1 Nous voulons, tant ce feu nous brûle le cerveau …

Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu’importe! Au fond de l’Inconnu pour trouver du nouveau!

Depuis des années, Thomas Beddoes, Professeur à Oxford, jouissait d’une réputation de bizarrerie dans les milieux scientifiques anglais. Il soumettait ses patients atteints de tuberculose aux flatulences de vaches pour dégager leurs poumons. Il suçait des lingots d’argent et de plomb pour goûter leur praliné d’électricité interne. Il diffusait ses idées à de larges auditoires, tels qu’aucun professeur d’Oxford n’en avait jamais remplis depuis le Moyen Age. Plus notoirement, Beddoes se faisait l’apôtre de l’usage de dro­gues à effets psychiques, telles que l’oxyde nitreux, également dénommé gaz hilarant, pour explorer la conscience humaine.

À la fin du XVIIIe siècle, malgré la découverte toute récente de la majorité des gaz, plusieurs d’entre eux ont déjà quitté le labo­ratoire pour devenir des médicaments populaires. Cela correspond à un tournant dans la nouvelle chimie des gaz: plutôt que de se contenter d’analyser les propriétés des différents airs, comme l’ont fait leurs prédécesseurs, les scientifiques de la nouvelle génération cherchent à en dégager les vertus curatives. Malheureusement, comme souvent en médecine, ce nouveau domaine attire aussi des charlatans. Suivant l’escroc que l’on écoute, les gaz, selon leur espèce, peuvent guérir du typhus, des ulcères, du diabète, du croup, du catarrhe, de la pleurésie, de la diarrhée, du scorbut, des maux de gorge et même de la cécité et de la surdité. Mais de tous les gaz, c’est l’oxyde nitreux qui fait le plus sensation. Les travaux réali­sés par Beddoes à partir de ce gaz mélangeaient allègrement science et excentricité. Et bien que ses expériences sur le gaz hilarant aient été à l’origine de l’une des grandes percées de la médecine, Beddoes finira sa vie en pensant avoir tout raté.

Après avoir étudié la médecine, Beddoes exerça son art comme Socrate pratique la philosophie, en critiquant tout le monde sans égard pour le rang ou la situation. Il dénonçait avec véhémence les praticiens élitistes qui négligent les masses souffrantes, mais s’en prenait avec la même vigueur à ceux qui séduisent les foules en leur vendant des baumes et des teintures inutiles. Beddoes se réclamait d’une voie médiane. Un jour de l’an de grâce 1791, en parcourant à pied un pâturage bourbeux, il comprit soudain comment il pourrait arriver à ses fins.

Joshua Reynolds, The Ladies Waldegrave, détail.

Les demoiselles Waldegrave sont toujours célibataires, et le tableau est une commande de la famille inquiète, un appel d’offre en quelque sorte. Des robes virginales, des sœurs attelées à un même ouvrage. Mais trop de fard. Pour cacher (pour souligner) les marques de la vérole. Le vent des Temps Modernes souffle en rafales sur les campagnes anglaises

Pour la majorité des médecins de ce temps, chaque maladie avait son origine dans des poches d’air empoisonnées (la malaria signi­fie littéralement mauvais air). Cela explique pourquoi, dans les romans de l’époque, on fait affluer les malades vers les bords de mer et dans les sanatoriums alpins, lieux où ils sont censés respirer plus librement et plus facilement. Comme tout un chacun, Beddoes croyait à la réalité du bon et du mauvais air, mais il avait aussi étu­dié la chimie auprès de Joseph Blake, le découvreur du dioxyde de carbone. Un jour, donc, en faisant sa promenade de santé dans la boue, il fut frappé par une idée: pourquoi ne pas préparer divers airs spécifiques et convaincre les patients de les respirer?

