La chanson du velours à côtes

Dédié aux haies de mûres de La Rivière

Fauves, couvrant l’horreur, le mystère et l’ennui,

Tantôt pleines de jour, tantôt pleines de nuit,

De murmures et de silences

Elles ont l’attitude et la couleur des bois:

Elles sont là, mêlant à d’éternels frissons

D’interminables somnolences …

Et à la fin, les vieilles haies,

Ont, comme les très vieux visages,

Pris un air fantomal, prophétique, assoupi,

Qui sur le chemin neuf et le mur recrépi

Jette un reflet des anciens âges.

Maurice Rollinat, fin du jour en automne

Allan Osterlind, Rollinat devant son âtre, aquarelle, 1889