
Cette banderole pour le Musée de Fourvière explore l’idée du sacré comme un lieu de passage, de protection et de transformation intérieure. Cette proposition se présente comme une porte symbolique, entourée de ronces et de motifs végétaux.
Elle invite à franchir une frontière entre le monde réel et un espace plus intime, spirituel ou méditatif. Le titre latin, Post Spinosam lanum (Derrière la porte d’épines), évoque un accès à la fois difficile et apaisant. Les épines y deviennent autant une défense qu’une protection du silence sacré.
Les ronces s’inspirent des motifs végétaux présents dans l’art religieux médiéval. Au centre de la composition apparaît une créature volontairement ambiguë. Placée dans une mandorle -forme ovale utilisée dans l’iconographie sacrée pour entourer des figures saintes- elle semble suspendue entre plusieurs états: ni totalement divine, ni totalement monstrueuse, entre révélation et mystère. Salamandre … Le vivant évolue.
La forme de la porte fait écho à différentes architectures sacrées, comme le mihrab dans l’architecture islamique ou les portails romans et gothiques des églises médiévales. Les gouttes d’eau qui montent et descendent le long de la porte apportent une dimension plus fragile. Elles évoquent la fragilité de l’existence, l’impermanence du vivant. Enfin, les couleurs s’inspirent des enluminures, des gravures médiévales et des peintures religieuses anciennes.
May Monceau
À travers les collections exceptionnelles du musée des Tissus, enrichies de prêts, une exposition au Musée de Fourvière révèle la capacité du textile à être simultanément objet d’usage, chef-d’œuvre technique, création artistique et support de spiritualité. Dans le cadre d’un partenariat avec l’École nationale des Beaux-Arts de Lyon, les étudiantes et les étudiants en troisième année du cursus Design textile ont été invités à proposer leurs interprétations. Nourris par les œuvres de l’exposition et la découverte de pièces du musée des Tissus et des Arts décoratifs, ils ont créé des motifs originaux, proposant leur regard contemporain sur la liturgie.