Sous le coup de l’inspiration, il se mit à rassembler des comptes rendus de cas de malades qui se sont exposés d’eux-mêmes à dif­férents gaz; il pratiqua également des expériences sur lui-même. Il découvrit ainsi que le fait d’inhaler du dioxygène l’immunisait contre les refroidissements et lui faisait perdre 7 kg en quelques semaines seulement. Malheureusement, ce traitement contribua aussi à lui dessécher la peau, sans parler de spectaculaires saignements de nez. Il entreprit de recenser ces expériences et ces rapports qu’il consigna dans un énorme ouvrage, où l’on trouve plusieurs affirmations dou­teuses par exemple, le fait que certains gaz pourraient faire régresser des tumeurs, ou supprimer le besoin de dormir.

Pendant ce temps, Beddoes planifia la création d’un centre de recherche, l’Institut pneumatique, dans lequel il pourrait tester les gaz de façon systématique. Il était, à cette époque, sur le point d’être exclu d’Oxford en raison des pamphlets qu’il publiait en faveur de la Révolution française. Cet Institut pneumatique, il le voyait aussi bien comme un hôpital pour soigner des patients que comme un laboratoire pour expérimenter de nouveaux traitements: en un mot, il conçut le premier centre de recherche médicale au monde. Une telle entreprise a un prix. Aussi Beddoes rechercha-t-il des investisseurs auprès du club de Joseph Priestley, la Lunar Society de Birmingham: plusieurs de ses membres éminents mirent la main à la poche, y compris la célèbre fabrique de porcelaine Wedgwood. Jammes Watt, l’inventeur de la machine à vapeur, lui offrit même de construire les équipements nécessaires à prix coûtant.

Joseph Wright of Derby, l’enlumineur d’une grande révolution …

Générosité mise à part, Watt poursuivait un intérêt personnel en soutenant le projet de Beddoes. Parmi les maladies que Beddoes envisageait de soigner figure la consomption ou phtisie (autre­ment dit la tuberculose pulmonaire). Comme les victimes des gaz de combat, les malades atteints de consomption succombent à une lente noyade, car leur thorax s’emplit d’eau. Ils souffrent aussi de frissons et de transpirations et crachent du sang jusqu’à leur tré­pas. Watt connaissait bien tous ces symptômes, dont souffrait pré­cisément sa fille Jessie. Elle était déjà passée par une infinité de traitements -digitaline, laudanum, infusion d’écorces, ventouses, saignées, jusqu’aux exercices qui la balancent au bout d’une corde afin de la faire vomir. En ultime recours, Watt autorisa Beddoes à la traiter avec un gaz, le dioxyde de carbone. Mais elle en mourut 1a même semaine.

Craignant le courroux de Watt, Beddoes fit le dos rond. Tout auréolé de sa célébrité, Watt aurait en effet pu détruire l’Institut pneumatique avant même qu’il n’ouvre ses portes Mais Watt était un homme plein de bonté et capable de réflexion. Plutôt que de blâmer Beddoes, il doubla sa mise. A cette fin il inventa un fourneau portatif doté de divers tubes de distillations et chambres de réac­tion, qui permettait de fabriquer de nouveaux gaz à la demande. Il développa également des appareillages astucieux pour récolter les gaz, à l’aide soit de soufflets (en vue de pomper des gaz dans les pou­mons), soit de sachets de soie verte dotés d’une embouchure (pour les inhaler à loisir). L’ensemble du dispositif, accessible au prix de 14 £, ravit Beddoes qui déclara que préparer des doses de gaz serait bientôt aussi facile que d’assaisonner un rôti.

Pourvu désormais de moyens financiers et d’équipements techniques, Beddoes se concentra alors sur le choix d’un terrain idoine et d’un assistant expérimenté. Pour le terrain, il choisit Bristol, ville peu chère, dont les sources naturelles attiraient des foules de patients atteints de consomption. Comme le note un historien, Bristol est devenu le salon de la dernière chance, le terminus sinistre de ceux pour lesquels tous les autres traitements avaient échoué… Les tenanciers de pensions et d’hôtels y exercent aussi le métier de croque-morts. Beddoes comptait, à juste titre, sur le fait que plusieurs patients étaient assez désespérés pour accepter son traitement par les gaz.

