Je vous salue Marie 65

Décris-nous donc ce ventre, plus monstrueux de jour en jour, alourdi, tourmenté, et jamais en repos, même dans le sommeil, sollicité de part et d’autre par les caprices de l’appé­tit et du dégoût. Déchaîne-toi contre les organes de la femme en travail, qui l’honorent pourtant par le danger qu’elle court et qui sont naturellement sacrés. Apparemment, il te fait peur, cet enfant rejeté avec armes et bagages, et que tu dédaignes encore une fois débarbouillé, parce qu’il faut le maintenir dans les langes, le pétrir de pommades et le faire rire par des caresses.

Tu le méprises, Marcion, cet objet naturel de vénération: et toi, comment es-tu né? Tu hais la naissance de l’homme: et comment peux-tu donc aimer quelqu’un? Le Christ aima cet homme, ce caillot de sang formé parmi les immondices.

Tertullien, Contre Marcion

Vierge enceinte