4 cuillerées à soupe d’huile d’olive
l oignon haché
2 gousses d’ail hachées
l cuillerée à café de graines de fenouil moulues
2 têtes de fenouil, coupées en tranches fines
450 g de tomates mûres
900 ml de bouillon de légumes
l pincée de sucre
2 cuillerées à soupe de feuilles de fenouil hachées
sel et poivre
6 cuillerées à soupe d’huile d’olive, au moment de servir

… Soupe au fenouil pour 6 personnes.
Faites chauffer l’huile dans une grande casserole. Ajoutez les oignons, l’ail et le fenouil moulu, et faites sauter 5 minutes. Ajoutez ensuite les têtes de fenouil et laissez cuire 10 minutes, en remuant de temps à autre. Pendant ce temps, pelez les tomates après les avoir plongées 30 secondes dans l’eau bouillante. En les tenant au-dessus d’une jatte, coupez-les, évidez-les et enlevez les pépins. Récupérez le jus. Coupez la pulpe en dés et mettez-la dans la casserole avec le jus des tomates, le bouillon et le sucre. Amenez à ébullition. Réduisez le feu, couvrez et laissez, mijoter 20 à 25 minutes, jusqu’à ce que le fenouil soit bien tendre. Salez et poivrez, couvrez et réservez au chaud.
Préparation des croûtons: faites griller le pain des deux côtés, puis frottez-le à l’ail. Versez la soupe dans des assiettes, placez les croûtons et arrosez d’huile d’olive. Servez immédiatement.
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En décembre 1883, Monet prit le train pour le Midi en compagnie de Renoir. Ce dernier décrivit plus tard à son fils Jean le comportement des passagers de première classe, qui faisaient de leur mieux pour paraître ennuyés ou préoccupés tandis que les deux peintres, s’installant avec leurs parapluies et leurs boîtes de peinture, ressemblaient à des charbonniers qui auraient accidentellement interrompu un défilé de mode. Ils allèrent alors en seconde classe, mais ce fut encore plus désagréable, car l’affectation des passagers était d’autant plus déplaisante qu’ils n’avaient pas les moyens de s’offrir la première classe. Ils terminèrent donc le voyage au milieu des voyageurs bien approvisionnés de troisième classe, qui partagèrent leurs repas avec les peintres affamés, leur offrant du rôti à la provençale et du gâteau accompagnés de bourgogne et de côtes du Rhône rosés. Renoir se souvint qu’après une bouchée à peine, une robuste fermière n’y tint plus et, nous demandant pardon, dégrafa ses sous-vêtements et demanda à sa voisine de délacer le dos de son corset. Cela ravit naturellement Renoir, qui aimait les femmes bien en chair, mais aussi la fermière, qui put ainsi terminer convenablement son repas -et le pâté de lièvre retrouva enfin son excellente saveur.
Tandis qu’il peignait avec Cézanne à L’Estaque, Renoir tomba malade et Cézanne l’accompagna au Jas de Bouffan, sa maison familiale, où il passa sa convalescence, soigné par la mère de Cézanne. Les lettres de Renoir abondent en descriptions gastronomiques. Dans une lettre datée du 2 mars 1882 et envoyée à son ami Victor Choquet, il écrivit: Madame Cézanne m’a préparé une brandade de morue pour le déjeuner, et j’ai l’impression d’avoir redécouvert l’ambroisie des dieux. On peut mourir après l’avoir dégustée. Plus tard, lors d’une conversation avec le marchand d’art Ambroise Vollard, il se souvint: Les succulentes soupes au fenouil que la mère de Cézanne nous préparait! Je l’entends me donner la recette comme si c’était hier: “Prenez une branche de fenouil, une petite cuillerée à café d’huile d’olive…”. Quelle femme merveilleuse!

Renoir fut si enchanté par les hauts plafonds et les immenses cheminées du Jas de Bouffan qu’il décida de rester en Provence. Il loua ainsi pour plusieurs mois une maison au beau-frère de Cézanne, Montbriand. Les deux peintres se sentirent alors très proches l’un de l’autre. Renoir, d’un tempérament animé et enjoué, discernait la présence d’une sensibilité aiguë sous l’apparence bourrue de Cézanne. Comme Pissarro, il reconnut son génie.
Le génie pictural de Cézanne n’avait d’égal que le talent culinaire de sa mère. Des vignes, des oliviers et des vergers entouraient le Jas de Bouffan, ainsi qu’un grand potager qui permettait à Madame Cézanne de toujours disposer des meilleurs légumes. Elle cuisinait à la perfection des plats excellents mais simples qu’appréciait son mari, servant des ragoûts riches et parfumés, une bouillabaisse embaumant le safran et l’ail, ou un gigot d’agneau piqueté de grosses gousses d’ail juteuses.
Cézanne entretenait des relations difficiles avec son père, un banquier. Il lui avait caché l’existence de l’enfant qu’il avait eu d’une jeune modèle, Hortense Figuet, et à plus de 40 ans, il continuait à dissimuler ce secret de famille dans un appartement de la rue de Rome à Marseille. Il passait de longues périodes au Jas de Bouffan, où il disposait d’un immense atelier et pouvait y faire poser des ouvriers agricoles, dont ceux qui servirent de modèles aux Joueurs de cartes.
Cézanne finit par épouser Hortense après la mort de son père, mais elle préféra vivre à Paris. Ils furent donc souvent séparés, et en vieillissant, le peintre se retrouva de plus en plus seul. Son aspect rustre masquait une timidité maladive et, selon les moments, il pouvait paraître aussi désespéré qu’exubérant. Il n’était heureux que dans son atelier du Jas et dans la campagne des environs d’Aix. Là, loin du tumulte des villes et des regards inquisiteurs, il s’adonnait a son œuvre. Un thème l’obsédait: la montagne Sainte Victoire. Cézanne partait à l’aube, son matériel sur le dos, et ne revenait que le soir, épuisé; il lui arrivait aussi de passer la nuit dans la modeste auberge de Rosa Berne, au Tholonet, où il dormait dans le grenier par économie. Rosa lui préparait des repas copieux composés d’omelettes aux truffes ou aux champignons et de canard aux olives, servis avec un vin blanc de la région.