Pour trouver un assistant, Beddoes s’adressa une nouvelle fois à Watt. À la fin des années 1790, le fils de Watt, Gregory -lui aussi tuberculeux- se reposait dans le sud-ouest de l’Angleterre où il logeait chez une veuve nommée Grâce Davy. Le jeune fils de celle-ci, Humphry, s’était déjà acquis une réputation locale, à la fois comme très bon chimiste et comme excentrique à l’instar de Beddoes. Il venait de fabriquer une pompe à air -objet considéré alors comme un appareil sophistiqué à partir d’une seringue à lavement échouée sur le rivage au lendemain d’un naufrage; il peignait des lutins sur les parois de la chambre de sa sœur avec du phosphore qui brille dans l’obscurité ; il écrivait des poèmes passionnés et visionnaires; il entreprenait enfin de longues courses en solitaire sur les falaises de Cornouailles, qui le ramenaient chez lui tout sanglant et contusionné.

En dépit d’un premier contact peu prometteur, Gregory Watt apprit à apprécier Humphry. Ils devinrent bons compagnons de bouteille (avec une prédilection pour le brandy). Gregory encouragea Humphry à écrire à Beddoes. Tout excité à l’idée de prendre contact avec un vrai scientifique, celui-ci adressa au savant deux cents pages de réflexions décousues sur la chaleur, la lumière, l’électricité et les gaz. La plupart de ses idées n’avaient rien à voir avec la médecine, mais révélaient un esprit scientifique acéré. Quelques mois plus tard, Beddoes engagea Humphry Davy pour mener des expériences à l’Institut pneumatique -sans même avoir rencontré sa jeune recrue qui n’avait alors que dix-neuf ans. Lui qui ne s’était jamais aventuré à plus d’une journée de distance de chez lui, franchit en octobre 1789 les trois cent vingt kilomètres qui le séparaient de Bristol; par mesure d’économie, il avait acheté le billet le moins cher, ce qui le contraignit de s’installer sur le toit de la diligence. Sa première impression en voyant Beddoes fut celle d’un homme court et gras.

La clinique ouvrit ses portes en mars 1799 et, dès avril, Humphry Davy avait déjà plusieurs fois frôlé la mort. La majeure partie de ses travaux consistait à préparer des gaz et à mesurer leurs propriétés chimiques; il devait ensuite exposer à ces gaz chiens, chats, lapins et papillons, et contrôler les variations de leur respiration et leur pouls. Mais avant toute chose, Davy voulut essayer ces gaz sur lui-même. Pour sa première expérience grandeur nature, il prépara plu­sieurs litres de monoxyde de carbone. Dès le troisième essai, son pouls s’accéléra et son thorax se bloqua. Il parvint avec peine à tituber vers le jardin, où un assistant paniqué réussit à le ranimer avec de l’oxygène. Il passa la fin de la journée cloué au lit, à souffrir de vomissements et d’épouvantables maux de tête.

La belle affaire! Une semaine plus tard, Davy reprenait ses essais, en se concentrant cette fois-ci sur un autre gaz supposé dangereux, l’oxyde nitreux. Il le prépara en chauffant des cristaux de nitrate d’ammonium dans un récipient fermé -très pro­gressivement, pour éviter tout risque d’explosion. Puis il en récolta les émanations dans un soufflet. La première chose qu’il remarqua fut la saveur douce de ce gaz. Quelques inhalations supplémen­taires et il eut la tête qui tourne, alors que son audition devenait plus fine. Il nota ensuite une sensation tactile bizarre, comme une faible pression sur tous ses muscles. Le point culminant lut atteint lorsqu’il se leva d’un bond pour parcourir la pièce en criant de joie. Beddoes, observant tout cela, écrivit que c’était comme si Davy avait eu un orgasme des plus intenses. Cette nuit-là, l’esprit agité par la bousculade de ses pensées, Davy ne parvint pas à dormir.

