Sub ascia dedicavit, un retour à la Terre

On est fort embarrassé d’expliquer cette sorte d’inscription qu’on trouve quelquefois sur les tombeaux (L’Encyclopédie, 1765).

En Occident, au 1er siècle, l’incinération des morts, où brûle la matière pourrie et où s’envole l’âme vers le Soleil, disparaît peu à peu, remplacée par la réactivation du rite de l’enfouissement du corps dans la terre.

Dans l’Arche originelle Terre.

P10405203Les belles recherches érudites sur les possibles généalogies du Signe de la Houe, symbole car instrument de l’inhumation, mesurent-elles assez que c’est du plus profond du temps que revient la pratique de l’enfouissement -ne plus manger les morts, ni les brûler. Pas un rite, mais l’ombilic des rites, ce qui convient à la religion de la sortie des religions. Retour à la Terre Mère, à la fin du temps des esclaves. Post-paganisme néo-chamanique. L’avenir du monde.

Ascia: l’herminette, qui fouit le sol pour l’ensemencer, la doloire qui avec le bois des forêts donne forme à la barque des morts, la hachette qui taille des coins, des chevilles. Le symbole de l’outil à faire des outils. Ce qui émonde, écorce. Une ancre, et aussi une voile, puisque la voile permet de tracer des sillons sur la mer comme la charrue sur la terre. De quoi maçonner, de quoi graver, écrire.

Les figures du mythe se déforment, se transforment les unes dans les autres, aussi variées que les nuances de la nacre de l’halieutide -Lévi-Strauss, l’Homme Nu. Plus qu’un mythe, une figure, la Mère des Figures, la hache.

La hache qui a taillé les planches de l’Arche (dans du bois de cyprès, de chêne et de sycomore). Les bonnes haches sont faites en pierre de foudre, la foudre préservée sous la terre, elles relient la Terre, le Cosmos et les hommes.


Le musée gallo-romain de Lyon consacre un espace à l’Ascia.

Voyez aussi ce qui n’a jamais été réfuté dans Carcopino, Le mystère d’un symbole chrétien.