de grands cercles de pierre, 1986; Comme aller loin, dans les pierres, 1992 ...), si elle empile un à un ses poèmes-pierres, il me semble que l’œuvre de la maturité, non seulement … Lire la suite Un jour nos signes auront leur lieu dehors, dans l’herbe de la montagne
Ce que tout homme vaguement désire en songe s’est offert à toi, une journée d’automne, au plus profond de la forêt
Tu dors comme un bœuf. Tu t’es soûlé, hier soir encore, et maintenant des vapeurs de rhum font se culbuter les mouches autour de l’œuf aérien qui sert de contrepoids à la lampe. Le matin approche: pâlit la lumière du gaz en face de la fenêtre dont tu négligeas de tirer les volets. Sur le … Lire la suite Ce que tout homme vaguement désire en songe s’est offert à toi, une journée d’automne, au plus profond de la forêt
Je passais la nuit dans un motel au bord de la E3
Là, dans ma chambre, il y avait une odeur déjàRencontrée auparavant dans les collections orientales d'un musée:Des masques tibétains, japonais, sur un mur clair. Ce ne sont plus des masques mais des visagesQui traversent le mur blanc de l'oubli pour respirer, pour poser une question. Je reste éveillé et je les vois se battre et … Lire la suite Je passais la nuit dans un motel au bord de la E3
Frédéric Nietzsche, un publiciste confédéré tendance kitsch
Le lecteur de 1872 hésitait à décider si La Naissance de la Tragédie est un traité de philologie classique, ou un ouvrage de critique musicale, comme le suggère l’hommage éclatant rendu à Richard Wagner, ou encore un ouvrage de critique culturelle contemporaine, ce que les constants va-et-vient entre antiquité grecque et période actuelle peuvent laisser … Lire la suite Frédéric Nietzsche, un publiciste confédéré tendance kitsch
Tu remplaceras la notion de Monde par celle de Planète
Michaël Fœssel Il y a un paradoxe de l'idée cosmopolitique aujourd'hui. Si le monde est généralement perçu comme le niveau efficient de l'action collective, les espérances portant sur son institutionnalisation politique sont de plus en plus ténues. La généralisation du commerce (en un sens qui n'est pas seulement économique) n'a pas mené à la mondialisation … Lire la suite Tu remplaceras la notion de Monde par celle de Planète
Le sensible n’est pas l’étalage de l’être, il en est la manifestation
J’interroge ce qui est là, auprès duquel je suis, et qui sans défaillir m’apprend sa présence et la mienne. Il ne cesse de m’apprendre qu’il est là et que j’y suis, dans la simplicité d'un pli unique qui ne peut qu'exister ou disparaître, mais non pas s’altérer. Je ne saurais l'interroger à partir de rien … Lire la suite Le sensible n’est pas l’étalage de l’être, il en est la manifestation
Deux femmes nues qui jouent aux Dames
1897, Huile sur Carton, Musée d'Art et d'Histoire, Genève Félix Vallotton est né en 1897 dans le Jura suisse: ces jardins coupés d’eaux brillantes, ces villages, ces prés, ces lacs et ces montagnes, il les a peint sa vie durant. Il a tôt rejoint le Paris 1900 et ses mémorables révolutions artistiques. Il a côtoyé … Lire la suite Deux femmes nues qui jouent aux Dames
Ces histoires sur le prétendu langage animal, ce serait un déni de la lutte des classes ?
-Mais oui ... La démocratie, c’est: discutons. C’est-à-dire l'interlocution argumentative entre partenaires égaux, en vue de parvenir à une décision unanime ou majoritaire. Tel est le principe. Il appelle quelques précisions. Il semble, écrit Hannah Arendt, qu’un homme qui n’est rien d’autre qu’un homme a précisément perdu les qualités qui permettent aux autres de le … Lire la suite Ces histoires sur le prétendu langage animal, ce serait un déni de la lutte des classes ?
Ils attachent leurs volailles, ils surveillent leurs ferrailles, on ne se ressemble pas …
https://youtu.be/DAugJq3Yk9c Pour ne pas être immédiatement reconnaissable en face des forces de l'ordre, pour conserver leurs amitiés parmi les gens du voyage qui pourraient soupçonner qu'on les infiltre pour mieux les surveiller, Lise Foisneau et son compagnon Valentin Merlin préfèrent l'anonymat. Pour mieux les connaître, elle avait décidé de vivre quotidiennement chez les Roms . … Lire la suite Ils attachent leurs volailles, ils surveillent leurs ferrailles, on ne se ressemble pas …
Les Saintes Mères du Désert
Lorsque Jérôme, prêtre et érudit catholique, arrive à Rome au milieu du quatrième siècle, il découvre un cercle de femmes nobles, vivant dans des maisons raffinées, sur la colline de l'Aventin, et qui ne ressemblaient en rien aux matrones romaines. Elles avaient abandonné les vêtements de soie et les boucles d'oreilles en perles, les coiffures, … Lire la suite Les Saintes Mères du Désert
J’appelle Fanny Moser, qui chassa les fantômes dans les étables de l’Emmenthal
Le jeudi 24 octobre 1874, Fanny Moser fait paraître en page 4 de la Neue Zürcher Zeitung un avis mortuaire au nom de son époux, Heinrich. Décédé subitement la veille à l’âge de 68 ans, le magnat schaffhousois de l’industrie horlogère (ses montres séduisirent la famille impériale russe, et Lénine en possédera une) laissait trois enfants: Henri, … Lire la suite J’appelle Fanny Moser, qui chassa les fantômes dans les étables de l’Emmenthal
J’appelle Ettie, morte en automne à vingt-sept ans
Sur les bois oubliés quand passe l’hiver sombreTu te plains, ô captif solitaire du seuil,Que ce sépulcre à deux qui fera notre orgueilHélas! Du manque seul des lourds bouquets s’encombre. Sans écouter Minuit qui jeta son vain nombre,Une veille t’exalte à ne pas fermer l’œilAvant que dans les bras de l’ancien fauteuilLe suprême tison n’ait éclairé … Lire la suite J’appelle Ettie, morte en automne à vingt-sept ans
Du transfert ? Mais non, de l’amour
Le travail de l'analyse ne consiste pas à guérir, mais à rouvrir des blessures. Il n'a rien d'une consolation et ne peut qu'être suspect, socialement parlant. Jean Laplanche À propos d’une crise d’hystérie, de telle manifestation phobique, qui n’a pas entendu dire avec un air entendu: N’y faites pas attention, il/elle le fait exprès. C’est … Lire la suite Du transfert ? Mais non, de l’amour
Ils regarderont le serpent qu’ils ont transpercé
Le Serpent d’airain apparaît brièvement dans le récit de la traversée du désert au temps de l'Exode, encore plus brièvement dans l'histoire du roi Ezéchias (cinq siècles plus tard), puis dans une réflexion de la Sagesse de Salomon (juste avant l'ère chrétienne) et enfin dans l'évangile de Jean. Il s'agit la d'un type, au sens … Lire la suite Ils regarderont le serpent qu’ils ont transpercé
Les chênes murmuraient. Que murmuraient les chênes ? …
Les fontaines chantaient. Que chantaient les fontaines? Les buissons chuchotaient comme d'anciens amis. Nos chevaux galopaient. A la garde de Dieu! Les nuages du ciel ressemblaient à des marbres. Les étoiles volaient dans les branches des arbres Comme un essaim d'oiseaux de feu. Victor Hugo, Les Contemplations, écrit en 1830. Ce que murmurent les buissons, … Lire la suite Les chênes murmuraient. Que murmuraient les chênes ? …