Reynolds, A Jamaïcan Slave, De la canne à sucre à la machine à vapeur

Au bout de quelques semaines d’expériences, Davy et Beddoes avaient prouvé que le gaz en question n’était pas un poison. Ils se sentirent donc assez sûrs d’eux pour l’essayer sur deux patients. L’un avait un bras à demi paralysé à la suite d’une cuite mémorable, quelques années auparavant. Quelques bouffées de gaz le réta­blirent et débloquèrent sa main, qui retrouva sa capacité de préhension. L’état du second patient était encore pire -on voit rarement créature humaine aussi mal en point nota Beddoes. Mais lui aussi répondit positivement nu traitement par le gaz hilarant, ressuscita comme un nouveau Lazare et jeta au loin ses béquilles.

Les nouvelles concernant ce gaz remarquable se répandirent à travers la ville; rapidement le artistes bohèmes de Bristol demandèrent à Beddoes et à Davy s’ils ne pourraient pas l’essayer. Beddoes accepta d’emblée -fasciné par les propriétés psychonautes de ce nouveau gaz-et encouragea plusieurs poètes avec lesquels Davy était lié à venir en prendre une bolée. Les poètes, qui passèrent ce soir-là un bon moment, revinrent pour une autre soi­rée analogue. Puis une autre! L’Institut pneumatique s’accommoda ainsi rapidement d’une double vie: de jour, c’était une clinique res­pectable où Beddoes traitait des patients tandis que Davy poursui­vait ses expériences; de nuit, il ressemblait plutôt à une fumerie d’opium, où des écrivains et leurs groupies se prélassaient en sniffant du gaz dans des sachets de soie verte.

Davy ne put cependant pas résister à glisser un peu de science à la fin de ces séances: il testa les réponses sensorielles des convives qu’il invitait à suivre la flamme de bougies ou à écouter des tintements de clochettes. Il essaya aussi le pouvoir suggestif de sachets placebo pleins d’air normal, pour voir si ceux qui les respiraient éprouvaient toujours des sensations extrêmes (pas vraiment!). Mais, par-dessus tout, il prit note des réactions individuelles, voire personnelles, des divers sujets au gaz hilarant. Certains devenaient agressifs ou décla­maient des phrases incompréhensibles. Une femme sortit en trombe dans la rue pour aller jouer à saute-mouton avec un gros chien, ce dont elle éprouva une grande honte rétrospective. Le plus souvent, les gens s’effondraient sur le sol en se tordant de rire.

Les œuvres de Sir Joshua annotées par Blake

Plus tard, Davy les encouragea aussi à décrire leurs sensations. Un écrivain du lieu, qui n’était autre que Samuel Taylor Coleridge, compara l’expérience au fait de pénétrer dans une pièce bien chauffée alors que l’on vient de subir une tempête de neige. Le poète Robert Southey s’épancha ainsi dans une lettre à un ami: Quel gaz a découvert ce Davy! Il te rend si fort, si heureux, si glorieusement heureux! Ô excellent sachet de gaz! Je suis sûr que l’air du paradis sera [fait] de ce gaz aussi miraculeux que délicieux! (De toute évidence, l’abus des points d’exclamation est l’un des symptômes de surdose). L’un des plus éloquents fut celui qui, émergeant de son nirvana, en dira sim­plement: Je me sentais comme le son d’une harpe. Plutôt que d’écarter ces sensations comme n’étant pas scientifiques, Davy les analysa comme autant d’indices révélateur, du psychisme humain. Le gaz hilarant semblait ouvrir de nouvelles perspectives dans l’es­prit des gens, et il fallait des poètes et leur maîtrise du verbe pour en saisir toutes les subtilités.

Passionné par son travail, Davy se mit à faire des journées de quatorze heures. Il ne se souciait que rarement de prendre des repus complets. Lorsque sa chemise devenait trop dégoûtante pour lui permettre d’apparaître en honnête compagnie, il passait un re­vêtement par-dessus et reprenait sa tâche. (Même chose pour les chaussettes). En guise de détente, au terme d’une longue journée, il s’offrait un moment de félicité en inhalant une demi-douzaine de sachets de gaz.

Samuel Taylor Coleridge

En fait, il devint toxicodépendant au gaz hilarant, à force d’en sniffer quotidiennement pendant plusieurs mois. Il passa certains soirs à vagabonder dans la campagne jusqu’à perdre connaissance sous la pleine lune. Il en passa d’autres chez lui à mélanger des drogues. Il tenta une fois de vider une bouteille de vin aussi vite que possible, puis de prendre quelques bouffées de gaz. Cela lui fit rendre tripes et boyaux.

Une autre nuit, il expérimenta un nouvel appareillage de James Watt pour s’immerger totalement dans le gaz. L’objet consistait en une grande boîte renfermant une chaise à porteur. Davy y entra à demi-nu, un thermomètre fiché sous l’aisselle et un éventail de plumes à la main pour agiter l’air à l’intérieur. Durant soixante-quinze minutes, un assistant introduisit alors trois cents litres de gaz hilarant dans la pièce. Davy en sortit titubant, tout rouge et avec une température de 41 °C, mais insista pour prendre encore une dose dans un sachet de soie. Cela lui fit connaître un paroxysme de bonheur qui porta l’ivresse vers une dimension nouvelle. Il se pro­clama un être sublime, nouvellement recréé et supérieur à tous les mortels. Quelques instants après, il balbutia: Rien n’existe que la pensée! Le monde est fait d’impressions, d’idées, de plaisirs et de douleur! On aurait dit un Berkeley devenu fou. Mais Davy consi­déra ces témoignages comme aussi précieux que ses observations sur le rythme cardiaque ou la dilatation des pupilles.

Ce per­sonnage rondelet et court sur pattes devint un sujet populaire de caricature, au point que le programme de recherche de Beddoes devint bientôt la risée de l’Europe entière. Ce n’est pourtant ni la politique ni la satire qui eurent finalement raison de l’Institut pneumatique, mais la science. En effet, de tous les patients soumis aux effets extatiques du gaz hilarant, bien peu recouvrirent la santé.

Une comparaison avec Jenner s’im­pose. À première vue, l’idée de Jenner d’infecter des gens avec du pus provenant de la vaccine semblait plus qu’incertaine et même dangereuse; les journaux de boulevard vilipendaient Jenner encore plus sauvagement qu’ils n’attaquèrent Beddoes. Si l’on en croit une anecdote, un garçon du pays aurait été métamorphosé en vache, avec cornes et tutti quanti, après avoir été vacciné. Si ignorants que soient les actuels opposants aux vaccins, leur ignorance n’a rien de commun avec les sottises d’antan. Cependant, le comportement ridicule de cette société de prétentieux ne pouvait rien changer au fait avéré que la vaccination est efficace et que les candidats au vac­cin se comptèrent bientôt par milliers. L’oxyde nitreux, en revanche, n’a jamais guéri personne. Même ceux qui se sentaient délivrés pour un temps de leurs symptômes finissaient par manifester une tolérance au gaz hilarant qui les renvoyait à leurs douleurs. Beddoes et Davy observèrent aussi un nombre croissant de réactions perni­cieuses: céphalées, léthargies, malaises divers. Une femme présenta ainsi une succession de crises d’hystérie durant plusieurs semaines.

Reynolds, Omai, détail

Malgré ces revers, Beddoes continua de promouvoir ses cures de gaz, inébranlable dans sa certitude que ces gaz allaient purement et simplement transformer la médecine. Les critiques ne cessaient de le harceler et, lorsque les dons se tarirent en 1802, l’Institut pneumatique fit faillite. Il avait duré tout juste trois ans, et Beddoes -naguère si insouciant- mourut dans l’amertume, la veille du jour de Noël 1808.

De fait, lui-même, aussi bien que son institut, et que la Révolution Industrielle, et que l’Empire britannique, auraient été oubliés, n’était un petit détail.